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Egypte


Egypte à l'exposition de Paris 1889

La maison y était généralement luxueuse, tout particulier cherchant, dans la mesure de ses ressources, à avoir une habitation qui se rapprochât autant que possible par son aménagement et ses agréments du palais même des Pharaons. Comme la plupart des villes étaient construites non loin du Nil, on avait jugé prudent de les rehausser artificiellement au-dessus du niveau des crues annuelles. Sur l'emplacement du quartier que l'on voulait bâtir, on commençait par élever des murs épais en brique crue, qui se croisaient en forme de damier. On remplissait les intervalles avec de la pierre, et c'est sur cette base que l'on disposait les fondations de l'édifice. Généralement, les maisons étaient basses (un rez-de-chaussée, un premier étage et une terrasse couverte); elles s'élevaient entre cour et jardin. La terrasse était parfois garantie du soleil au moyen d'un toit léger, soutenu par des colonnettes de bois et peint de couleurs brillantes. Les architectes employaient comme matériaux des pierres ou des briques crues d'un pied de long sur un demi-pied de large. Les murs étaient revêtus de stucs, peints ou ornés de scènes religieuses et domestiques. Des entrelacs, méandres et ornements de toute espèce ornaient les plafonds, tandis que sur le plancher étaient étendues des nattes tressées en jonc de couleur.

Les terrasses avaient l'avantage de fournir aux habitants un lieu commode de rendez-vous tant pour s'y reposer le soir que pour y dormir en certaines saisons. Elles achevaient de donner à l'édifice égyptien cet aspect trapu et ramassé qui le caractérise. La vallée du Nil n'est pas accidentée; elle est comme une vaste plaine coupée de canaux qui se développe à l'infini entre la plaine et le désert. Or, la nature exerçant sur l'art une influence nécessaire, l'édifice égyptien devait, en principe, s'étendre beaucoup plus en longueur qu'en hauteur, il a la forme d'un vaste trapèze. Cette observation, générale pour les grands monuments, subit quelques exceptions pour l'habitation privée, où la fantaisie et les nécessités domestiques parlent toujours plus fort que l'art.

© L'exposition de Paris - 1889