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Hygiène


Hygiène à l'exposition de Paris 1889

Le palais de l'hygiène, affecte la forme de thermes romains. Trois grandes arcades, ornées de claustra, y donnent accès.

A peine entré, on est attiré par une reproduction de l'ancien tour de l'hôpital de la Madeleine, pour les enfants trouvés. Rien n'y manque, pas même le malheureux petit être qu'on vient d'y déposer et qui va disparaître lorsqu'on aura donné le signal en tirant la cloche. Près de là nous voyons une véritable exposition de poupons, avec la manière de les élever.

Une très curieuse collection de maillots montre les progrès faits depuis l'époque où l'on ficelait les enfants comme des momies, leur interdisant tout mouvement des bras et des jambes. En même temps que les tours, existait l'industrie des meneurs, qui, parcourant les campagnes, récoltaient les enfants qu'on voulait abandonner et procuraient des nourrissons. Ces pauvres créatures étaient emportées comme de la volaille dans des paniers, des hottes, des boîtes, voire de simples bissacs, dont nous voyons ici les tristes échantillons.

Plus loin, sont des berceaux de toutes formes et de tous pays ; puis les différentes manières de faire marcher les petits enfants au moyen de promenoirs, de glissières. C'est une amélioration dans le sort de ceux que nous voyons, encore emmaillotés, accrochés à un clou ou fourrés, dans un sac, suspendu à la muraille. Maintenant, les petits êtres vont pouvoir remuer et gigoter tout à leur aise, dans les chariots à roulettes qui leur permettent d'aller et venir sans tomber.

Mais l'enfant, devenu homme, doit conserver son corps sain et vigoureux. Un des meilleurs moyens d'arriver à ce but, c'est de ne négliger en rien les soins hygiéniques et la propreté. On sait combien les anciens donnaient d'importance à ce côté indispensable de la vie et avec quel luxe confortable leurs bains étaient installés. Ici, on nous montre tous les appareils modernes destinés à répandre chez nous les bienfaits de l'hydrothérapie bien entendue et comprise.

L'hygiène de cette petite pièce indispensable et retirée de nos appartements est soigneusement étudiée, et il y a une série de cuvettes en entonnoir, resplendissantes, au-dessus desquelles s'étale cette inscription révélatrice : « Appareils sanitaires. Installation du Tout à l'égout. »

Les filtres de tout système font une collection également bien intéressante, maintenant surtout qu'il est démontré que les microbes s'introduisent principalement par l'eau, et que c'est par elle que se propagent les plus terribles maladies épidémiques.

Malgré toutes les précautions possibles, la pauvre humanité est et restera sujette à la maladie et aux infirmités, il s'agit de la soulager et d'empêcher le mal de faire trop de victimes.

Voici plusieurs dessins et modèles d'hôpitaux perfectionnés qui, là encore, témoignent des efforts croissants des hommes de science pour améliorer une situation très délicate. Les études et les observations faites jusqu'à présentent démontré les nombreux inconvénients des anciens hospices, encombrement, défaut de ventilation, d'aération et d'orientation, vices de construction, etc.

Parmi les modèles d'hôpitaux approchant le plus de la perfection, on peut citer celui de Montpellier, construit par M. Tollet. C'est un établissement suburbain, contenant 620 lits et ayant coûté deux millions un quart, soit 3,640 fr. par lit, ce qui en fait le moins cher des hôpitaux français et étrangers. A Paris, l'hôtel-Dieu a coûté 40,000 fr. par lit, et Lariboisière, 20,000 ; l'hôpital Galliera, à Gênes, 16,000 fr ; et le John Hopkins, à Baltimore, 20,000.

Une annexe au palais de l'hygiène est entièrement consacrée à l'exposition de MM. Geneste et Herscher, deux ingénieurs qui ont fait faire plus d'un pas, dans la voie du progrès, aux questions de chauffage, de ventilation et d'assainissement. On y voit des appareils pour la désinfection des hôpitaux, des casernes, des écoles, etc., et leurs installations, si remarquables au point de vue du chauffage et de la ventilation, de la nouvelle Sorbonne, de l'hôtel des postes, de la prison de Nanterre, du lycée Janson de Sailly, des théâtres de Genève et de Nice., de la Banque de France, etc. Ce n'est pas tout : MM. Geneste et Herscher ont apporté aussi des perfectionnements précieux aux fours de campagne en temps de guerre, tant sous le rapport de la rapidité que de la qualité de cuisson du pain de nos soldats.

© L'Exposition Universelle de 1889 - Brincourt - 1889