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Gaulois


Gaulois à l'exposition de Paris 1889

Lorsque les Romains pénétrèrent en Gaule, le pays où devait se former, à travers les vicissitudes du moyen âge, la nationalité française, était couvert de forêts et de pâturages. Sur les plateaux, dans les clairières, au bord des eaux, partout en un mot où le permettait la nature des lieux, les Gaulois s'étaient groupés et avaient construit de grandes bourgades. Leurs habitations était assez spacieuses, rondes, faites avec des poteaux et des claies recouvertes de terre battue au dedans comme au dehors. Dés bardeaux de chêne supportaient le toit, revêtu de chaume ou de paille hachée et pétrie dans l'argile. Le mobilier comportait des tables en bois, des peaux de bête pour s'asseoir ou dormir, mais nos ancêtres étaient vaniteux et amis du brillant. Dans ces chambres nues, ils se plaisaient à étaler quelque vase d'argent, signe de richesse. Ils s'ornaient eux-mêmes de colliers, de bracelets, d'anneaux d'or, portaient des saies de laine bariolées aux vives couleurs ou semées de paillettes, rehaussaient d'or, d'argent et de corail leurs sabres et leur boucliers.

Le voyageur qui, sortant des cités civilisées de la Grèce ou de l'Italie, arrivait en Gaule, était frappé de l'aspect dur et sauvage des bourgades celtiques. Il apercevait avec quelque terreur des tètes d'hommes clouées aux portes de la ville et à celles des maisons, à côté des hures et des mufles d'animaux sauvages, « trophées de la guerre rapportés au cou des chevaux et mêlés aux trophées de la chasse. Et pourtant le Gaulois n'est point méchant : il n'est que vaniteux, n'obéit qu'au désir d'effrayer son adversaire. Il est hospitalier, accueillant, et l'étranger s'étonne de trouver une cordialité sincère chez ce chef gaulois qui lui montre avec orgueil, dans un coffre énorme, les tètes embaumées des héros qu'il a vaincus.

S’ il on en juge par la restitution de M. Garnier, la maison gauloise n'est pas directement établie sur le sol. On remarque d'abord une excavation circulaire, puis quatre énormes pierres sur les-quelles deux poutres non équarries se superposent à angle droit vers le centre de la hutte. En ce point viennent aboutir des chevrons rudimentaires qui reçoivent la couverture.

© L'exposition de Paris - 1889