Exposition Universelle et Internationale de Paris 1900

Le bilan d'un siècle

15 Avril 1900 -12 Novembre 1900


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Chambres de Commerce Maritimes

Chambres de Commerce Maritimes
 à l'exposition de Paris 1900

Architecte(s) : Lucien Roy

Le pavillon destiné à recevoir les plans, perspectives, modèles en relief des principaux ports de commerce, ainsi que les documents statistiques relatifs au trafic de ces ports, a été construit aux frais des chambres de commerce intéressées : Bayonne, Bordeaux, Boulogne, Caen, Calais, Cette, Cherbourg, Dieppe, Dunkerque, Fécamp, Granville, Honfleur, La Rochelie, Le Havre, Marseille, Nantes et Rouen.

Deux arrêtés du Ministre du commerce, de l'industrie, des postes et des télégraphes, en date des 3 août et 31 octobre 1899, avaient fixé à 53,000 francs le concours de ces établissements.

Elevé sur le quai Debilly, en face de la rue de Magdebourg, par M. l'architecte Lucien Roy, le pavillon comprenait une salle unique d'exposition, précédée d'un vestibule qui donnait également accès à une petite salle de réunion pour les membres du comité des chambres de commerce. La salle d'exposition mesurait intérieurement 52,60 mètres de longueur sur 12,10 de largeur. Dans l'ensemble, la construction couvrait 680 mètres carrés.

Une surface murale aussi étendue que possible était nécessaire à l'exposition des tableaux peints, des dessins, des graphiques, des tableaux statistiques. Aussi l'architecte prit-il le parti d'éclairer exclusivement la grande salle par le comble.

L'édifice était entièrement en charpente de bois recouverte de staff.
Son ossature avait pour élément essentiel une série de fermes d'un type courant, espacées normalement de 6m80 environ, reposant sur des massifs de maçonnerie et arrivant, du côté de la Seine, à l'aplomb du mur de quai. Le plancher était surélevé de 1m5o au-dessus du sol.
Entre les poteaux de deux fermes consécutives et à mi-distance s'intercalait un poteau auxiliaire de 0m20 X 0m20, relié aux précédents par des croix de Saint-André et des traverses horizontales; les poteaux des fermes et les poteaux intermédiaires se trouvaient réunis dans le sens transversal au moyen de moises sous plancher. Des planches ou tournisses présentées de champ constituaient le remplissage auquel devait s'adapter le staff. Les solives consistaient en bastaings de 0m65 X 0m17 posés transversalement sur trois chevalements longitudinaux.

La couverture était en tuiles de zinc sur voligeage non jointif au-dessus des salles et sur voligeage jointif pour les auvents du toit.

Eu égard à la modicité du crédit et à la disposition même de la salie, l'ornementation extérieure a été forcément restreinte.
Pour les façades regardant la Seine et le palais du Trocadéro, M. Roy avait laissé apparents des contreforts en charpente, étrésillonnant le pavillon dans le sens transversal , au droit des fermes. Ces contreforts se prolongeaient au delà des sablières par des mats porte-oriflamme, que reliait une décoration de cadres moulurés en bois, avec les noms des ports. L'auvent du toit reposait sur des consoles, au-dessous desquelles se développait une frise de cadres en staff également consacrés aux noms des ports maritimes. Vers la Seine, un balcon d'un mètre de saillie et de 13m50 de longueur se détachait au milieu de la façade et s'accusait en contre-haut du faîtage par des motifs de crête; la façade opposée comportait un balcon analogue, sur lequel avait été installé le poste d'incendie.

La façade d'entrée (pignon d'amont) était complètement décorée en staff. Un vaste perron conduisait à une très grande baie, divisée en trois parties par une décoration en charpente. Sur la salle d'angle contiguë au vestibule et réservée aux séances du comité, se dressaient une tourelle et un sémaphore. Le pignon d'aval, extrêmement simple, comportait une entrée secondaire.
A l'intérieur de la grande salle, un vélum décoré, tendu sur toute la surface en plafond, tamisait la lumière reçue du lanterneau et cachait la charpente du comble. Sous ce vélum, au sommet des murs, courait une frise peinte, composée par M. Onillon.

Deux tons avaient été adoptés pour la coloration des façades : violet très clair sur les staffs; bleu sur les bois apparents. Intérieurement, les murs étaient peints à la colle en rouge brun.

©Rapport général administratif et technique 1900