Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


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Ville de Paris

Ville de Paris à l'exposition de Turin 1911

Quittons cet endroit préféré par les visiteurs, repassons un instant le pont monumental pour admirer à gauche le pavillon de la Ville de Paris.

Le pavillon n’est pas, comme le palais principal, enchaîné par le style général de l’Exposition. Il laisse libre carrière à la riche élégance, à la magnifique et somptueuse décoration des châteaux français. Il reproduit, à côté de celui du Valentin, le château de Versailles avec une fidélité qui commande l’admiration des connaisseurs. Lignes architectoniques, motifs d’ornement, statues, irises, décorations des balcons et de l’attique, la couleur même des murs extérieurs ont été transportés du palais fastueux de Versailles sur les rives du Pô.

Le pavillon a une terrasse qui s’avance vers le fleuve; elle est ornée de groupes d’enfants et de vases Louis XIV. Sous la terrasse, une fontaine, que décore le groupe d’une Nymphe et de l’Amour, fait entendre le bruit de sa petite cascade, au milieu du jardin qui entoure l’édifice, en couvrant de fleurs les accès du pont monumental et en reproduisant du côté opposé, vers le Valentin l’exèdre des Bains de la reine à Versailles.

L’intérieur du pavillon n’est pas moins riche ni somptueux que l’extérieur. En entrant par l’ouest, la première salle offre à nos regards de magnifiques Gobelins historiques. Au premier rang est la tapisserie dite de Mardochée, exécutée par De Troy en 1740 à Rome. Quatre autres, représentant le dieu Terme, remontent à l’époque de Louis XIV. La salle, d’une extrême richesse, est complétée par des consoles, des canapés et des fauteuils de la manufacture de Beauvais, et par une exposition d’anciennes porcelaines de Sèvres.

La seconde salle peut s’appeler la salle de la tapisserie moderne ; elle contient les délicates tapisseries, d’un beau dessin, de Chevet.

La grande salle de réception carrée est décorée de gobelins modernes, entourés d’encadrements en marbres de couleur. Sur une tapisserie s’étalent les armes de Paris, avec le navire à voiles sur la mer agitée, la devise: Fluctuât nec mergitur et les insignes de la Légion d’honneur. La manufacture de Sèvres expose une statue de la Gaule et une collection de porcelaines modernes.

Les deux salles tournées vers le Pô renferment un petit musée charmant, formé de collections du fameux Musée Carnavalet.

Dans le salon de l’étage au-dessus, flanquée de deux boudoirs Louis XIV, sont exposés des tableaux, des gravures, des terres-cuites d’une Exposition rétrospective des Beaux-Arts. Le style Pompadour y déploie toutes ses séductions avec des panneaux en bois sculpté et orné de festons de fleurs, provenant de vieux hôtels démolis du faubourg St. Germain. Les consoles du plafond, blanc et or, reproduisent le plafond original qui se trouve au Château de Maison-Laffitte.

Les précieuses collections d’art et les reproductions historiques n’ont pas fait oublier les services d’utilité pratique : l’enseignement, l’hygiène, l’édilité, les rues, les transports, l’éclairage, l’assistance publique ont trouvé place dans une série de salles de l’étage inférieur; on n’a pas oublié non plus la reproduction cinématographique, dans une salle exprès, des palais et des événements les plus importants de la capitale de la France.

Le palais de la France et le pavillon de la Ville de Paris sont les principaux, non les seuls édifices construits par la nation sœur et amie de l’Italie. En restant sur la rive gauche du Pô, on peut visiter successivement les pavillons de la Ville de Marseille, de la Tunisie et de l’Agriculture française. L’Exposition de la France occupe une superficie totale de 40.000 mètres carrés.

Le Commissaire général de la France est M. Etienne Dervillé président de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée; le commissaire adjoint est M. Eugène Pralon, consul de France à Turin.

Quant à l’exposition de la ville de Paris, nous devons rappeler outre M. Dervillé, MM. Bellan et Dausset, du Conseil municipal de Paris, ainsi que les architectes Bouvard et Vincent.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911