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Ville de Paris


Ville de Paris à l'exposition de Paris 1889

Architecte(s) : Bouvard

La ville de Paris, dont la participation à l'Exposition universelle est considérable au point de vue financier,aura, comme on sait, au Champ de Mars, son exposition particulière qui sera vraisemblablement très intéressante.

Cette exposition s'installe dans deux pavillons construits par M. Bouvard, architecte de la Ville, dans le jardin central du Palais des Expositions diverses et se faisant pendant, de chaque côté de la grande allée.

L'un de ces pavillons recevra l'exposition des nombreux services relevant de la direction des travaux de Paris, l'autre est plus particulièrement consacré aux services administratifs tels que l'enseignement primaire, les affaires municipales et départementales, l'assistance publique, les sapeurs-pompiers, etc.

La situation des pavillons ne permettait guère à l'architecte, d'ailleurs gêné par des crédits restreints, de faire des constructions bien monumentales, du moins a-t-il fait quelque chose de pittoresque.

Le remarquable rapport fait le 31 janvier dernier au Conseil municipal, par M. Guichard, va nous donner des renseignements sur les édifices.

« La très faible somme allouée pour la construction de ces pavillons, 150,000 francs, dit le rapporteur, a obligé l'Administration à prendre en location et à très bas prix, des fermes métalliques provenant de l'Exposition du Cinquantenaire des chemins de fer à Vincennes. Ces formes sont aujourd'hui en place, les deux pavillons sont clos et couverts, mais aucun travail de décoration n'y est encore commencé.

« On ne pouvait songer à y faire une décoration présentant un caractère monumental, que le crédit dont on disposait ne permettait pas de réaliser d'une façon convenable.

« Il a donc paru plus convenable de donner à ces pavillons un aspect tout spécial, approprié aux jardins au milieu desquels ils se trouvent, et l'architecte pense obtenir le résultat par des applications de menuiserie et de bois découpés et moulures avec treillages d'ornements, qui permettront une certaine richesse de décoration peinte, variable suivant les crédits qui pourront y être attribués.

« Toute cette décoration a été ou sera confiée aux sociétés ouvrières, qui seules y participeront pour les différents corps d'état : menuiserie, charpente, sculpture, moulage, peinture, tapisserie, etc. Cette décoration sera donc l'œuvre des associations ouvrières qui y trouveront ainsi une exposition toute naturelle; elle est en ce moment en voie d'exécution dans les ateliers et la pose en commencera le let février. »

Depuis que ceci est écrit, la décoration a été terminée et posée, au moins extérieurement, et notre gravure en donne une idée très complète, peut-être même un peu trop complète, car les groupes sculpturaux qui figurent de chaque côté de l'entrée ne sont pas encore en place, et j'ai bien du mal à croire qu'on y mette précisément ceux qui sont indiqués par notre gravure, attendu que le Quand même de Mercié, qui, d'ailleurs, n'appartient pas à la Ville de Paris mais à celle de Belfort, n'est pas précisément en situation à la porte d'un pavillon d'Exposition, édifice pacifique par nature, aussi bien que par destination.

Mais ce n'est point la faute de notre dessinateur, qui, consciencieusement, a esquissé le groupe de Mercié d'après des documents officiels.

On peut d'ailleurs se dispenser de le mettre là, ce groupe très beau,très énergique : il sera à l'Exposition quand même, dans la section des Beaux-Arts, où il sera bien mieux à sa
place.

©Livre d'Or de l'Exposition - Maurice Dulac.