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Galerie des Fils et des Tissus


Galerie des Fils et des Tissus à l'exposition de Paris 1889

Au Palais des Expositions diverses, les fils et les tissus, ces derniers pris au point de vue non des applications, mais de la fabrication, forment quatre sections : la soie, la laine, le coton, et le fil proprement dit, chanvre et lin. Il faut encore leur adjoindre une classe consacrée à la teinture, à l'apprêt et au blanchiment des matières textiles. On voit quelle place importante tiennent ces industries. Cela n'a, du reste, rien que de très juste, car elles sont au premier rang de la production française, et par la somme de leurs productions et par la perfection de leurs procédés.

Pour aujourd'hui nous laisserons de côté la soie, qui mérite bien une visite à elle toute seule et nous verrons successivement la laine, le coton, le chanvre et le lin.

LA LAINE.

C'est évidemment la laine qui fut la matière première du premier tissu. Et encore ce tissu n'en était-il pas un, c'était un feutre. Du jour où l'homme, vêtu de peaux de bêtes, eut l'idée qu'il pouvait ne conserver que le poil de ces peaux et se passer du cuir, il s'ingénia pour agglomérer ces poils. La nature l'aida dans cette tâche ; le poil étant en fait, non uni et lisse, comme il en a l'air au simple examen de l'œil, mais hérissé d'aspérités, de crochets, d'inégalités diverses, comme on peut s'en assurer avec un microscope.

Cette particularité permet aux filaments de se joindre, de s'unir et, sous la pression la plus élémentaire,—le simple battage entre deux galets. — de former une feuille résistante. Telle fut la première étoffe. L'art de filer ne vint qu'ensuite et procéda tout naturellement de l'art de fouler.

Qu'est-ce qu'un fil et surtout qu'est-ce qu'un fil de laine? C'est un feutre de surface infinie et d'épaisseur pour ainsi dire infinie; le principe de l'accrochage des poils les uns aux autres est également ici en fonction, mais il se combine avec la torsion pour donner la solidité. Cela est si vrai que les premières étoffes, qui sortirent des primitifs métiers de nos ancêtres, tenaient autant du feutre que du drap ; une petite partie du tissu était formée de fils croisés,mais la plus grande partie provenait du foulage, des irrégularités qui abondaient dans ces fils grossiers. Aujourd'hui encore nous avons nos draps foulés, qui sont très rapprochés des premiers tissus.

Qui tint la première quenouille, et sous ses doigts agiles fit tourner le premier fuseau ? Chez tous les peuples de jadis l'innovatrice inconnue fut mise aux rangs des dieux. En tout cas il y avait loin des premiers fils à ceux que produisent aujourd'hui les broches de nos métiers à filer.

Voici de ces broches, il y en a dans vingt vitrines différentes. Certaines sont recouvertes d'un fil qui ne pèse qu'un kilogramme par 150,000 mètres. La matière première vient d'Australie, de la République Argentine ou de nos troupeaux indigènes; des milliers de broches la filent et la dévident. C'est une des premières industries françaises. Puis vient le tissage.
Dans le tissu de laine on peut suivre la très curieuse évolution du vêtement humain chez les peuples de races aryennes, sans rien aller chercher dans les expositions rétrospectives, en passant successivement d'une vitrine à l'autre.

Nous avons vu d'abord le feutre des premiers pasteurs. Le voici, toujours le même, sa contexture ne prêtant que peu au perfectionnement ; mais son emploi devient de jour en jour plus rare. Disons tout de suite que ce feutre n'a rien de commun avec celui de la chapellerie. Il ne sert guère aujourd'hui qu'à la fabrication des chaussures d'intérieur et aux usages industriels.

Puis avec les lourdes étoffes à longs poils, couchés, feutrés, nous trouvons la deuxième période du vêtement. La quenouille a paru, une Isis quelconque a dévoilé aux humains l'art du fuseau. Le métier sans navette, où les fils sont simplement passés de longueur, a tissé de lourdes étoffes, et l'art du foulon des premiers âges continue à s'exercer pour amincir le tissu ainsi obtenu.

Nos vrais draps, c'est-à-dire en dehors des chevioltes et des fantaisies, procèdent de ce deuxième type. Ils sont de moins en moins en vogue, et les types que l'on nous en montre ici, ne sont guère exhibés qu'à titre de documents. Le drap uni est mort, tué par les façonnés et les étoffes légères. Il persiste cependant dans les livrées, c'est ce qui explique que l'on trouve ici de véritables palettes de nuances, formée parla juxtaposition de draps de couleurs variées.

Mais sous les doigts plus habiles de la fileuse, le fil est devenu plus consistant, il s'est débarrassé des filaments parasites, le métier s'est perfectionné. Il ne produit encore que le simple croisement. Voici les tissus légers, quelque chose qui ressemble à notre flanelle actuelle. Toute l'antiquité grecque et latine s'habilla de ces tissus. Le moyen âge ne porta pas d'autre linge de corps.

Aujourd'hui, après avoir pendant des années accusé la laine du moyen âge, d'avoir propagé la lèpre et les
maladies de la peau, on revient à la laine portée sur le corps, et les flanelles sont plus que jamais en honneur. Seulement la nôtre est le plus souvent croisée et non simplement tissée fil à fil. Par là elle se rapproche des tissus modernes, des draps de fantaisie dont il y a une si riche collection. Ceux-là exigent une filature parfaite et un tissage compliqué, mais ils ont détrôné tous les draps de nos pères, dont les noms mêmes furent emportés. On a commencé par de timides croisements de couleurs, pour finir par des alliances qui font hurler. Plus un drap est mêlé de teintes diverses, plus il a de la valeur; et c'est positivement le laid qui est le beau en pareille matière.

Néanmoins ces draps ne représentent pas le dernier mot de l'art de la laine, qui est fourni par les tissus légers. Ceux-là sont absolument modernes; il a fallu le métier à filer pour fournir les fils fins et résistants des cachemires.

Dans ces dernières années on s'est beaucoup appliqué à la fabrication des étoffes de laines, qui ont presque entièrement remplacé la soie pour le costume de femme, et l'on a regagné sur le façonnage de l'étoffe ce que l'on perdait sur la matière première. C'est à cette tendance que l'on doit les magnifiques étoffes brochées à grandes dispositions.

Les choses saillantes manquent dans une telle exposition. Ce qu'il y faut admirer, c'est la valeur générale des tissus exposés. Si l'industrie de la laine enrichit trois ou quatre de nos départements, elle fait également honneur à notre pays et, certes, les tissus que nous trouvons ici installés dans de luxueuses vitrines en bois clair, peuvent supporter dignement la comparaison avec leurs rivaux de l'exposition anglaise.

LE COTON.

Dans la fabrication européenne le colon est le dernier venu. C'est peut-être lui qui aujourd'hui tient la première place. Mais il n'est pas si récent dans l'industrie humaine. Aux Indes depuis des siècles et des siècles, il a fourni des étoffes et les fils mystérieux du lit bramahnique; dans l'Amérique centrale et méridionale, il est en usage depuis les civilisations, aujourd'hui disparues, des Aztèques et des lncas. S'il fournissait dans l'Inde, où l'animal étant sacré la toison était sacrée également, le vêlement orthodoxe par excellence, il a fourni aux Mexicains leurs vêtements de guerre; ils fabriquaient des cuirasses de coton, sans doute fort épaisses, qui étaient à l'épreuve des flèches et des lances. Ce fut par les Vénitiens que le coton parvint en Europe, où après avoir lutté contre pas mal de préjugés il triomphe aujourd'hui. Il est vrai qu'il est d'un usage à peu près universel. D'abord voyez comment on le file. Cela se fait entièrement d'une façon toute mécanique.

Brut, il est tel que le rejettent dans leurs corbeilles les ouvriers qui enlèvent les parties fibreuses de la capsule du cotonnier, puis le voici battu, puis cardé, puis peigné, puis il s'étire en un ruban qui va devenir le fil; de banc en banc, c'est-à-dire de mécanique en mécanique, le fil prend plus de finesse et de consistance, il passe en gros, en demi-gros, en fin : il finit par atteindre une ténuité prodigieuse si l'on veut pousser l'opération à bout, 300,000 mètres par kilogramme; ce qu'on appelle les cotons n° 150, dont 125 à 130 kilogrammes feraient le tour du globe.

Le coton a pour la couleur une parfaite affinité, il peut recevoir toutes les nuances. Mais c'est néanmoins dans le blanc qu'il trouve le plus d'usage.

Madapolam, shirting, calicot, percale, cretonne, etc., touts les étoffes de coton, blanches sous leurs noms divers, peuvent se rapporter à deux types uniques, les étoffes unies et les serges; les premières sont de beaucoup les plus nombreuses. Le coton est par excellence le linge à porter sur la peau, et de même que la toile avait détrôné la laine, il a détrôné la toile... Longtemps l'hygiène des bonnes femmes, qui est en lutte avec celle de la Faculté, a répudié le coton : il échauffait, ou il refroidissait, je ne sais plus au juste, mais il était coupable de bien des crimes. Panser un blessé avec du coton c'était la mort à brève échéance. Aujourd'hui, on en est revenu et les chirurgiens bourrent de ouate leurs pansements, en remplacement de l'antique charpie.

Où le coton a perdu du terrain, c'est dans les étoffes légères : la mousseline est morte, et la légère tarlatane n'est plus qu'un souvenir. Pauvre tarlatane aérienne, si gracieusement transparente, elle qui faisait de toutes les femmes, des libellules, elle est allée rejoindre les vieilles neiges, et Tarare, qui fut la capitale de la mousseline, s'endort lugubrement dans le silence de ses métiers inactifs. Je regrette la mousseline, elle fut, avec la robe claire et le bonnet de Mimi Pinson, la joie de toute une génération, joie qui passait bien vite si l'on veut, mais elle était réellement le tissu des jolies filles.

C'est à peine si aujourd'hui, Tarare, qui avait en 1878 une si belle exposition, a timidement risqué une ou deux vitrines, où la mousseline ne se montre que altérée par l'alliage delà soie. Sainte mousseline,De profundis!

Par contre, les tissus épais et solides prennent de jour en jour plus d'extension. Voici d'abord des étoffes pour toiles de tente et toile à voile, puis les coutils de toutes les forces, puis les draps de coton, c'est-à-dire les imitations des tissus de laine.

L'alliage du coton et de la laine, dans les tissus pour vêtements d'homme, n'a jamais donné de très bons résultats, on s'est aujourd'hui rabattu sur la fabrication de tissus entièrement en coton, mais ayant les mêmes dispositions que les plus belles étoffes de laine. C'est ce que l'on appelle le drap de Rouen. Certaines de ces étoffes sont fort réussies.

Dans le même genre d'imitation, voici des flanelles de coton qui, grâce à un peignage spécial des fils employés, ont le toucher et même quelques-unes des qualités hygiéniques de la véritable flanelle. Cela nous conduit aux molletons de Thizy,de fortes étoffes à longs poils fabriquées à deux pièces comme le velours, lesquelles deux pièces sont ensuite séparées avec un sabre. Cette curieuse fabrication donne d'excellentes couvertures de lit.

Le chanvre a été en tout imité par le coton. Mais il est certains tissus pour lesquels le chanvre a été complètement supplanté par le coton. Par exemple les rideaux de guipure, qui sont les seuls des rideaux blancs qui tiennent encore bon contre l'assaut des tentures et des vitraux en toc, par qui nos fenêtres sont déshonorées.

Quant au rideau de mousseline brodée, qui représentait une somme de travail artistique, il est mort lui aussi, et probablement mort pour longtemps.

Au milieu de l'Exposition des fils et tissus de coton, à côté d'une tour Eiffel construite en bobines, se dresse un kiosque occupé par cette maison Dolfus-Mieg, qui est une des gloires de l'industrie française et dont nous aurons à reparler quand nous nous occuperons de l'économie sociale et des institutions de prévoyance. Un des côtés de ce kiosque est occupé par un panneau formé de 500 flottes de coton de nuances différentes.

Si l'on compte que chacune de ces 500 nuances peut former une vingtaine de teintes neutres ou dérivées, on voit quelle est la palette du coton. Elle est infinie.

Pour simplifier, nous appellerons tout simplement fil le produit du chanvre, du lin, du jute et des diverses orties, et toile le tissu obtenu avec ce fil. C'est ainsi qu'on les désigne couramment, parce que pour le peuple le chanvre et le lin sont restés, selon les pays, le fil et la toile par excellence.

Ils semblent, — ces vieux amis de l'humanité — avoir charge de toutes les grandes missions C'est de toile fine qu'est le premier lange de l'enfant, c'est de toile que sera le linceul, le lange du dernier berceau ! Tordu en câble solide, le chanvre c'est le hauban et c'est la drisse sur les caravelles des conquistadors. C'est la toile qui fait la voile de ceux qui s'en vont par delà les mers, humbles pêcheurs d'Islande, dont Pierre Loti dit la mélancolique histoire, ou découvreurs intrépides de vierges Amériques.

La seule image que la légende veut qu'on ait conservé de Jésus-Christ est celle qui s'imprima, aux heures sanglantes de l'hypostase. sur le mouchoir de toile de la Véronique; et c'est, pour clôturer le désespoir final, une corde de chanvre que les dégoûtés de la vie accrochent à un mur, pour s'évader dans l'éternité.

Les superstitions populaires ont été frappées de trouver si souvent le chanvre sur la route de l'homme : tente du nomade, bâche de la voiture du roulier, guêtre de toile du petit soldat, et l'on n'a pas manqué de lui attribuer un pouvoir mystérieux.
Une bague de chanvre unit pour toujours les fiances, une corde de chanvre autour des reins guérit des douleurs ; autour des chevilles, elle guérit de la goutte; autour du col et un peu serrée, elle guérit de tout.

Malgré la rude concurrence du coton, la toile tient encore sa place et sa production est encore très florissante. La moitié de cette production — laquelle moitié s'élève à la somme respectable de 90 millions de francs par an, — est fournie par la circonscription de la chambre de commerce d'Armentières. Lille, Cambrai, Cholet et Landerneau (toile à voiles) prennent après cela les premières places.

Les principaux types présentés au Palais des Expositions diverses, sont le linge de table, de toilette et d'ameublement.
Pour le linge de table, la toile est sans rivale et on ne saurait égaler la beauté de certains services damassés que l'on peut voir ici. La mode est aujourd'hui aux services historiés en couleur, tout aux moins pour les services à thé, dont certains sont illustrés de fort jolis dessins genre Watteau on genre Kate Grenaway. Mais le beau, vraiment beau, demeure néanmoins le service tout blanc, avec chiffre et fleurs pour les serviettes et composition pour les nappes. De ces dernières on peut admirer trois superbes échantillons. Un traîneau attaqué par des loups, une noce sous Charles V, et un merveilleux repas en costume Louîs XIII, telles sont les trois compositions qui forment le fond de ces nappes. Le tissage les a rendues avec beaucoup de perfection. La dernière de ces nappes a 5 mètres sur 3. C'est une pièce superbe.

Les draps de lit de toile conservent, dans la bataille contre le coton, le mérite de leur fraîcheur. On en fabrique qui ont 3 mètres de large, à l'usage des sybarites qu'une couture au milieu de leur drap gênerait plus encore que
le pli d'une feuille de rose. Les mêmes vitrines contiennent des toiles pour chemises d'une finesse excessive, cependant bien dépassées par les linons et les batistes de Cambrai.

Le mouchoir de batiste garde son rang, le premier avec les autres mouchoirs de toile derrière lui. Ceux de Cholet ont depuis longtemps une réputation faite.

Viennent ensuite les fortes toiles; les coutils toiles, les toiles de lente, les toiles à voiles, et les toiles d'emballage, ces dernières allant de la bâche métallisée et imperméable, solide comme une plaque de tôle, au léger canevas, qui ne sert qu'à maintenir la paille de l'emballage.

Les cordes et les ficelles, malgré des tentatives nombreuses, n'ont cessé d'être préférées fabriquées avec du chanvre. Il y a là une question de préjugé et je défie bien un entrepreneur, par exemple, d'obtenir que des ouvriers maçons se confient à des échafaudages soutenus par des cordes de coton... La corderie est depuis plusieurs années monopolisée par la grande industrie et il faudrait, je crois, chercher beaucoup pour retrouver le cordier qui, marchant à reculons devant son tourniquet et chantant une chanson monotone, câblait les cordes de jadis. Voici une usine qui, à elle seule, consomme 60,000 kilos de charbon par jour. Il faut dire que les câbles dont l'industrie a besoin aujourd'hui exigent une torsion considérable et, par conséquent, une force supérieure de beaucoup au travail manuel.

TEINTURE APRÈS BLANCHIMENT

Cette Exposition n'est au fond qu'une répétition d'une partie des trois précédentes. C'est l'application aux tissus divers, des méthodes toutes chimiques, et pour la plupart toutes récentes, d'apprêt, sous les formes les plus variées. On sait que les tissus sont teints, soit en fils soit en pièce, pour la toile et le coton, c'est à peu près généralement le deuxième procédé qui est employé. Le tissu a d'abord une couleur écrue dont il faut le débarrasser. C'est là l'opération du blanchiment. On confiait jadis le blanchiment de la toile à la seule action décolorante de l'atmosphère. Ce procédé n'est plus employé que pour les toiles de grand luxe, dites blanchies au pré. Près de Voiron par exemple, dans l'Isère, on peut voir les prairies couvertes de grandes pièces de toiles exposées au serein, qui finit par leur donner une blancheur parfaite. L'industrie courante s'adresse, elle, aux alcalins pour enlever les corps gras, et au chlore pour décolorer; il se peut bien que la qualité en souffre, mais s'il fallait blanchir au pré tous les tissus qui se fabriquent en France, la surface de notre pays n'y suffirait pas.

Le coton, qui, lui, est beaucoup moins roux que la toile dans son état naturel, est toujours blanchi chimiquement. Après cette opération vient, pour les tissus qui doivent rester blancs, celle de l'apprêt.

Le tissu imbibé d'eau, ou d'un apprêt, gomme, dextrine ou amidon ou autre matière, selon le résultat à obtenir, est séché sur un métier à apprêter, ou sur une machine dont les divers cylindres travaillent les uns à l'extension, les autres au séchage du tissu. Après cela, des cylindres donnent, s'il y a lieu, au tissu un brillant que l'on obtient également avec de lourdes calandres, puis vient le pliage, et la pièce est prête à être mise en vente.

S'il s'agit de tissus en couleurs, après un blanchiment plus ou moins parfait, selon la nuance à obtenir, la pièce est teinte, puis apprêtée.

Pour les tissus légers de coton, comme la mousseline, on est même arrivé à donner d'un seul coup la nuance et l'apprêt, en incorporant le produit tinctorial dans l'amidon de l'apprêt. Il va sans dire que ce genre de teinture n'offre pas grande solidité.

Les tissus de laine sont en général tissés écrus s'ils sont légers, les draps sont tissés avec du fil teint d'avance, de même pour les tissus à disposition, qu'ils soient de fil ou de coton, à moins qu'ils soient imprimés.

Au lieu de montrer des résultats qui ont l'inconvénient de ressembler un peu tous les uns aux autres, il me semble que les exposants de cette classe eussent mieux fait de nous faire voir un peu les procédés qui sont fort intéressants.

11 faut s'en contenter, mais il y a de quoi. Les étoffes imprimées surtout sont très remarquables, aussi bien celles destinées à la toilette que celles pour l'ameublement. Dans les vingt-cinq dernières années, ce que nous appellerons le demi-luxe, pour être poli, a fait de grands progrès dans l'ameublement, et l'on a dû chercher des teintures chatoyantes, à effet et pas chères. C'est de là que vient la recrudescence de succès des étoffes imprimées, qui sont présentées ici dans des petits salons ouverts, très joliment installés.

Les impressions pour chemises ont retrouvé leur vogue d'il y a quelques années et il y a ici des dispositions très artistiques et très gaies.

Terminons cette visite par un coup d'œil à des tentures économiques faites tout simplement de toiles d'emballage imprimées, ce n'est pas cher et cela a beaucoup d'aspect.

Encore un mot, pour décerner un bon point aux organisateurs de celte classe. Les vitrines noires, avec nom d'exposants en rouge, qui contiennent les étoffes exposées, sont à la fois extrêmement simples et extrêmement originales.

©Livre d'Or de l'Exposition - Alfred Grandin.