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Suisse


Suisse à l'exposition de Paris 1889

La participation de la Suisse à l'Exposition universelle n'a pas d'histoire. Tout s'est passé sans aucune difficulté ; dès 1887, la participation de la Suisse était assurée. Le gouvernement helvétique envoyait son adhésion officielle, et les Chambres fédérales votaient une subvention de 450,000 francs. A cette somme venaient encore s'ajouter les crédits votés par différents cantons et différentes villes pour subventionner des expositions collectives. Ainsi le canton de Zurich a voté des fonds pour l'exposition des soieries. Genève et Neufchâtel pour l'horlogerie, Saint-Gall pour les broderies, le canton de Vaux pour les vins, etc. On a donc à constater que l'entrain a été général dans la Suisse entière et qu'à l'exception de l'industrie des rubans qui a refusé, l'on ne sait trop pourquoi, de prendre part à l'Exposition, la section suisse présente un ensemble à peu près complet de la situation commerciale et industrielle actuelle de la République Helvétique.

Cette section compte 1,100 exposants, et occupe une surface de plus de 6,500 mètres carrés. La section suisse en 1878 n'occupait que 5,000 mètres. Ces chiffres prouvent mieux que tous les raisonnements du monde la part prise par la Suisse à l'Exposition. Nous avons parlé déjà de son exposition des Machines, où la Suisse compte 128 exposants et montre au public les progrès énormes faits par son industrie mécanique. Tous les produits exposés dans les autres groupes sont remarquables. Nous attirons surtout l'attention sur la collection de cartes exposées par le Bureau topographique fédéral. Il semble absolument impossible d'aller plus loin dans la cartographie. M. Simon, de Bâle, expose aussi un très curieux relief de la Jung Frau. L'exposition scolaire est, elle aussi, très intéressante. On y voit quelle importance est donnée en Suisse à toutes les questions d'éducation et d'hygiène. L'exposition d'horlogerie couvre à elle seule 250 mètres avec 160 exposants. On y trouve toutes les espèces de montres connues et inconnues jusqu'à ce jour, car les exposants de Genève et de Neufchâtel surtout ont envoyé des modèles que l'on n'avait jamais vus et sont arrivés à vaincre les plus grandes difficultés de la mécanique. Une exposition très complète est aussi celle des ornements d'église et des objets du culte. On y trouve aussi des vitraux. L'industrie verrière, qui semblait oubliée en Suisse depuis des siècles, reprend depuis quelques années. Puis, nous arrivons à une des plus importantes sections : l'exposition collective des soieries de Zurich qui est contenue dans une superbe vitrine et dans laquelle on trouve surtout des soies bon marché. Une autre exposition importante est celle des dentelles et broderies d'Appenzell et de Saint-Gall qui occupe le pavillon à côté de la façade de la section. On y remarquera surtout des rideaux de vitrages avec des dispositions très originales et neuves.

D'autres industries suisses importantes sont encore représentées au Champ de Mars. On y verra, par exemple, des laits, condensés et des farines lactées de Vevay. Ces manufactures énormes absorbent la plus grande partie du lait du canton de Vaux et envoient leurs produits jusqu'en Amérique où ils sont très appréciés. A côté des chocolats Suchard, une grande exposition de fromages de gruyère où l'on verra les produits les plus perfectionnés de cette importante industrie.

Dans un restaurant suisse situé sur le pourtour intérieur du jardin du Champ de Mars, on pourra goûter les vins du Valais qui sont trop peu connus en dehors de la Suisse, et quand, au mois de juillet, on verra la part prise par la Suisse à l'exposition de bestiaux, on pourra se faire une idée exacte de la richesse agricole et industrielle de ce vaillant petit pays qui a toujours été l'ami de la France et qui a prouvé ce sentiment aux jours de malheur. On ne l'oubliera jamais.

© Guide Bleu du Figaro et du Petit Journal 1889