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Equateur


Equateur à l'exposition de Paris 1889

Architecte(s) : Chedame

Les Parisiens n'ont pas oublié M. Antonio Florès, l'aimable ancien ministre de l'Equateur chez nous. Nommé dans son pays Président de la République, M. Florès eut l'honneur de se voir offrir un grand banquet à l'Hôtel Con-tinental où plus de trois cents personnalités parisiennes, espagnoles et américaines voulurent lui témoigner leur amitié avant son départ.

Il avait dit à tout le monde qu'il se proposait de faire représenter son pays à l'Exposition universelle et, quoique d'une façon extra-officielle, il a tenu parole. Le Sénat de l'Equateur lui refusa le crédit qu'il demandait pour la participation à notre Exposition; aussitôt M. Florès, qui a toujours eu pour la France le plus grand enthousiasme, ouvrit une souscription populaire. Il avait demandé au Sénat la minime somme de soixante mille francs, la souscription en donna tout de suite plus de cent cinquante mille. Un comité fut nommé à Paris, et comme président, M. Ballen, consul général de l'Equateur près notre gouvernement.

Le pavillon, dû à M. Chedame, occupe une surface de cent mètres carrés. C'est la reproduction d'un des temples que les Incas consacraient au Soleil, et il a été étudié par M. Chedame dans les ouvrages sur les antiquités américaines que M. Ballen a mis à sa disposition. M. Fugère, sculpteur, Français comme l'architecte, a pris au musée ethnographique du Trocadéro les moulures des pièces authentiques rapportées d'Amérique par les voyageurs que le Gouvernement français y a envoyés en mission. Le motif placé au haut de l'entrée principale est la reproduction de celui qui existait jadis dans un des temples du Soleil.

On sait que la principale richesse de l'Equateur consiste dans les industries extractives : On verra donc du cacao, du café, du coton, du quinquina, une grande variété de bois, des céréales, des plantes médicinales, des peaux, des sucres, de l'ivoire végétal ou noix de corozo, de la cire, de la cochenille, de la vanille, etc., etc.; des métaux précieux, du cristal de roche, du soufre, de l'alun et une collection lithologique.

H y a aussi des broderies, des dentelles, des tissus de soie, de laine, de coton, de chanvre; de superbes collections incas, archéologiques et contemporaines, pour lesquelles M. Charles Garnier a cédé la maison aztèque comprise dans la série des petits édifices qu'il a construits sous le nom « d'Histoire de l'habitation. » Cette installation spéciale porte le nom « d'Annexé de la République de l'Equateur ».

Le mobilier intérieur du pavillon est en cristal et or et plus d'une mondaine pourra le prendre comme modèle de salon. Les tapisseries sont or et pourpre d'une grande richesse. Bien que le local ne soit pas des plus grands, le nombre d'exposants est relativement considérable.

L'un d'eux est M. Antonio Florès, Président de la République, qui, non content de son rôle de promoteur, a voulu figurer comme industriel.

Le soir, la colonie équatorienne se donne rendez-vous dans ce pavillon et les jolies femmes n'y manquent pas.

© Guide Bleu du Figaro et du Petit Journal 1889