Retour - Liste Pavillons

Guerre


Guerre à l'exposition de Paris 1889

Cette énorme construction s'étend sur une longueur de 150 mètres et est traitée dans le style Louis XIV. La partie centrale présente Parc de triomphe corinthien, et les deux extrémités sont accusées par deux grands motifs, rappelant la porte Saint-Denis. L'aspect général est imposant, les détails sont assez étudiés ce n'est pas laid, mais cela tient de la place. Ce qui est moins réussi, c'est la porte moyen âge, flanquée de deux tours crénelées qui, placé en avant de la cour où sont disposés les modèles de pièces d'artillerie, forme l'entrée principale de l'exposition militaire.

Elle comprend tout le matériel et les procédés de l'art de la guerre. Tout ce que l'homme a inventé jusqu'à ce jour pour attaquer et se défendre est là, et, avouons-le, excite la libre patriotique que tout Français porte en son cœur. L'artillerie et le génie déploient l'exactitude de leurs calculs dans tous les modèles de pièces de siège, de campagne, de forteresse, de ponts, etc.

Nous insisterons sur l'importance de l'exposition du service géographique, qui a envoyé des cartes et des instruments remarquables. La carte de la France au 80000éme, dite Carte d'état-major, y figure naturellement. L'exécution en a été prescrite, par ordonnance royale du 6 août 1817. Ce qu'il y a de plus frappant dans cette œuvre remarquable, dont la surface gravée couvrirait plus de 100 mètres carrés, et dont le travail a été fourni par près de 800 officiers ou artistes géodésiens, topographes, dessinateurs et graveurs, c'est l'homogénéité, l'harmonie qui en caractérisent l'exécution. Les 273 feuilles qui la composent, gravées par plus de 65 artistes différents, paraissent exécutés par la même main. Complètement livrée au public, elle est soumise à une révision périodique sur le terrain, et constamment tenue à jour au moyen de l'édition zincographique.

Quant a l'exposition rétrospective militaire, elle avait pour but l'histoire présentée d'une façon plus saisissante que ne pourrait le faire la lecture des livres ou des manuscrits. Elle se divise en dix parties. Dans la première, sont les souvenirs et les portraits des hommes de guerre de France, depuis le Gaulois sur son char de guerre jusqu'aux généraux;de notre époque. Nous y voyons ces guerriers, autant que possible, tels que leurs contemporains les ont représentés d'après nature. Aussi n'est-ce vraiment qu'à partir du dix-huitième siècle que la suite des portraits devient nombreuse. A côté des portraits, sont aussi les objets qui ont appartenu à nos grands capitaines, leurs armes ou leurs vêtements.

Dans la même série vient s'ajouter une collection de monuments écrits, des plus intéressants sur l'histoire de la guerre : lettres de généraux célèbres, états de situation des armées les plus nombreuses, plans de bataille, ordres du jour.

Passant des hommes aux choses, les sections suivantes nous amènent à l'histoire de l'armement et du costume. Elles embrassent également la science militaire, en suivant la longue file des engins d'attaque et de défense, on voit par quelle suite progressive d'efforts et de recherches le génie humain est arrivé aux inventions modernes.

En ce qui concerne l'époque antérieure à la Renaissance, les séries sont loin d'être complètes-, mais quelques armes et quelques souvenirs de la chevalerie ont survécu au temps et subsistent encore, comme les vestiges d'un âge disparu qui viennent, en quelque sorte, permettre à l'archéologue et à l'historien de reconstituer le passé de nos ancêtres.

Au seizième siècle, les armées prennent la constitution qu'elles ont aujourd'hui; elles se. forment en régiments. Les armes proprement dites, artillerie, génie, cavalerie, deviennent distinctes. Avec la création des régiments, les enseignes deviennent le signe de ralliement de ces réunions d'hommes, qui forment des familles guerrières, avec leurs traditions et leurs souvenirs. C'est sur ces enseignes et ces drapeaux que sont inscrits les faits d'armes glorieux de chaque corps. Lambeaux d'étoffe qui restent les insignes de la Patrie, quelle qu'en soit la couleur : drapeau noir du régiment de Piémont, à Rocroi; pavillon blanc du bailli de Suffren, dans les mers de l'Inde; drapeau tricolore delà 12e demi-brigade, à Arcole; coq gaulois du 47e de ligne, sur la brèche de Constantine. La forme est différente, mais l'idée est la même : c'est la France qui se personnifie sous ces divers emblèmes. Il importait au plus haut degré de reproduire aux yeux de tous les Français l'histoire du drapeau.

A côté du palais de la guerre, une construction spéciale est réservée à l'aérostation.

© L'Exposition Universelle de 1889 - Brincourt - 1889