Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


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Défense du pays

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L’exposition de la Guerre a été placée ici, parmi les arts de la paix, avec un nom, défense du pays, qui témoigne de l’évolution accomplie durant ces dernières années dans la conception de son office. La guerre, selon son ancienne signification, s’efface rapidement et insensiblement de notre patrimoine d’idées et d’idéaux, comme un reste de barbarie inutile, pour se restreindre à la fonction sociale de défendre l’intégrité du pays.

On peut noter aussi la transformation de l’idéal de la guerre dans l’arrangement de l’exposition. L’artillerie expose encore, il est vrai, les modèles des canons fabriqués par l’Arsenal de constructions de Naples, les projectiles sortis de l’Atelier de Gênes.

Mais la plus grande partie est réservée aux expositions pacifiques du génie, du commissariat, des subsistances et nous présente des modèles très réussis de ponts improvisés, de lignes aériennes de transmission, d’uniformes militaires, de sacs, de harnais. Plusieurs reliefs montrent en action la vie de la caserne et de l’hôpital; il y a le nouveau manège couvert de l’Ecole de cavalerie de Pignerol, la caserne d’infanterie de Côme, l’hôpital militaire du Cœlius à Rome, le projet, à l’échelle de 1 : 100, du nouvel hôpital militaire de Turin, comprenant une superficie de 8 hectares et un groupe de constructions qui le font prendre à première vue pour le plan d’une nouvelle ville.

Une part très importante est réservée à la Croix rouge qui expose des tentes, des ambulances, des caisses de secours; des photographies d’écoles d’infirmières volontaires, recrutées souvent parmi les plus nobles dames de l’aristocratie italienne. L’exposition de la Croix rouge est rendue plus attrayante par deux dioramas qui nous font assister, l’un à une scène isolée, improvisée, d’ambulance, l’autre, à la Croix rouge attachée aux manœuvres militaires de montagne.

L’exposition de la défense du pays se termine par les travaux de l'Institut géographique militaire de Florence qui est en train de préparer la révision générale de la carte topographique d’Italie à l’échelle de 1 : 100.000. Notons encore avec plaisir l’exposition des travaux de l’Institution des filles de militaires, dont peut être fière la prévoyance militaire italienne et dont s’enorgueillit Turin qui lui donne l’hospitalité, et enfin, la dernière par sa place mais au premier rang par son importance, l’exposition de l'Institut national pour les bibliothèques des soldats. L'Institut a eu l’idée géniale qui s’est rapidement développée, de former de petites bibliothèques de régiments, de 25, 50, 75 et 100 volumes. En un peu plus de deux ans, de 1908 à 1910, l’Institut qui a son siège à Turin (place Venezia) a distribué environ 32.000 volumes, dont 27.000 à titre gratuit, entre 600 régiments, stations de carabiniers, hôpitaux militaires, infirmeries, établissements pénaux, écoles et institutions diverses. Notons, entre ces dernières, la légation de Pékin, les bibliothèques de bord des navires Charles-Albert, Vettor Pisani et Volta, la garnison du Col de Tende et le corps de garde du Palais royal de Turin. Dans le Ier trimestre 1911 l’Institut a déjà distribué 4000 autres volumes environ.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911