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Assyrie


Assyrie à l'exposition de Paris 1889

Comme artistes, les Assyriens et les Chaldéens sont évidemment inférieurs aux Égyptiens, mais les uns et les autres ont leur part d'influence. Certains motifs d'ornementation que l'on retrouve plus tard en Europe sont, à n'en pas douter, d'origine mésopotamienne, tandis que l'Egypte se reconnaît dans la statuaire, dans la représentation du corps humain. Lorsqu'on étudie l'histoire de l'ancienne Asie, il n'est pas de peuple plus intéressant à étudier que le peuple assyrien. Ces monarques ninivites, toujours en lutte, toujours assoiffés de sang et de carnage, sont bien les spécimens les plus typiques de ce que peut produire de sauvage et de barbare une civilisation exclusivement guerrière. Dans un bas-relief qui, malgré les injures du temps, est parvenu jusqu'à nous, on voit un roi d'Assyrie assis dans un bosquet à côté de la reine. Sur une table, des mets et des coupes, en haut, dans le feuillage, la tête salée et préparée du monarque vaincu par les troupes assyriennes! Ce trait, tout répugnant qu'il est, est significatif. Les assyriens vécurent de la guerre : le jour où ils cessèrent de combattre, c'en fut fini de leur puissance.

Un pareil peuple, on le conçoit, ne songeait guère aux tranquilles jouissances de l'art, et ce n'est pas sur le bord du Tigre que l'on doit chercher les restes grandioses d'une civilisation vraiment artistique. La reconstitution de la maison assyrienne n'est pas sans présenter des difficultés. Les Chaldéo-Assyriens, n'ayant pas à leur disposition la pierre comme en Egypte, construisaient leurs demeures en argile, en briques crues ou cuites, c'est-à-dire qu'elles étaient incapables de résister aux intempéries. Aussi les ruines du bord du Tigre et de l'Euphrate sont-elles absolument informes. La maison chaldéo-assyrienne a l'aspect d'un coffre aux faces horizontales ou verticales ; la disposition en talus ne s'y rencontre pas. Les murs en briques sont recouverts de briques cuites au four, soigneusement jointes et souvent émaillées. Ils sont très épais, pour intercepter les rayons solaires, extrêmement chauds dans ce pays, et souvent cette épaisseur même obligeait l'architecte à éclairer l'édifice par le plafond. La fenêtre fut donc presque inconnue en Assyrie.

© L'exposition de Paris - 1889