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Romain


Romain à l'exposition de Paris 1889

Au début, Rome n'a connu d'autre architecture que celle de ses voisins, mais cette architecture se modifia peu à peu à travers les siècles sous l'influence des Étrusques, puis des Grecs. Bien plus, tout en conservant les traces de cette double origine, l'art romain parvint aux premiers temps de l'Empire à marquer d'un sceau original ses éléments d'emprunt.

Nous n'avons à nous occuper ici que des habitations privées, et c'est à M. Martha, auteur d'un bon Manuel d'archéologie étrusque et romaine, que nous demanderons nos renseignements.

Pendant plusieurs siècles, dit M. Martha, jusque vers la fin de la République, la maison romaine ne fut qu'une reproduction de la maison étrusque. Le centre en était l'atrium, comme en Étrurie. Le type de cet atrium variait peu. Parfois, il était entièrement couvert, mais le plus souvent il était éclairé par une ouverture carrée que laissaient entre eux les quatre auvents du toit inclinés vers l'intérieur ; au-dessous de cette ouverture, un petit bassin peu profond recueillait les eaux de pluie et les déversait au dehors par une rigole.

Les auvents reposaient sur deux traverses horizontales ou sur quatre supports verticaux. Tout alentour de cette petite cour à demi couverte se groupaient quelques chambres plus ou moins nombreuses, plus ou moins grandes selon la condition des habitants.

Dans toutes les maisons de quelque importance, on était sûr de rencontrer en d'autres annexes deux ailes latérales, sortes d'alcôves ouvertes, situées vers le fond de l'atrium à droite et à gauche, et entre ces deux enfoncements un troisième, le tout disposé comme les trois branches supérieures d'une croix.

Les deux ailes latérales servaient à garder, rangés sur des rayons, les portraits des ancêtres et ces masques de cire moulés sur la figure du mort qui, portés par des acteurs, représentaient les aïeux aux funérailles de leurs descendants. L'aile médiane complétait ce musée héréditaire en conservant tous les écrits et tous les documents qui pouvaient intéresser l'histoire de la famille, les comptes, les tessères d'hospitalité, les extraits d'annales, les éloges funèbres, les copies des décrets honorifiques, en un mot les archives domestiques.

Telle est la maison traditionnelle des Romains, celle où ne se révèle que l'origine étrusque. A l'époque d'Auguste, le goût du bien-être et du confortable, joint au désir de jouir des raffinements de l'art hellénique, vint modifier considérablement l'habitation romaine et l'embellir de toutes les élégances du génie grec. Les chambres donnant sur l'atrium ne servirent plus que de communs, comme on dirait aujourd'hui ; le maître s'y réservait une pièce pour les visites d'affaires qu'il avait à recevoir. De l'atrium, un étroit couloir conduisait dans un péristyle, grande cour ornée d'une piscine, et entourée de portiques. L'appartement où se réunissait la famille donnait d'un côté sur cette cour, de l'autre sur un jardin. Les chambres à coucher et les salles à manger s'ouvraient sur le péristyle à droite et à gauche.

Nous en aurons fini avec l'habitation romaine, quand nous aurons dit qu'une enceinte continue de boutiques l'entourait à l'extérieur.

© L'exposition de Paris - 1889