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Norvège(Norwège)


Norvège(Norwège) à l'exposition de Paris 1889

Architecte(s) : M. Thams & Co de Orkedalsøren

La Norvège a participé, depuis 1811, non seulement à toutes les Expositions universelles qui ont eu lieu à Londres, à Paris, à Philadelphie et à Vienne, mais encore à un nombre considérable d’autres grands concours, d’un caractère plus ou moins international. Elle a, particulièrement, pris une large part aux expositions Scandinaves, à Stockholm en 1866, et à Copenhague en 1888. Enfin, la Norvège a été représentée à plusieurs exhibitions spéciales internationales, notamment aux expositions des pêcheries, dont l’une, celle de 1865, a eu lieu en Norvège même, à Bergen.

Jusqu’en 1878, la participation de la Norvège aux différentes expositions eut généralement lieu sous la direction immédiate de l’État. Mais ce système fut reconnu' comme trop coûteux. Aussi décida-t-on, en 1880, qu’à l’avenir l’État, laissant à l’initiative privée le soin d’organiser et de diriger sa participation nationale, se bornerait à prêter son concours en accordant une subvention aux organisateurs. C’est ainsi qu’il fut procédé depuis, à l’occasion des expositions de Londres en 1883, d’Anvers en 1885, de Liverpool en 1886 et de Copenhague en 1888.

La Commission centrale constituée en vue de l’Exposition Universelle de 1889 adressa immédiatement au gouvernement norvégien une demande de subvention de 100,000 couronnes (1 couronne égale 1 fr. 39). Le gouvernement, en soumettant cette demande à la représentation nationale, — le Storthing — crut devoir réduire d’un quart, eu égard aux charges du budget, le chiffre de la subvention à accorder. Pourtant, dans sa séance du 17 mai 1888, le Storthing votait, par 56 voix contre 44, la somme intégrale demandée par la Commission.

Dès le début, du reste, il avait été convenu qu’en 1889 la participation norvégienne devait avoir un caractère quelque peu différent de celui qu'elle avait eu en 1867 et en 1878, un caractère pour ainsi dire plus utilitaire. Dans sa première communication au gouvernement norvégien, la commission de Christiana avait émis l’opinion qu’il fallait se restreindre à la représentation des industries dont les produits sont déjà ou peuvent devenir des objets d’exportation — en y ajoutant toutefois les beaux-arts, ainsi que les objets pouvant donner aux étrangers une idée des beautés dû pays, et par là inviter les touristes à venir le visiter. Ce programme fut entièrement approuvé par le gouvernement et parla représentation nationale. Il était, en outre, presque imposé par le budget, beaucoup plus restreint qu’en 1878, dont on disposait cette fois, et par la nécessité absolue de ne pas permettre aux dépenses de dépasser la limite fixée. On était donc obligé d’observer la plus grande économie et de réduire au plus strict nécessaire les frais de décoration de toute nature. Il fallait sacrifier certaines représentations pour lesquelles des dépenses élevées eussent été indispensables. De plus, on ne pouvait réclamer, comme on l’avait fait avec succès dans des circonstances antérieures, une large participation des administrations et institutions officielles. Enfin on allait se trouver en face d’une difficulté grande — plus considérable peut-être pour la représentation norvégienne que pour celle de la plupart des autres nations et créée par la disposition même des emplacements sur lesquels elle aurait à s’installer, — celle de faire valoir pleinement, bien que morcelée et éparse, l’exposition nationale.

En effet, les produits durent être séparés en deux grandes divisions d’une importance presque égale: l’une, où les industries du bois et des métaux prédominaient, située sur remplacement qui avait été accordé- dans les galeries des industries diverses, entre les sections des États-Unis et du Japon; l’autre dans les galeries de l’agriculture, au quai d'Orsay, où il avait fallu reléguer les installations très complètes des pêcheries, ainsi que les industries de boissons fermentées. Encore n’étaient-ce pas là les seuls points de l’enceinte de l’Exposition où le drapeau norvégien fut arboré. Dans le palais des Beaux-Arts, la section de la Norvège était placée au premier étage, entre celles du Danemark et de la Suède. Dans le jardin du Champ-de-Mars, au pied de la tour Eiffel, s’élevait le grand pavillon en bois, construit et exposé par la maison M. Thams et Ci0, où, pendant la durée de l’Exposition, les bureaux du Commissariat norvégien étaient installés, et où plus tard les bureaux de l’administration de la Société de la tour Eiffel leur ont succédé. A quelques pas de là un petit chalet en bois contenait l’exposition d’une nouvelle industrie norvégienne, celle du lait stérilisé conservé. Sur la Seine, dans la section des embarcations flottantes, se balançait un grand bateau de Nordland — petit-fils en ligne directe des navires sans pont sur lesquels, il y a un millier d’années, les ancêtres norvégiens vinrent faire leurs premières visites à la capitale de la France.

II est hors de doute que la réunion sous le même toit de toutes ces parties de l’exposition aurait constitué un ensemble à la fois complet et plus pittoresque. Néanmoins, nous devrons reconnaître que l’impression générale produite par ces différentes sections sur les visiteurs a été de tous points très défavorable. A ce sujet, la Norvège a lieu d’être tout particulièrement satisfaite du témoignage qu’une voix des plus autorisées a bien voulu accorder, dans les termes les plus flatteurs, au caractère de sincérité de la représentation norvégienne au Champ-de-Mars en 1889. C’était précisément là le caractère que l’on s’était efforcé, dès le premier moment, de lui donner, et qui seul était susceptible de lui faire avoir une valeur de bon aloi.

Le nombre total des exposants norvégiens était de 278; certains d’entre eux exposaient dans plusieurs Classes. Parmi ces 278 exposants, six se trouvaient hors concours
comme membres du jury des récompenses; deux exposaient dans la section rétrospective de l’histoire du travail où il n’a pas été décerné de récompenses. Le nombre des exposants qui concouraient à des récompenses était donc de 270. Le jury leur en décerna 252, savoir: cinq grands prix, un diplôme équivalant à un grand prix, quarante médailles d’or, soixante-sept médailles d’argent, soixante-quinze médailles de bronze et soixante-quatre mentions honorables.

Dans le groupe I (Beaux-Arts), le nombre des exposants concourant était de 76; celui des récompensés fut de 35. Dans l’ensemble des autres groupes, le nombre des exposants concourant était de 194; celui des récompensés fut de 178, de sorte que, dans ces derniers, seize exposants norvégiens seulement n’eurent aucune récompense.
Onze exposants norvégiens reçurent des distinctions honorifiques, savoir : sept, la croix de la Légion d’honneur, et quatre, les palmes académiques.
Enfin, une médaille d’argent et trois de bronze furent décernées à des collaborateurs.

En reconnaissance de l’accueil si cordialement bienveillant qui, à cette occasion, a été fait à la Norvège, quelques souvenirs de la participation ont été offerts et ont été gracieusement acceptés par des institutions françaises. Nous citerons : la façade d’un grenier, construction en bois, exposée par M. Egeberg et donnée par l’exposant au Musée des arts décoratifs; collection de produits et engins de pêche, exposée par la Commission norvégienne, et donnée par elle au Musée municipal de la ville de Boulogne-sur-Mer; grande carte ornementale de la Norvège, dessinée et exposée par MM. 0. et Th. Holmboe, donnée par M. Aug. Pellerin, membre de la Commission de réception des chœurs norvégiens, à la Société de géographie de Paris; collection de modèles de constructions en bois, exposée par la maison M. Thams et Cie, et donnée par elle au Conservatoire des Arts et Métiers ; collection d’objets d’ancienne bijouterie nationale, donnée par M. Hammer, orfèvre et antiquaire à Bergen, au Musée d’ethnographie; collection d’éditions de musique norvégienne, donnée par M. C. Warmuth, éditeur de musique à Christiana, au Conservatoire de musique.

©L'Exposition Universelle de 1889 de Monod