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Agriculture


Agriculture à l'exposition de Paris 1889

Quand vous quittez le Champ de Mars, en passant devant le panorama de la Compagnie transatlantique, vous abordez, en pénétrant, sur le quai d'Orsay, les galeries réservées à l'Agricuture. Ces galeries s'étendent, sur une double rangée, jusqu'à l'Esplanade des Invalides. D'allures plus modestes que les grandes industries et surtout que les industries de luxe, l'agriculture a voulu néanmoins se parer pour faire bonne figure au milieu des splendeurs qui l'entourent. Elle a réussi à prouver que, même dans les choses qui paraisssent devoir y prêter le moins, le goût français ne perd jamais ses droits.

La parure est sobre, mais elle encadre bien la somme énorme de travail et d'efforts que ces galeries renferment. Sans doute, le simple badaud n'a rien à faire ici ; mais quiconque se soucie, tant soit peu des affaires de son pays, quand il aura jeté un premier coup d'oeil sur l'immense variété d'objets exposés, sera saisi par l'intérêt qu'il y trouvera.

Voici d'abord l'exposition du Ministère de l'Agriculture. Le rôle de ce ministère est complexe : il contribue, par les concours qu'il organise et par les subventions qu'il distribue, à susciter et à propager le progrès, et, surtout, il dirige renseignement agricole. L'utilité de ce ministère, niée par quelques esprits chagrins, est manifeste ; elle ressort de ce fait que l'institution est imitée partout, même dans les pays qui, comme l'Angleterre, ont passé pendant longtemps pour nous devancer dans la voie du progrès agricole. A côté des bronzes et des objets d'art qu'il distribue dans les concours régionaux, le Ministère de l'Agriculture expose des publications qui lui font le plus grand honneur; au premier rang, se place la Statistique agricole de 1882, œuvre magistrale de M. Eug. Tisserand, et qui, de l'avis unanime des hommes les plus compétents de tous les pays, est la meilleure qui ait été jamais faite, par quelque nation que ce soit.

Le Ministère de l'Agriculture présente une autre exposition spéciale : elle est installée dans le Pavillon des forêts, sur le Trocadéro. Nous en avons parlé précédemment.

Les établissements d'enseignement agricole montrent de grands progrès depuis dix ans ; ces progrès ont été réalisés sous l'impulsion de M. Tisserand qui s'efforce de doter toutes les régions du pays d'écoles d'agriculture appropriées à leurs besoins spéciaux.

L'Institut national agronomique se place au premier rang. Les travaux de ses professeurs, comme ceux des professeurs des Écoles nationales d'agriculture de Grignon, de Grand-jouan, de Montpellier, montrent la marche de la science agronomique française qui compte, chaque année, des succès nombreux. Consultez les tableaux, les photographies qui couvrent les murs, parcourez les notices qui les accompagnent; à chaque pas, vous trouvez des découvertes dont les conséquences pratiques sont le plus souvent immédiates, et prennent parfois des proportions rapidement gigantesque pour le développement de la fortune publique. Feuilletez les annuaires de ces écoles, et vous y trouverez les noms de cultivateurs qui font l'honneur du pays.

Les Écoles nationales vétérinaires d'Alfort, de Lyon, Toulouse, remplissent un autre rôle; elles forment les vétérinaires civils et militaires. Les uns sont, dans les campagne chargés de la mission de sauvegarder les troupeaux contre les maladies qui tendent à les décimer ; les autres rendent dans l'armée, des services du même genre. Les progrès la science vétérinaire ont été rapides depuis quelques années; elle a largement profité des nouvelles voies ouvertes par le travaux de M. Pasteur.
Le rôle des Ecoles pratiques d'agriculture est plus modeste. Ce sont des créations récentes. La première remonte à 1876; aujourd'hui on en compte environ vingt-cinq, dans autant de départements. Elles sont d'importance variable, mais toutes forment des cultivateurs instruits et aimant leur future profession. Quelques-unes ont des buts spéciaux qui s'ajoutent à l'enseignement fondamental des choses agricoles. ici, la laiterie ; ailleurs, les irrigations, la viticulture, ou l'arboriculture. Les modèles de matériel d'enseignement, les travaux de leurs professeurs et de leurs élèves, les produits de leurs cultures, donnent la preuve de leur grande vitalité. Voici maintenant les Stations agronomiques. On n'en compte pas moins d'une cinquantaine. Ces établissements; travaillent pour l'agriculture sous trois formes principales: par des recherches de physiologie générale, par des essais culturaux sur les diverses variétés de plantes et sur l'emploi des engrais ; et enfin par des analyses chimiques sur là composition des engrais, des terres arables, etc. Toutes ne figurent pas dans les galeries de l'Exposition, mais celles que vous y rencontrerez présentent, les unes ou les autres, de nombreux sujets d'études.
Les Chaires départementales d'agriculture appartiennent aussi à ce qu'on pourrait appeler l'exposition scientifique de l'Agriculture. C'est l'enseignement porté de canton en canton par des professeurs nomades ; c'est, en outre, l'enseignement vivant par les champs de démonstration destinés à frapper l'esprit des petits cultivateurs et à leur montrer quelles faibles avances suffisent souvent pour accroître les rendements dans de grandes proportions. Le cultivateur, qui a passé à côté des champs de cette sorte, s'y instruit par la vue beaucoup plus, vite que par les plus savantes démonstrations.

Voici, d'autre part, les publications relatives à l'enseignement agricole, les méthodes et procédés d'enseignement imaginés pour les écoles primaires rurales, les résultats des recherches poursuivies par des cultivateurs ou par des agronomes qui travaillent avec leurs propres forces.

Les cultivateurs isolés, surtout les petits cultivateurs, qui sont les plus intéressants, reculent souvent devant les frais qu'entraîne la participation à une exposition comme celle de Paris. Heureusement, les associations agricoles de toute nature, sociétés d'agriculture, comices, syndicats, s'entendent parfaitement à grouper leurs efforts.

Les collectivités qui figurent dans les galeries du quai d'Orsay sont très nombreuses, et elles ont admirablement réussi à montrer les résultats des efforts persévérants par lesquels l'agriculture lutte contre la mauvaise fortune.

Ce caractère est tout à fait spécial à l'Exposition de 1889.

Les expositions collectives des associations agricoles montrent, par les gerbes de céréales qu'elles offrent aux yeux, par les types de plantes de toute nature : textiles, fourragères, etc., dont elles ont garni les gradins, des exemples variés des résultats soit généralement acquis, soit obtenus par les cultivateurs les plus habiles et les plus instruits, dans les diverses régions entre lesquelles la France agricole se partage. Une rivalité heureuse s'est établie entre ces associations; un agencement élégant des galeries en est la conséquence.

Parmi les principales expositions des associations agricoles figurent celle de la Société des agriculteurs du Nord, qui compte dans ses rangs plusieurs des agriculteurs les plus réputés de France ; de la Société du Pas-de-Calais, qui rivalise avec le Nord dans toutes les cultures industrielles; de la Société d'agriculture de Meurthe-et-Moselle, où figurent surtout les produits spéciaux de l'agriculture lorraine ; de la Société horticole, vigneronne et forestière de Troyes, où l'on voit un magnifique spécimen des reboisements de Champagne ; du Comice départemental de l'Aube ; du Comice de l'arrondissement de Reims, où figurent les riches produits actuels de la Champagne pouilleuse transformée; de la Société d'agriculture de Meaux, de celle de Melun, du Comice de Coulommiers et Provins, qui se partagent la direction des affaires agricoles dans le grand département de Seine-et-Marne; du Syndicat agricole de Seine-et-Oise, où la culture maraîchère fait la plus heureuse alliance avec la culture ordinaire; du Comice de l'arrondissement de Chartres et du Syndicat d'Eure-et-Loir, qui représentent la célèbre agriculture beauceronne; du Comité du département du Cher et du Comité départemental de l'Indre, deux départements voisins, mais qui ont un aspect assez différent; des Comités de la Mayenne et d'Ille-et-Vilaine, représentant" l'agriculture de l'Ouest, qui a défriché de si grandes étendues de landes; du Syndicat des cidres de l'Ouest et du Syndicat de la Guerche-de-Bretagne qui s'occupent surtout de la culture du pommier et de la production du cidre, comme de l'expansion du commerce de cette excellente boisson; de lai Société d'agriculture des Deux-Sèvres, département dans lequel la production du bétail est une des principales richesses; du Comité agricole de la Haute-Saône, pays d'élevage et de culture des céréales; de la Société d'agriculture du Doubs, qui se préoccupe surtout des progrès à réaliser dans la fabrication du fromage de Gruyère par les associations pastorales dites fruitières ; de la Société agricole de la Haute-Loire, autre pays célèbre d'élevage; du comité du Lot, de celui de Lot-et-Garonne, du Comice de Bazas, qui réunissent ici les produits variés de la région du Sud-Ouest.

Chacune des associations représente des centaines d'exposants, dont les efforts peuvent se juger et seraient passés inaperçus sans la force donnée par la collectivité. Deux grands progrès ressortent surtout de l'ensemble de ces expositions : un accroissement sensible dans le rendement des céréales, et une révolution complète dans la culture de la betterave à sucre.

Cette révolution s'est opérée dans le cours des dernières années sous l'aiguillon de la nécessité. La sucrerie française a dû transformer ses anciennes méthodes pour lutter contre la concurrence redoutable des sucres allemands; elle a dû demander aux cultivateurs une matière première plus appropriée à ses besoins. Les cultivateurs ont résolu le problème avec une rapidité réellement surprenante; ils ont augmenté plus que de moitié la richesse en sucre des betteraves qu'ils récoltent. D'autre part, les graines de betteraves riches qu'on était habitué naguère à demander surtout en Allemagne, sont produites aujourd'hui en France dans d'aussi bonnes conditions sous le rapport de la richesse et dans des conditions bien supérieures, si l'on tient compte des nécessités de sol et de culture. Voilà ce que doit retenir celui qui veut se faire une idée juste des transformations que montrent les produits exposés dans les galeries du quai d'Orsay.

Voici, d'autre part, des fermes qui font l'honneur des régions où elles sont situées.

Des expositions de grainiers, de vétérinaires, d'instruments et de produits vétérinaires, de maréchalerie, sont aussi à leur place comme auxiliaires de l'agriculture.
Voici une branche de la production agricole dont l'outillage et les procédés se sont absolument transformés : c'est la laiterie et la production du beurre. L'exemple nous est venu des pays Scandinaves, et il a été fécond. On fait aujourd'hui le beurre avec des machines qui suppriment absolument toute manipulation. L'écrémage instantané, le barattage, le malaxage, demandent moins d'une heure, et vous pouvez obtenir un excellent beurre dans la matinée où les vaches ont été traites. Deux laiteries aménagées avec ces appareils sont établies dans des chalets élégants sur l'esplanade des Invalides : une laiterie anglaise et une laiterie danoise installée par Pilter; ce ne sont pas les moindres attractions de ce vaste ensemble d'édifices si variés. Quant à la vaisselle de la laiterie, elle a été aussi notablement améliorée depuis quelques années.

La basse-cour est, comme la laiterie, du domaine de la fermière. Ici aussi le progrès est manifeste, au point qu'un mot nouveau, celui d'aviculture, a été créé et est entré dans la pratique courante. L'aviculture se retrouve encore de l'autre côté du pont d'Iéna, au bas du Trocadéro.


OUTILLAGE AGRICOLE.

Les galeries de l'agriculture que nous avons parcourues rapidement sont celles qui longent le parapet du quai; Une autre rangée de galeries court parallèlement ; elle est consacrée à l'outillage et à la machinerie agricole. La plupart des constructeurs français s'y sont donné rendez-vous. Ici encore d'immenses progrès ont été réalisés: aux anciens appareils lourds et incommodes ont succédé des appareils et instruments légers, d'une solidité à toute épreuve, qui font le plus grand honneur au génie de nos constructeurs.

La qualité générale de la construction des machines agricoles françaises est au moins égale à celle des machines d'origine étrangère. En ce qui concerne les machines AI vapeur et les batteuses, la preuve en a été faite ; aux concours internationaux les plus récents, les constructeurs français l'ont emporté sur leurs rivaux. S'agit-il des instruments aratoires ou des instruments d'intérieur de ferme, les ateliers français donnent au moins d'aussi bons produits que les autres ; pour les charrues spécialement, on ne trouve nulle part d'aussi bons instruments qu'en France. L'acier est devenu d'un emploi presque général dans la fabrication; quelques constructeurs emploient même exclusivement cette matière pour toutes les parties de leurs instruments.

Deux galeries sont consacrées aux machines agricoles. Dans la première, elles sont en mouvement ; un grand arbre de couche, qui parcourt toute la galerie, leur transmet la force donnée par un moteur électrique. Mais c'est surtout dans les concours spéciaux qui se succéderont pendant l'Exposition qu'on pourra le mieux apprécier les machines ,agricoles; ces concours auront lieu sur la ferme de M. Menier, à Noisiel (Seine-et-Marne).

C'est surtout par l'outillage que l'agriculture étrangère est représentée à l'Exposition, notamment dans les sections anglaise et américaine.

VITICULTURE.

La viticulture est une des principales branches de la production agricole française. Depuis vingt ans, elle est aux prises avec un ennemi terrible, le phylloxera, qui lui a causé des pertes cruelles ; dans quelques départements, la superficie des vignobles a été réduite au quart ou au cinquième de son ancienne étendue. Le fléau s'est étendu à presque tout le territoire viticole.

Mais le vigneron français, d'abord déconcerté, n'a pas consenti à se laisser abattre par le désastre. C'est surtout ce travail de reconstitution que montrent les galeries consacrées à la viticulture : c'est une des gloires de l'agriculture d'aujourd'hui, car toutes les nations viticoles, éprouvées au même titre, viennent chercher des exemples et des modèles chez nous.

Si la reconstitution n'est pas achevée, elle s'étend actuellement sur un cinquième des vignes détruites, et surtout elle est établie sur des bases solides qui en garantissent absolument l'avenir. La culture des cépages américains, greffés avec nos vieux cépages français de qualité bien supérieure, est désormais l'antidote de la production des vins français contre les attaques du phylloxéra.

Ici, comme dans la classe voisine, l'influence des collectivités est manifeste ; elle permet de réunir et de faire ressortir un grand nombre d'efforts qui, sans elles, resteraient ignorés et sans profit pour les vignerons.

La Société centrale d'agriculture de l'Hérault apporte un témoignage frappant de reconstitution des vignes de ce département ; c'est une carte statistique qui frappe l'œil par son ingénieuse combinaison de teintes. A côté figurent les produits des vignes nouvelles.

La viticulture méridionale est encore représentée par les expositions collectives de la Société d'agriculture du Gard, de la Société centrale d'agriculture de l'Aude, de la Société agricole des Pyrénées-Orientales, etc.

Dans la Gironde, par les expositions collectives de la Société d'agriculture de la Gironde, du Comice agricole de Libourne, du Comice de Cadillac.
Dans le Beaujolais et le Maçonnais, par les expositions de la Société régionale de viticulture de Lyon, de la Société d'agriculture de Chalon-sur-Saône.

Pour préparer de bon vin dans des conditions favorables, il faut que les chais soient convenablement aménagés et outillés ; le matériel viticole présente donc une grande importance. L'exposition donne, sous ce rapport, complète satisfaction.

Voici, d'abord, un chai modèle, comme on en voit désormais assez communément dans le midi de la France; il renferme des foudres de plusieurs centaines d'hectolitres, un moteur mécanique, des pompes à vin pouvant débiter jusqu'à 25,000 litres à l'heure, des filtres, un « Pastaurisateur » pour le chauffage automatique des vins, une tuyauterie complexe et ingénieuse, qui relie les appareils entre eux, et enfin tout le matériel accessoire de brocs, de siphons, etc. Dans les grandes exploitations viticoles du Midi, où la vendange donne chaque année une quantité qui se chiffre par dizaine de mille d'hectolitres de vin, la vapeur joue désormais un rôle important pour faciliter le traitement rapide de ces énormes quantités de liquide.

Le chai modèle est encadré par les expositions spéciales des constructeurs d'instruments de viticulture. Dans aucun autre pays, l'outillage viticole et vinicole n'a acquis une aussi grande perfection qu'en France. Ce matériel permet de cultiver la vigne dans les conditions les plus économiques, de préparer et de conserver le vin de telle sorte qu'il développe toutes ses qualités et qu'il se bonifie comme doit le faire tout vin digne de ce nom.


INSECTES UTILES ET INSECTES NUISIBLES.

Une classe spéciale est consacrée aux insectes utiles et aux insectes nuisibles. Pour ces derniers, il est difficile d'indiquer, dans une exposition, les procédés à adopter pour les détruire. Quant aux insectes utiles, on n'en connaît guère que deux espèces : l'abeille et le ver à soie.

L'apiculture ou culture des abeilles est peu en honneur en France; c'est dommage, car elle peut être la source de beaux profits sans grande peine. L'apiculture mobiliste, c'est-à dire avec des ruches à cadres mobiles, est aujourd'hui le dernier mot du progrès; il s'en trouve, à l'Exposition, plusieurs modèles excellents.

Pour l'élevage des vers à soie, il en va différemment. Ces malheureux insectes ont été décimés pendant longtemps par de terribles maladies contagieuses ; on doit à M. Pasteur la découverte des moyens de prévenir ces maladies. Ce fut même, soit dit en passant, son premier titre à la reconnaissance des agriculteurs; depuis, il en a ajouté bien d'autres. Par l'application des méthodes qu'il a indiquées, le rendement des éducations de vers à soie a plus que doublé. La France n'a plus eu à importer de graines étrangères, et son commerce d'exportation des graines a pris des proportions inespérées. La sériciculture française tend à reprendre le rang honorable qu'elle avait perdu.


PISCICULTURE.

A l'agriculture, on rattache enfin ce qui se rapporte à la culture des eaux : pisciculture d'eau douce et pisciculture marine. C'est sur la berge de la Seine, dans deux pavillons d'assez modeste apparence, qu'est installée l'exposition de pisciculture.

La pisciculture d'eau douce a principalement pour but le repeuplement des cours d'eau. Dans un certain nombre d'écoles d'agriculture, dans plusieurs établissements du Ministère des Travaux publics, dans l'aquarium du Trocadéro (que l'on ne doit pas oublier de visiter), les procédés de fécondation artificielle des œufs, d'incubation et d'élevage des alevins sont pratiqués dans des proportions croissantes chaque année. Cet élevage porte surtout sur les poissons délicats, truites, saumons, etc., et sur des espèces étrangères dont l'acclimatation dans les eaux françaises paraît devoir être utile. Les jeunes alevins sont lâchés ensuite à l'eau pour repeupler les rivières, à la grande joie des pêcheurs. C'est là l'œuvre d'utilité générale dont on peut constater les résultats dans le pavillon.

Un autre but de la pisciculture est d'élever les poissons délicats en eaux fermées, jusqu'au moment où on les livre au marché. On en trouve aussi des modèles à l'Exposition.

L'élevage des huîtres est le principal objet de la pisciculture marine. Sous ce rapport, nos côtes marines sont riches en parcs dont la production a été, pour les marins, une grande source de richesse. Le fait principal des dernières années est l'amélioration notable des huîtres portugaises par l'application des méthodes usitées pour l'huître ordinaire; on en trouvera d'intéressantes démonstrations à l'Exposition du quai d'Orsay.

Il faut signaler enfin deux grandes manifestations qui compléteront la part de l'agriculture à l'Exposition universelle : un Congrès international et des expositions temporaires d'animaux domestiques.

Le Congrès international d'Agriculture se tiendra dans les salles du palais du Trocadéro, du 4 au 11 juillet, sous la présidence de M. Méline. Il aura pour objet principal d'étudier les causes et les effets de la crise agricole, ainsi que les remèdes à y apporter.

Les Concours temporaires d'animaux domestiques comprendront deux sériés : Concours internationaux des races bovines, ovines, porcines, et d'animaux de basse-cour, du 11 au 22 juillet, et Concours international des races chevalines et asines, du 1er au 10 septembre. D'après les déclarations des éleveurs réunis à la fin du mois d'avril, le premier de ces concours aura une importance exceptionnelle; plus de 2,500 bêtes bovines sont inscrites, ce qui ne s'est jamais vu nulle part. Il donnera, comme l'exposition chevaline, une manifestation éclatante des progrès que l'élevage français ne cesse de réaliser.

© Guide Bleu du Figaro et du Petit Journal 1889