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Bulgarie


Bulgarie à l'exposition de Paris 1900

Le palais de la Bulgarie, de style byzantin, était placé en arrière de celui de la Roumanie. Les façades décorées de torsades peintes en blanc, vert et rouge, couleurs du drapeau bulgare, étaient percées de larges fenêtres qui prodiguaient la lumière à l’intérieur du palais que dominaient d ‘élégants clochetons, au sommet desquels flottaient des oriflammes aux couleurs nationales.

En franchissant la porte d’honneur ouverte sur la Rue de Nations, le visiteur pénétrait dans un hall à la toiture en forme de coupole. A sa droite s’étendait, dans le sens de la largeur, une galerie de 40 mètres environ ; à sa gauche une rotonde ; en face, enfin se dressait un double escalier qui permettait d’accéder au balcon construit à mi-hauteur, tout autour du hall et de la galerie. Il était de plain-pied avec le salon d’honneur aménagé dans la rotonde. Un travail admirable de charpente constituait l’ensemble de la décoration architecturales de l’intérieur.

Les organisateurs avaient, avant tout, recherché la mise en valeur des différents produits industriels et agricoles de la Bulgarie. C’est ainsi que des tapis de toutes nuances décoraient les murs, formaient des tentures sur les portes ou couraient le long du balcon. Des gerbes de blé avaient été adroitement piquées au milieu des draperies ou disposées dans les encoignures.

Au centre d’un salon de repos, organisé entre les deux escaliers, une fontaine versait à l’essence des roses de Kasanlik.

La galerie du premier étage a été réservée à l’exposition artistique. On y voyait des moulages de statuettes en bronze trouvées dans les fouilles récentes, et aussi des pièces de monnaie datant de l’antiquité. Dans le salon d’honneur, on a placé, sous un dais, un très beau portrait du prince Ferdinand. De chaque côté, quatre toiles, copies de fresques du neuvième siècle, portraits des anciens tsars de la Bulgarie. En face du prince, un tableau d’une assez grande valeur, représentant le chef de la nation, en grand uniforme de général, en train de passer, à la tête de son état-major, la revue de ses troupes. A signaler également un triptyque byzantin en or orné d’émaux translucides, de rubis et de saphirs, représentant les portraits de saint Boris et de saint Cyrille, qui sont les saints patronymiques de la Bulgarie et des deux enfants du prince.

Le pavillon renfermait également l’exposition des travaux des écoles. Des tableaux graphiques montraient les progrès réalisés depuis soixante-cinq ans. Ils indiquaient notamment qu’en 1852 il n’y avait que 300 écoles en Bulgarie, tandis qu’il y en a 3000 aujourd’hui.

Louis Rousselet - L'Exposition Universelle de 1900 - Librairie Hachette & Cie – 1901