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Maroc


Maroc à l'exposition de Paris 1889

Le sultan du Maroc, voulant donner un témoignage de sympathie à la France, a tenu à ce que son pays fût représenté officiellement à l'Exposition de Paris.

La section marocaine qui compte une soixantaine d'exposants occupe au Champ de Mars, le long de l'avenue de Suffren, une surface de 2,000 mètres carrés.

Cette section se compose du pavillon impérial, situé dans l'axe de la galerie transversale conduisant au grand dôme d'honneur. A côté on a dressé une tente marocaine. En remontant vers la galerie des machines, se trouve un grand bazar et à la suite, entourant sur deux faces le café-restaurant marocain, on rencontre la galerie du travail.

Ces divers bâtiments sont construits dans le style de l'architecture marocaine ou plutôt des Maures d'Espagne ; ce n'est pas toutefois ce style pur dont l'Alcazar et la Merquitta de Cordoue sont les types inimitables.

C'est un style décadent, pour ainsi dire, mais toujours avec la profusion de colonnes, les portes à ogives, les nefs surbaissées, le cintre rétréci à la base en forme de croissant.

Dans le pavillon impérial, aucun des objets qui l'ornent n'est mis en vente. Ce sont des tapis que les Maures nomment alcaflhah, des armes damasquinées et tous les produits de l'art oriental.

Dans le grand bazar, des commerçants marocains vendent les étoffes de laine pure ou tissées de laine et de soie, des tapis encore, de la sparterie en écorce, en paille, en joncs, en feuilles, et surtout des maroquins, des babouches et des coussins en cuir et en velours brodés d'or, d'argent et de soie.

Puis des plats de cuivre ciselé, des poignards damasquinés, enfin tout ce que comporte le commerce et l'industrie des pays orientaux. Devant ce bazar, deux petits pavillons, le pavillon Soliman et le pavillon Timsit, sont également occupés par des commerçants du Maroc.

Dans la galerie du travail, des ouvriers façonnent devant les visiteurs de menus objets et dans le restaurant marocain on mangera des plats marocains, en entendant sinon en écoutant de la musique marocaine, la nouba.

Cette Exposition est d'une très grande couleur et complète l'aspect pittoresque de la rue du Caire.

© Guide Bleu du Figaro et du Petit Journal 1889