Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


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Allemagne

Allemagne à l'exposition de Turin 1911

L’Allemagne présente un front très allongé, de 270 mètres, sur le Pô, en face le Château moyen-âge. Le pavillon occupe une position magnifique, à droite de la place où aboutit le pont monumental, au pied de la grande fontaine. La surface occupée par l’Allemagne, y compris les expositions éparses dans les diverses sections internationales, est de 40.000 mètres carrés.

L’exposition de l’Allemagne fut décidée dès le 19 décembre 1909 par la Commission permanente des Industries allemandes pour les Expositions, dirigée par le conseiller de commerce Louis Max Goldberger, président; par le conseiller Hermann Wirth et par M. Richard von Vopelius, membre de la Chambre des Seigneurs prussienne, vice-présidents.

Un comité de 115 membres parmi les personnages les plus en vue du monde industriel allemand fut aussitôt constitué pour la participation à l’Exposition de Turin en 1911. Le conseiller Busley fut nommé président du comité et commissaire général; le conseiller Ravene et le consul d’Allemagne à Turin, M. von Kuelmer, furent nommés vice-commissaires.

La large participation de l’Allemagne à l’Exposition a pour cause l’importance des échanges commerciaux entre l’Italie et l’Allemagne.

Environ les 20 % de l’importation totale de l’Italie sont formés par des marchandises provenant de l’Allemagne. Depuis 1889, sur une importation totale italienne de marchandises pour la valeur de 1440 millions de francs, plus de 156 représentaient l’importation de marchandises allemandes. Vingt ans après, en 1909, l’exportation allemande en Italie acquérait des proportions gigantesques; elle comptait 490 millions sur une exportation totale de 3097 millions.

Heureusement l’Italie n’est pas seulement tributaire de l’Allemagne; elle exporte aussi largement ses produits agricoles sur les marchés allemands. Si en 1899 il n’y avait que 95 millions de marchandises vendues à l’Allemagne sur une exportation totale de 1005 millions, en 1909 ce chiffre était plus que triplé: 300 millions sur une exportation totale de 1887 millions.

Les chiffres de 1909 nous donnent donc, en résumé, une importation d’Allemagne en Italie de 490 millions en chiffres ronds, contre une exportation d’Italie en Allemagne de 300 millions. La différence de 190 millions entre importation et exportation en défaveur de l’Italie pourra être comblée à l’avenir par une plus grande culture intensive des campagnes italiennes, en vendant toujours en plus grande quantité à l’Allemagne les fruits, les huiles, les vins, les fleurs, les œufs, les soies que l’Allemagnes ne produit pas et dont elle a besoin. Dès maintenant elle est déjà compensée en partie par l’émigration temporaire de 60.000 à 80.000 ouvriers italiens par an qui se rendent dans les districts miniers de la Prusse, sans compter le courant toujours plus fort de visiteurs allemands vers nos grandes villes historiques, nos stations climatiques des lacs et de la Riviera.

L’activité des échanges entre l’Italie et l’Allemagne qui ont reconquis ensemble leur indépendance politique, en s’adonnant aux arts utiles de la paix, ne date pas d’aujourd’hui. Les rudiments du commerce, les systèmes de banque de la Lombardie, la comptabilité en partie double, les lettres de change, les cotations des foires et des marchés furent portés en Allemagne par nos marchands qui après avoir traversé les Alpes sur les anciennes voies consulaires, allaient infuser une nouvelle vie dans les anciens sièges de la civilisation romaine sur le Rhin et sur le Danube.

Turin, d’ailleurs, a des liens spéciaux de fraternité avec l’Allemagne; les bataillons brandebourgeois, sous le commandement de notre prince Eugène, vinrent en aide à l’armée piémontaise pendant le siège de septembre 1706.

D’entrée principale du pavillon de l’Allemagne est sur la grande place de la rive droite, en face de l’entrée analogue de l’exposition française. Elle a la forme d’un portique, qui donne dans un vestibule et une salle d’honneur.

Viennent ensuite quatre grands salons rectangulaires, symétriques et rangés deux à deux, puis le salon central carré; le salon est surmonté d’un coupole de 46,50 mètres de haut, ornée au sommet de la couronne impériale allemande.

Au-delà du salon central s’ouvre une longue et grandiose galerie, à trois nefs, parallèle au fleuve.

Sous l’étage principal du pavillon, au niveau de la place et des terrasses qui donnent sur le Pô, on a pratiqué un étage inférieur qui a un développement de 1200 mètres carrés environ. Cet étage communique avec 1’ étage supérieur par des escaliers intérieurs et par une double rangée d’escaliers extérieurs, qui montent à deux salons rectangulaires, à côté du grand salon central.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911