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Nicaragua


Nicaragua à l'exposition de Paris 1889

Architecte(s) : Stephen Sauvestre

Aimez-vous les oiseaux rares, les plantes exotiques, le parfum excitant du cacao et de la vanille ?

Allez donc voir le charmant pavillon de Nicaragua, dont l'architecte, M. Stéphen Sauvestre, architecte de la Tour Eiffel, est l'aimable créateur. Ce charmant pavillon en bois, de 20 mètres sur 10, style Renaissance, couvert de tuiles écaille couleur terre cuite, avec semis de tuiles émaillées, couronné d'épis de terre cuite d'un dessin gracieux et original, se compose d'un grand salon principal et de deux salons annexes.

Un escalier extérieur conduit à une terrasse d'où le coup d'œil sur la Tour Eiffel et le Champ de Mars est magnifique. Cette terrasse donne accès à un petit bureau duquel on a vue sur toute l'installation intérieure de l'exposition de : Nicaragua.

Au centre du grand salon figure le plan en relief du canal de Nicaragua. Ce plan a neuf mètres de long sur lm,50 de large. Il a été fait à Washington par un Français sur l'initiative de M. Médina, ministre de Nicaragua, commissaire général, qui a pensé, avec raison, que le plan d'une. œuvre colossale destinée à être une source de richesses pour son pays, avait non seulement sa place tout indiquée au Champ de Mars, mais formerait un des clous de l'Exposition.

Ce plan, en effet, est très artistement conçu et d'une exécution parfaite.

Il faut remarquer aussi la collection de cacaos d'une des grandes maisons de Paris qui possède une très vaste plantation au Nicaragua, et la collection d'essences diverses d'un autre grand industriel français qui a monté dans ce pays une grande usine pour cette importante industrie.

Parmi les produits du pays dont on trouvera les échantillons, il faut citer le café, le caoutchouc, le bois.

A ce propos, disons que la collection d'essences que présente le Nicaragua est très curieuse. Citons encore le cacao, produit important du Nicaragua; une très riche variété de minerais qui sans doute appellera l'attention sur l'abondance de métaux précieux que renferme ce pays privilégié.

A remarquer également une collection complète et des plus curieuses de poteries anciennes. Cette collection forme un sujet d'études précolombiennes des plus intéressantes. Les oiseaux des tropiques avec leur admirable plumage aux couleurs brillantes, sont une des grandes attractions de cette exposition.

Il y a là des oiseaux de toutes variétés, depuis le colibri jusqu'au quetzal si renommé de l'Amérique centrale, dont le magnifique plumage surpasse de beaucoup en beauté celui de l'oiseau de paradis.

Sur de grands panneaux de bois du pays sont peints les portraits des Présidents du Nicaragua, qui ont exercé le pouvoir à tour de rôle ; car il faut noter que ces hautes fonctions se sont transmises toujours régulièrement et sans secousses par le libre jeu des institutions de ce petit pays situé dans une région où nous sommes habitués à voir de fréquents bouleversements politiques.

Le coût total de cette oasis au milieu de Paris a été de cinq cent mille francs à peu près, et M. Francisco Médina méritera sans doute bien de sa patrie par la direction qu'il a donnée aux travaux et son concours au grand œuvre de la France.

© Guide Bleu du Figaro et du Petit Journal 1889