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Indou


Indou à l'exposition de Paris 1889

II vint un temps où l'art arabo-persan exerça son influence sur l'Inde, mais depuis longtemps plusieurs architectures indigènes s'étaient développées dans ce pays.

A travers la variété d'ornementation qui différencie les monuments de la vaste péninsule, il est bien difficile, sinon impossible, de relever des caractères communs. Cependant M. Garnier a cru devoir donner place à un type hindou.

Deux vastes tours assez hautes constituent presque à elles seules l'édifice, car elles ne laissent entre elles qu'un corps de bâtiment extrêmement étroit.

Le soubassement a une grande importance, et l'on peut voir sur notre figure qu'il est supérieur, en hauteur, à la moitié de la construction. Les tourelles, richement ornées, atténuent l'impression de lourdeur que fait éprouver le soubassement: elles sont munies de balcons superposés sur lesquels s'ouvrent les fenêtres. Des deux balcons inférieurs partent des colonnettes qui, par leurs chapiteaux, supportent des balcons supérieurs et se continuent par d'autres colonnettes, lesquelles servent d'appui à un entablement élégamment mouliné. Un pignon à contour ogival couronne les tourelles, et à l'intérieur est une décoration en coquille.

A quelque époque qu'appartiennent les monuments de l'Inde, les mêmes caractères y dominent toujours. « Les lignes, dit M. Buyet, se mêlent et s'enchevêtrent, l'ornementation s'étend partout; le sentiment de la simplicité, des ordonnances logiques et claires en est absent. » Dans la sculpture, « peu d'entente de la composition, et, plus le sujet est dramatique, plus la confusion est grande. Si riche et si brillant dans ses caprices que soit l'art hindou, les qualités lui manquent qui font les œuvres fortes et vraiment belles. Partout s'y manifeste la même intempérance qu'en littérature : l'imagination hindoue ignore la mesure, elle se répand en créations souvent pleines d'un charme étrange, souvent aussi désordonnées et monstrueuses; les figures et les ornements se multiplient dans leurs édifices avec la même profusion que les comparaisons et les métaphores dans leurs poèmes. » En même temps que la religion se propagea dans l'extrême Orient, l'art de l'Inde donna naissance, au Cambodge, à l'exubérante architecture khmer.

© L'exposition de Paris - 1889