Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


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Italiens à l’étranger dans l’histoire et dans l’art

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L’Exposition historique et artistique des Italiens à l’étranger forme la dernière et agréable surprise que nous réservent les galeries de cette section. C’est une exposition originale et très attrayante qui mérite sans nul doute d’être conservée et complétée, quand l’Exposition sera finie. En face de la pauvreté et des plaies causées par notre émigration, plaies auxquelles on ne peut pas toujours apporter un soulagement, cette collection réconforte le cœur et l’esprit, en montrant toute la noblesse du génie italien qui a disséminé royalement ses œuvres dans toute l’Europe.

L’exposition historique et artistique se compose de photographies d’œuvres d’art italien à l’étranger et de portraits d’Italiens qui se sont rendus célèbres hors de l’Italie. On le voit, le champ de l’exposition serait immense; aussi n’est-elle qu’un essai de ce qu’on pourrait faire avec plus de temps et de recherches. Malgré cela, dans son état actuel, elle offre déjà de précieux matériaux aux visiteurs qui la regardent avec une évidente satisfaction.

Commençons par la France. L’histoire politique générale peut déjà nous avoir appris les noms et les traits de Trivulce, général, de Concini, maréchal d’Ancre, de Pierre Strozzi, maréchal, du cardinal Mazarin, de Nicolas Gaddi, ambassadeur de François Ier. Mais bien peu connaissaient auparavant un second Pierre Capponi, fondateur d’une maison de banque à Lyon; le cardinal Laurent Strozzi, de la famille qui fonda à Lyon la grande maison de banque et de commerce; bien peu savaient que l’historique maison des Guadagni fût l’œuvre d’un architecte italien.

Le Paris artistique, on pourrait aussi l’affirmer, est en grande partie l’ouvrage d’Italiens. Le premier pont de Notre-Dame fut exécuté par Fra Giocondo de Vérone. L’église de St. Sulpice (1733-45)est l’œuvre de l’architecte Servandoni. La galerie de François Ier à Fontainebleau fut peinte par Rosso del Rosso. Et les peintures infinies du Louvre, les statues et les tombes des rois de France au Louvre même et dans l’abbatiale de St. Denis, nous redisent sans cesse, quand nous visitons Paris et ses environs, le nom d’un maître italien.

En Espagne des palais, des églises, des chapelles, des couvents, des tombeaux, furent exécutés et peints par des Italiens, de Barcelone à Saragos.se, à l’Escurial et à Tolède; de Salamanque à Séville et à Grenade.

Au Portugal, citons, entre autres œuvres d’Italiens, l’église de l’Estrella à Belen, bâtie sur le type de St. Pierre de Rome; le monastère des Jeronimos, aussi à Belen, le palais royal d’Ajuta, le Théâtre national de Lisbonne, la cathédrale de Porto.

Nous trouvons aussi des monuments italiens à Londres, où la statue de Richard Cœur-de-Lion du baron Marocchetti rappelle, par sa perfection, le monument d’Emmanuel-Philibert, et, par son épée levée, la statue de Char les-Albert, à Turin, du même auteur.

Les artistes italiens n’ont pas craint de pousser jusqu’au nord, en Belgique, où, par exemple, la cathédrale de Namur (1751-67) fut élevée par le milanais Gaétan Pisoni. Ils sont arrivés à Dresde, à Berlin, à Prague, à Graz, à Vienne. Leur inspiration est restée fraîche et puissante sous le ciel brumeux de Cracovie, de Léopolis, de Varsovie et de St. Pétersbourg. Ils ont prouvé que le génie italien, à commencer par Rome qui a civilisé tout le monde connu, a toujours été universel.

On a disposé avec ordre les photographies en question en tableaux qui indiquent de suite l’œuvre des Italiens dans un pays donné.
Remarquons, à cause de sa richesse, la collection de œuvres d'art vénitien le long des côtes de la Dalmatie, à Zara, Sebenico, Traci, Lésina et Curzola, ainsi que dans les îles de l’Archipel grec.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911