Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


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Prévoyance

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D’entrée principale à l’exposition des Italiens à l’étranger donne aussi, à droite, sur la galerie de la Prévoyance.

La prévoyance sociale embrasse tout le vaste champ des sociétés coopératives, de secours mutuels, de bienfaisance; des banques populaires; des caisses d'épargne. Le sujet, d’une importance capitale pour ceux qui s’adonnent aux études d’économie sociale, est rendu facile et attrayant par de nombreux diagrammes même à ceux qui sont le moins versés dans cette matière.

A peine entrés dans la section, nous trouvons à droite les statistiques des organisations ouvrières de 1881 à 1909. Arrêtons-nous un instant, devant un des diagrammes exposés, celui qui résume les statistiques des ouvriers organisés et libres. Sur 1000 ouvriers qui travaillent dans les industries, il y en a en Lombardie un peu plus de 100 d’organisés, en Piémont et en Ligurie 150 environ, en Emilie 350; le minimum se trouve dans la Vénétie et en Sardaigne avec un peu plus de 50. En passant à l’agriculture, sur 1000 laboureurs nous en avons en Ligurie à peine 10 d’organisés, en Piémont 40, en Lombardie 50, en Sicile 80 contre 125 pour l’industrie, dans les Abruzzes et les Pouilles 100 contre 80 dans l’industrie, dans l’Emilie 300 contre 350; dans la Vénétie il y a presque balance avec 50 contre 60. Ces chiffres nous expliquent, par exemple, la fréquence des grèves agraires, des luttes à outrance entre propriétaires et associations en Emilie.

La proportion élevée des agriculteurs organisés dans la Basse-Italie dérive certainement du fait que l’industrie agricole est presque la seule de ces régions.

Des tableaux spéciaux expliquent le phénomène de l’immigration périodique intérieure des cultivateurs vers « l’Agro romano », vers la Maremme de Grosseto et vers le Plateau des Pouilles à l’époque des récoltes.

Passons au crédit. Nous lisons, à gauche, de nombreuses données statistiques qui montrent tout le chemin parcouru en Italie par l’épargne pendant ces dernières années.

Les Caisses d’épargne ordinaires avaient le 31 décembre 1910 pour 2500 millions de dépôts, tandis qu’en 1891 ces dépôts ne montaient qu’à 1200 millions. Le capital déposé a donc plus que doublé en vingt ans.

Quant aux Banques populaires on peut étudier un intéressant parallèle entre les Banques italiennes (type Luzzatti) et les Banques allemandes (type Schultze-Delitzsch). Glanons les données les plus importantes: les Banques populaires italiennes sont au nombre de 690, avec 510.222 associés; les Banques allemandes sont au nombre de 1022 avec 627.192 associés; la moyenne pour chaque Banque italienne est de 726 associés, tandis que pour les Banques allemandes elle est seulement de 614. Le capital versé est, en chiffres ronds, de 98 millions pour les Banques italiennes (147 mille francs en moyenne par banque); pour les Banques allemandes, de 268 millions (263 mille francs par banque). Les réserves sont de 57 millions pour les Banques italiennes (86 mille francs par banque) ; pour les allemandes, de ni millions (109 mille francs par banque). Les dépôts atteignent pour les Banques italiennes 971 millions (1 million 407 mille francs par banque); pour les allemandes, 1 milliard 324 millions (1 million 296 mille francs par banque). Les prêts et escomptes pour 1908 s’élèvent pour les Banques italiennes à 1 milliard 689 millions (2 millions 549 mille francs par banque); pour les allemandes, à 2 milliards 369 mille francs (2 millions 312 mille francs par banque). Les intérêts bruts de l’exercice se balancent presque: 5,57 % pour les Banques italiennes, 5,52 % pour les allemandes. Les intérêts nets du capital social atteignent 13,88 % pour les Banques italiennes et à peine 9,40 % pour les allemandes; le dividende moyen distribué est de 8,34 % pour les Banques italiennes et de 6,18 % pour les allemandes.

Les Banques populaires sont aussi classifiées selon la condition des associés et le taux de l’intérêt distribué.

Parmi les nombreuses expositions spéciales, nous citerons particulièrement à cause de la modernité de leurs buts celle du Bureau provincial du Travail d’Udine, du Bureau du Travail de Vérone et de la Maison nationale de Prévoyance pour les accidents des ouvriers dans le travail.

La galerie de la Prévoyance débouche dans celle des Italiens à l’étranger, la section des journaux publiés à l’étranger et les monographies coloniales. La prévoyance continue au contraire, à cet endroit, à droite de la galerie que nous avons parcourue, avec les deux sections de l’économie sociale italienne et française. Cette seconde galerie est très longue et se déroule entre une double file serrée de stands.
L’exposition embrasse les sociétés les plus diverses; rappelons brièvement la mutualité scolastique italienne, la société de secours mutuels entre les sourds-muets de Milan, les pieuses maisons de travail et orphelinats qui exposent les travaux exécutés dans leurs ateliers.

La section d’économie sociale française qui fait suite à l’italienne, compte aussi de nombreux exposants: caisses d’épargne, associations ouvrières, compagnies d’assurances, sociétés philanthropiques, tableaux d’institut de vaccination, sanatoriums. Parmi les œuvres de prévoyance les plus délicates et les plus intéressantes notons celle de la Mutualité maternelle, pour secourir les mères pauvres et l’Association, pour les pensions aux orphelins des employés des chemins de fer français.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911