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Bolivie


Bolivie à l'exposition de Paris 1889

Architecte(s) : Fouquiau

Il y a deux ans, les journaux de Paris annoncèrent l'arrivée dans nos murs d'un richissime Américain du Sud qui lançait deux mille invitations pour une grande fête dans son hôtel de l'avenue des Champs-Elysées. M. Arce, ministre de la République bolivienne à Paris, avait en effet acheté le lendemain de son entrée à Paris l'hôtel des frères Berthier pour la misère de deux millions et l'écusson de la légation brilla sur la porte.

Cet homme extraordinaire, dont les mines d'argent, là-bas, sont paraît-il inépuisables, devint amoureux fou de ce Paris si grand, de cette France si riche et si travailleuse, et il ne nous aurait pas quittés sans le suffrage universel de son pays qui le nomma à la présidence de la République.

Une fois à la tête de son pays, un de ses premiers soucis fut de demander aux Chambres un crédit pour la participation de la Bolivie à l'Exposition universelle.

Plus heureux que son collègue de l'Equateur, M. Arce obtint trois cent mille francs. Et c'est avec ces ressources que son représentant à Paris, M. Salinas Vega, chargé d'affaires, président du comité immédiatement nommé, a pu faire construire le pavillon très original de Bolivie, qui est des plus curieux à visiter. Il a été assisté dans sa mission par un délégué technique du gouvernement bolivien, M. Andrès Bresson.

Le pavillon est d'un style spécial qui rappelle beaucoup les constructions boliviennes modernes, très original avec ses quatre tours et son architecture un peu bizarre.

A l'intérieur, le visiteur trouvera les plus beaux échantillons, de remarquables minerais, d'argent, de cuivre, de manganèse, de grandes collections anthropologiques et zoologiques, du caoutchouc, du coca, du café et toutes les matières premières.

Il faut excuser les Boliviens s'ils sont arrivés un peu tard à l'Exposition; mais ce n'est pas leur faute. La distance est longue, et il n'y pas de chemins de fer en Bolivie...

C'est M. Arce qui est en train de construire le premier et il a amené à ses frais d'ici douze ingénieurs français, il y a un an.

C'est à ce bon ami de la France que l'on doit l'installation bolivienne au Champ de Mars, et elle est, comme le lecteur le verra, très réussie.

© Guide Bleu du Figaro et du Petit Journal 1889