Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


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Industries diverses

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Les expositions de la soie et de la laine ne forment, pour ainsi dire, que l’avant-garde des expositions du Pilonetto. Les galeries hautes et claires s’allongent, se croisent et se succèdent, sobrement décorées et fermées par des stores qui répandent sur les objets exposés une lumière tranquille et égale.

Parmi les industries manufacturières, à côté de celle de la laine, se dresse l’exposition collective du Cuir, industrie florissante dans toute l’Italie, mais surtout en Piémont, avec son centre de production à Turin. Le Japon a placé, en compagnie de la Chine, une exposition industrielle complémentaire dans la galerie qui regarde le Pô. Il y a des lampes de couleur, des éventails, des bibelots, des articles de sport, des jeux; on y retrouve les paravents, œuvres des fées de l’aiguille, si admirés dans le palais de l’Art Industriel.

La galerie à présent change de caractère, de teinte : les produits manufacturés ont cédé la place aux produits alimentaires. Voici de colossaux trophées de bouteilles de vins et de liqueurs; voici des fûts géants de 120, 200 hectolitres de capacité. Les farines, les pâtes alimentaires, le pain quotidien alternent avec les produits raffinés de la confiserie, avec les délicates primeurs de fruits, avec les grappes de raisin merveilleusement conservées pendant tout l’hiver. Dans une section à droite est placée l’exposition collective de l’industrie italienne du sucre.

Nous voilà entrés dans la section de l'Agriculture; elle nous retiendra longtemps. L’industrie agraire a pris de nos jours une importance mondiale grâce à l’échange de ses produits d’un continent à l’autre. De cet échange sont nées de nouvelles industries: la construction des réservoirs de transport, l’industrie du froid et des frigorifères. Partout, dans la culture de la terre, la machine complète le travail de l’homme, en se substituant à la main de œuvre toujours plus coûteuse et plus rare. Ainsi il y a le labourage mécanique, à vapeur, à benzine, électrique ; les brise-mottes, les semeuses, les batteuses, les élévateurs, les pressoirs, les coupe-fourrage, les sécheurs pour céréales, et ainsi de suite, toute une mécanique nouvelle inventée par la science et mise par l’industrie au service de l’agriculture.

L’importance de l’industrie agraire explique son caractère international et le grand développement qu’elle prend ici. On entre d’abord dans l’Allemagne, puis dans la Suisse, et de là dans la exposition agricole française. A cet endroit, l’exposition fait un angle droit, coupant ainsi la tête de la grande place intérieure du Pilonetto, et parcourant, avec l’Italie, la Hongrie et le Japon, le front de toutes les galeries successives: défense du pays, prévoyance, pour s’arrêter seulement devant les Italiens à l’étranger. L’exposition agraire s’allonge, se courbe, agile, flexible, pour former la nervure de l’exposition du Pilonetto. C’est la Mère Terre, la Grande Mère Cybèle qui triomphe de toute l’activité humaine, et à qui on a érigé ici, au centre d’une des galeries, une statue symbolique, surgissant d’un piédestal de sacs d’engrais chimiques.

Les industries minières et chimiques nous révèlent un nouvel aspect de l’industrie de la terre, en nous faisant pénétrer dans ses entrailles. Nous avons les expositions du Corps royal des Mines, de l’Association minière sarde, des mines de Brosso, de la mine de fer de Cogne, des carrières de talc et graphite de Val Chisone, l’exposition collective des fabricants de produits chimiques. Observons le curieux monument de savon érigé au roi Victor-Emmanuel II avec des blocs de savon, dont un seul pèse cinq quintaux et sculpté par le prof. César Zocchi. A l’extérieur, dans un pavillon isolé, l’exposition des échantillons des beaux marbres de Serravezza, dans les Alpes Apuanes.

Les industries minières et chimiques sont étroitement alliées à la métallurgie qui, par ses fourneaux, rend possible les procédés et les réactions moléculaires nécessaires à ces industries. L’art de façonner les métaux, aussi ancien que l’homme, reçu avec Vulcain parmi les divinités de l’Olympe, comprend le fer, le cuivre, le plomb, l’étain, l’or, l’argent à peine sortis de la mine. Il les purge des scories, les sépare des corps hétérogènes, les unit en alliages, les travaille en masses colossales et en fils très minces, en les pliant à toutes les exigences de la vie, à toutes les fantaisies de l’art, en produisant la fonte, le fer, l’acier, le bronze et toutes les créations infiniment délicates de l’orfèvrerie. La métallurgie a précédé dans l’histoire de l’humanité l’agriculture elle-même; celle-ci n’a pu transformer le pâturage en culture stable du sol que grâce aux instruments fabriqués par celle-là.

Les meubles se trouvent dans le prolongement de la galerie de la Défense du pays; on y arrive par cette section ou directement par la grande place d’entrée du Pilonetto.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911