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Chine


Chine à l'exposition de Paris 1900

Les pavillons chinois sont au nombre de quatre, non compris un petit bazar, dont les échoppes, copiées sur celles de Canton, sont accolées à l'une des ailes du Trocadéro. Ils entourent une pièce d'eau où tombe, avec un doux murmure, une cascade. L'endroit est charmant. Les arbres, très élevés en cette partie du jardin, encadrent de leur verdure les murs peints de vives couleurs, les clochetons et les toit? recourbés. Le pavillon principal est une reproduction très fidèle d'une porte de Pékin, que surmonte un petit kiosque impérial, dit le palais des Tambours. Tout auprès, on voit la copie d'un autre kiosque impérial situé dans l'enceinte de la ville interdite. Quant à la porte majestueuse qui, par trois arcades, donne accès dans la section chinoise, elle est une imitation scrupuleusement exacte de la célèbre porte de Confucius et son édification a demandé plus d'un an de travail.

Dans l'enceinte de verdure qui dérobe à la vue les constructions contiguës de l'Exposition, ces élégants palais, avec leurs terrasses, leurs larges escaliers, leur décoration polychrome où le rouge domine,donnent l'illusion d'une ville de rêve ; illusion complétée d'ailleurs par la promenade silencieuse des robes jaunes et bleues et des nattes longues d'authentiques Chinois.

M. Masson-Detourbet a été l'architecte de la section et au dire de tous ceux qui ont visité le Céleste Empire, son œuvre réunit l'art et l'exactitude. Le mérite en est grand.

Les palais contiennent des collections d'art rétrospectif et moderne, de magnifiques soieries, des potiches, des bouddhas, des bibelots précieux et bizarres, enfin des produits industriels. On peut regretter que ces merveilles n'aient pas été rangées dans un ordre méthodique permettant de suivre le développement de l'art chinois.

De ces collections,dont la vue devrait être un clair enseignement, la plupart des visiteurs emportent une impression splendide, mais confuse.