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Pays-Bas


Pays-Bas à l'exposition de Paris 1889

La Hollande n'a pas reçu de subvention du gouvernement pour être représentée à l'Exposition de Paris, mais on comprend que ce pays, si industriel et si commerçant, ait voulu avoir sa place au concours international de 1889.

Plusieurs notabilités industrielles se sont donc mises à la tête d'une commission qui a aidé de son argent les exposants moins riches, désireux d'envoyer leurs produits au Champ de Mars.

C'est ainsi que la Hollande est une des nations qui occupent le plus de sections. Au Champ de Mars, aux Invalides, Industries diverses, Produits alimentaires, Arts libéraux, Beaux-Arts, Architecture, elle tient son rang partout, sans compter les colonies néerlandaises et le village indien. Elle couvre une superficie totale de 8,500 mètres carrés, et c'est M. Edouard Niermans, architecte, qui a organisé et installé les différentes parties de cette importante exposition avec un goût et une science au-dessus de tout éloge.

La section des Industries diverses, située du côté de l'avenue La Bourdonnais, a sa façade à côté de celle de la Belgique, sur une des grandes galeries transversales. Cette façade, construite dans le style de la Renaissance néerlandaise, se compose d'une large porte et de quatre baies symétriques en plein cintre, ornées de draperies. De chaque côté de la porte, sont ménagées des niches, en plein cintre également, dans lesquelles on a placé des vases de Delft magnifiques.

Enfin, à la partie supérieure, le peintre, M. Willy Martens, a peint de grands panneaux allégoriques.

La Hollande a envoyé là les produits de ses grandes industries. Il faut citer la manufacture royale de tapis d'Eventer, qui nous montre des imitations de tapis anciens vraiment merveilleuses. Ces tapis, d'un travail achevé et de dessin, très riche, ont jusqu'à dix centimètres d'épaisseur. C'est ensuite la manufacture de Delft, qui est d'ailleurs connue dans le monde entier, et qui a au Champ de Mars une exposition digne de sa renommée. La carrosserie est aussi représentée d'une façon remarquable.

Dans l'allée centrale de la section, la Fleschenfabrik de Delft a élevé une haute colonne avec des bouteilles de diverses couleurs d'un effet assez original. Tous ces produits sont exposés dans un petit salon des plus élégants.

Mais il y a surtout une exposition fort intéressante de dessins techniques, ponts, canaux, travaux d'aménagements des ports, etc., qui prouve que les Hollandais ne sont pas seulement un peuple de commerçants, mais aussi un peuple d'ingénieurs distingués et l'exposition de librairie où l'on trouve des ouvrages très bien imprimés et d'une exécution très soignée prouve en même temps que c'est un pays de gens qui aiment à s'instruire.


Taillerie de diamants.

Comme nous l'avons dit plus haut, la Hollande n'est pas localisée au Champ de Mars dans un seul endroit. M. Edouard Niermans a construit pour la taillerie de diamants, à gauche de la Tour Eiffel, et près du théâtre des Folies-Parisiennes, une petite maison très réussie. C'est encore une construction dans le style de la Renaissance néerlandaise, briques et pierre naturelle. Au-dessus des fenêtres l'on peut voir des imitations de vieilles faïences de Delft, et les ornements en fer forgé sont d'un travail très fini.

Le premier étage est occupé par les bureaux du commissariat, et le rez-de-chaussée par la taillerie de diamants.

Dans la vitrine du milieu et qui est aussi du style Renaissance, sont renfermés pour plus de 2 millions de diamants. A côté se trouvent des tables, où les pierres sont d'abord coupées, puis taillées grossièrement ; la taille est finie par les meules disposées autour de la table. Ces meules sont mues par un moteur à gaz. Une meule ancienne, mue au pied, permet de faire des comparaisons et de voir les progrès faits dans le travail du diamant. Les bureaux de la taillerie. sont reliés par des sonnettes électriques aux postes de police, pour avoir les secours les plus prompts en cas d'incendie.C'est en un mot une installation modèle.

Au quai d'Orsay se trouve la section des produits agricoles et alimentaires, une écurie et une boulangerie modèles.


Colonies.

L'exposition des colonies se trouve à côté de l'exposition de la métropole, dans un des pavillons d'angle. L'intérieur du pavillon est tout entier tendu avec des étoffes indiennes. Au milieu se trouve un trophée composé d'instruments de musique et d'armes.

Dans un coin, arrangée d'une façon très curieuse, une tente remplie de vases en matières précieuses. Et partout sur les murs, dans des étagères, des objets aux formes bizarres, des armes richement incrustées qui montrent au visiteur le moins au courant des choses coloniales, l'étendue immense de l'empire batave. Et l'on ne sait vraiment pas ce que l'on doit le plus admirer des produits exposés, œuvres des indigènes, ou dû talent colonisateur de ce petit peuple qui a su former et garder un empire colonial aussi étendu.

© Guide Bleu du Figaro et du Petit Journal 1889