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Etats-Unis d'Amérique


Etats-Unis d'Amérique à l'exposition de Paris 1889

Le gouvernement des États-Unis a été un des premiers à vouloir prendre part à l'Exposition de 1889. Il répondit le 10 mai 1888 à l'invitation du gouvernement français, en déclarant qu'il participerait à l'Exposition. Le Congrès vota sans opposition une subvention de 1,250,000 francs et le gouvernement se chargea de plus de payer le transport des produits américains. Dans ces conditions-là, l'œuvre du comité ne fut pas difficile: le général Franklin fut nommé commissaire général par le gouvernement: chacun des 38 États de l'Union nomma un commissaire, et l'on se mit à l'œuvre. Les industriels américains ne demandant pas mieux que de prendre part à la lutte, on réunit un chiffre de 1,500 exposants qui occupent dans les différentes sections, Beaux-Arts compris, une superficie de 8,000 mètres carrés. L'aspect de la section industrielle est des plus simples : elle est décorée avec des drapeaux aux couleurs des différents Etats. On a groupé au centre de la section, autour d'un pavillon contenant des minerais aurifères, diamantifères et argentifères, les quatre expositions industrielles les plus importantes.

D'abord la maison Gorham et Cie, les grands orfèvres de New-York qui exposent entre autres ce qu'ils appellent le vase centenaire en argent massif, haut de 1m28, pesant 60 kilos et valant 125,000 francs. Autour de ce géant fort artistiquement travaillé, se trouvent des émaux. Puis Tiffany, le bijoutier, dont toutes les boutiques sont en bois de rose massif, expose beaucoup de diamants, entre autres un collier valant 2,000,000 de francs. Ensuite Meviden, qui expose de l'argent plaqué, et Collamore avec ses cristaux et ses porcelaines, dont quelques-uns sont d'un modèle assez curieux.

Comme nous n'avons pas à parler ici des produits exposés dans la galerie des Machines, nous n'avons pas à parler des principaux produits d'Edison. Il n'expose dans la galerie des industries diverses que le graphophone, Machine à écrire et quelques phonographes semblables à ceux qu'il a dans sa grande exposition à la galerie des Machines.

Mais la section d'électricité n'en est pas moins des plus intéressantes. On y voit l'exposition des téléphones Bell qui montre entre autres un poteau téléphonique pour 80 fils. Puis l'exposition de la Western Electric Company ; des spécimens de canalisation électrique de New-York, le télotographe de Graz, avec lequel on peut écrire à distance ; la collection de M. Abdank, comprenant la publication complète de ce qui a été écrit sur l'électricité, et enfin l'exposition du professeur Elie Thomson, dans laquelle on verra un anneau de cuivre massif de 15 centimètres de diamètre, maintenu en l'air sans suspension par des effets de répulsion d'aimants invisibles.

Une autre exposition très curieuse est celle de bois pétrifié, provenant du territoire de l'Avizola : toute une forêt qui a été trouvée transformée en jade, si l'on peut s'exprimer ainsi; il en est résulté un produit très beau, très curieux et unique au monde.

Le gouvernement expose un modèle de bureau de poste qui semble être la perfection du genre ; le service des signaux prophétiques du temps et des armes à feu perfectionnées. Puis un peu partout et un peu pêle-mêle, des tabacs, des fourrures, une Vénus en chocolat, une machine à balayer les tapis sans faire de la poussière, un appareil pour raccommoder les arbres moteurs des bateaux à vapeur, des membres artificiels et des machines à écrire.

Dans la section d'éducation, il faut surtout remarquer les photographies des universités et des écoles.

La section d'agriculture est au contraire très intéressante et très développée. On y trouve le palais du maïs, qui est bâti tout en maïs et dans lequel on offrira au public du maïs préparé de toutes les façons connues et inconnues en Europe. Puis différentes machines agricoles mues par la vapeur ; des broyeurs, des machines à fabriquer les tire-bouchons et enfin l'exposition du gouvernement qui montre l'évolution des divers articles nous faisant passer par toutes les phases inter-médiaires depuis l'état de nature jusqu'à l'article fini et vendable.

On voit, par ce qui précède, quel puissant intérêt présente l'exposition des États-Unis. Il n'y en a peut-être point au Champ de Mars qui soit plus curieuse et plus instructive.

© Guide Bleu du Figaro et du Petit Journal 1889