Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


Retour - Liste Pavillons

République Argentine

République Argentine à l'exposition de Turin 1911

La République Argentine, par l’extension et la fertilité de son sol qui pourrait accueillir facilement 100 millions d’habitants, méritait bien de prendre part, avec son exposition particulière, à l’Exposition internationale de l’Industrie et du Travail.

Le pavillon de l’Argentine présente une grande variété de lignes et un grand souci des détails. On y monte du Pô par un escalier monumental, à deux rampes elliptiques, menant au portail d’entrée, semi-elliptique, qui se termine en haut en forme de coquille. Le vestibule est orné de deux chevaux qui se cabrent, montés par deux génies éclairant avec leur torche la route du progrès. Le groupe, vigoureusement modelé, et adapté par son allégorie au juvénile élan de la nation, est l’œuvre du sculpteur Jacques Buzzi-Reschini.

Deux hauts-reliefs, de 11 mètres de longueur sur 2 de hauteur, ornent la base de la façade. L’un représente les Campagnes de l'Argentine, l’autre le Port de Buenos-Ayres; tous deux synthétisent, par la vie des champs et la vue du port qui pourvoit de bras et d’objets fabriqués toute la nation, les deux facteurs économiques essentiels de l’Argentine.

Le corps central de l’édifice, construit sur un plan carré, lance au ciel quatre petites tours à pinacles, surmontées de boules coloriées, qui ont 35 mètres de hauteur. Le grand salon intérieur, avec une large voûte à croisées et à grandes verrières historiées qui reproduisent dans une gloire de teintes le soleil levant des armoiries de l’Argentine, est haut de 23 mètres.

Le pavillon a 60 mètres de façade, 25 de côté et une surface totale de 4000 mètres carrés. Il a été construit sur le dessin de l’architecte Rodolphe Levacher, qui a dirigé en partie les travaux de construction de la caserne des Prati di Castello à Rome et dont le beau projet pour le pont monumental Humbert Ier sur le Pô n’est pas oublié à Turin.

M. Ferruccio Zileri, attaché commercial à la Légation d’Argentine à Rome, a pris la haute direction des travaux. La préparation de l’exposition a été confiée à M. Gustave Niederlein, ancien commissaire général de l’Argentine en Europe pour l’Exposition internationale d’agriculture à Buenos-Ayres en 1910. Commissaires adjoints: le consul général d’Argentine à Gênes. M. Miguel Escalada, et le consul d’Argentine à Turin, M. Angelo Bottero. Secrétaire général : l’ingénieur Carlos De Giroda.

Si le commerce de 1865 à 1905 a décuplé, avec un surplus toujours croissant de l’exportation sur l’importation, l’élevage du bétail ne présente pas des chiffres moins éloquents à son actif: 29 millions de têtes bovines, 7 millions de chevaux, 67 millions de moutons, qui représentent une valeur totale de 19 milliards, peuplent la pampa argentine, et nous rappellent la vision lointaine des campagnes sans fin où erraient les peuples pasteurs.

Les chemins de fer ont déjà 27.500 km. en exercice, outre 11.600 en construction. Les lignes télégraphiques ont 59.125 km. et en 1910 ont transmis environ 12 millions de télégrammes, outre 800 millions de correspondances diverses. La capitale, Buenos Ayres, est le plus grand marché commercial et industriel de l’Amérique du Sud; elle compte à présent 1.300.000 habitants, tandis que, il y a à peine 40 ans, en 1869, elle n’en comptait que 177.000.

Ces chiffres, plus éloquents que tout commentaire, sont pour l’Italie un juste sujet de complaisance et d’orgueil. Car l’Italie a envoyé dans l’Argentine un million de ses fils. Les 20 millions d’hectares défrichés pendant les 40 dernières années sont en majeure partie l’ouvrage de leurs bras. Dans tous les coins de la pampa argentine, du Grand Chaco à la Patagonie, de Buenos Ayres et Rosario aux Andes, vivent et travaillent, soutien de la grandeur de l’Argentine, des Italiens de toutes les provinces. Les pavillons étrangers de la rive droite du Pô ne pouvaient avoir de plus digne couronnement que l’exposition de l’Etat qui a donné l’hospitalité à notre plus grande colonie d’outre-mer.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911