Retour - Liste Pavillons

Autriche-Hongrie


Autriche-Hongrie à l'exposition de Paris 1889

Les bruyantes discussions qui ont eu lieu au Parlement hongrois à l'occasion de la participation de l'Autriche-Hon-grie à l'Exposition nous évitent la peine de raconter longuement l'histoire de cette participation. Tout le monde sait que le gouvernement austro-hongrois a refusé énergique-ment de prendre part à l'Exposition. Non-seulement toute subvention a été refusée, mais le gouvernement a interdit les souscriptions particulières qui avaient été ouvertes sur le territoire de la monarchie austro-hongroise par les Chambres de commerce qui se rendaient compte de l'intérêt qu'il y avait pour les industriels de la monarchie à être représentés au Champ de Mars.

En présence de ce mauvais vouloir, un Comité se forma à Paris, composé en grande partie d'industriels austro-hongrois habitant notre pays. Ce Comité, tout privé, parvint à réunir une somme de 175,000 francs qui a servi à organiser et à décorer l'Exposition austro-hongroise qui couvre 2,400 mètres carrés dans le Palais des Industries diverses, et 300 mètres au quai d'Orsay.

De plus, l'Exposition comprend deux pavillons annexes et deux salles au Palais des Beaux-Arts.

Le nombre des exposants s'élève à 325.

Il eût été beaucoup plus élevé, si la Commission avait pu disposer de plus de place et si les grands industriels de l'Autriche-Hongrie n'avaient pas compris trop tard l'intérêt qu'il y avait pour eux à participer à cette Exposition. De nombreuses demandes ont été rejetées, et le chef du secrétariat de la section, M. Max Dubski, a même eu grand peine à contenter les participants de la première heure.

La façade de la section austro-hongroise qui s'étend en face de la section belge, est formée d'une grille de disposition assez heureuse. L'intérieur de la section décoré par des cartouches portant les noms des principales villes de l'Autriche-Hongrie, présente un tableau assez complet des industries du pays. L'Exposition la plus complète semble être celle des cristalleries de Bohême. Le comte Harrach et le chevalier de Schauen ont envoyé des produits qui font véritablement honneur à la cristallerie de Bohême. Les grenats ne manquent pas non plus et la vitrine de M. Schlecta est remarquable. La maroquinerie de Vienne est représentée surtout par les maisons Klein et Baschinger qui ont envoyé grand nombre d'objets ayant tous ce caractère spécial que l'on connaît déjà depuis longtemps.

La section contient aussi quelques vitrines de bijouterie et de joaillerie assez curieuses; un grand nombre d'objets de cordonnerie, surtout de la cordonnerie de luxe à bon marché, branche de commerce qui paraît prendre en Autriche une très grande extension.

Une exposition de tapis attire également l'attention des visiteurs. Ces tapis sont envoyés par la fabrique de Gienskey dont les produits sont à la hauteur de leur vieille réputation.

Dans les deux annexes se trouvent les expositions des mines et bois. Ce sont là deux des richesses de la monarchie austro-hongroise. M. Kiss de Nemensker et le domaine de Vegless ont envoyé tout un ensemble de leurs produits qui est du plus haut intérêt.

Dans les galeries du quai d'Orsay, on trouve partout les exposants hongrois qui ont envoyé des vins, des grains et maïs de nature à intéresser vivement nos viticulteurs et nos agronomes.

En résumé, l'exposition austro-hongroise, quelque restreinte qu'elle soit, est fort intéressante et de nature à faire vivement regretter que des considérations politiques aient empêché des envois plus nombreux, qui auraient resserré encore davantage les liens qui unissent la France et la Hongrie.

© Guide Bleu du Figaro et du Petit Journal 1889