Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


Retour - Liste Pavillons

Exposition de la Soie

manque image

L’Exposition de la Soie est la première qui s’ouvre à droite, le long de la colonnade de la grande place d’honneur.

Les idées qui ont présidé à sa préparation méritent d’être rappelées ici, parce qu’elles démontrent la vitalité de l’industrie même et la forte organisation des industriels qui s’y sont consacrés en Italie. Chaque maison a renoncé à une exposition individuelle, pour réunir les produits de ses filatures à ceux des autres maisons dans une seule et grandiose exposition collective. Les excellents résultats d’un tel anéantissement, pour ainsi dire, des individualités particulières fondues en une grande individualité générale, dirigeant l’industrie de la soie en Italie, se font tout de suite remarquer en parcourant les diverses sections de l’exposition. Guidée par une idée directive générale, l’exposition a acquis une homogénéité, une fusion d’éléments, un tel sérieux et une telle hauteur d’expression qu’elle devrait servir de leçon à toutes les Expositions de l’avenir.
Voici d’abord, à l’entrée, les quatre grandes vitrines artistiques qui reproduisent des milieux et des sujets de l’histoire d’Italie, en mettant habilement en relief les riches costumes de soie du moyen-âge.
La première époque, qui va de 1450 à 1550, est représentée par Léonard de Vinci; le grand peintre est en train de faire le portrait d’Isabelle d’Este. La période médicéenne (1150-1650) nous montre donna Aldobrandini, tout enflammée d’esprit italien, refusant de danser avec Maramaldo qui a tué Ferruccio par surprise. L’époque des Ducs de Savoie (1650-1750) est figurée par le poète Fulvio Festi qui invite Charles Emmanuel Ier à délivrer l’Italie. Enfin, Venise (1750-1850) apporte ici toute sa gaieté goldonienne avec Goldoni lui-même qui s’apprête à lire une comédie aux artistes de sa Compagnie.

Le succès de curiosité obtenu par ces vitrines artistiques, peuplées de figures plastiques de grandeur naturelle, n’est surpassé que par les dioramas exposés dans le salon contigu tenu dans l’ombre par un velarium, de sorte que toute la lumière se concentre sur les tableaux.

Les dioramas disposés tout autour du salon sont au nombre de huit; ils reproduisent par ordre chronologique les époques et les faits les plus saillants de l’histoire de la sériciculture, par rapport spécialement à l’Italie:
I. — Culture du ver à soie en Chine (3000 ans avant Jésus-Christ).
II. — Importation de la semence du ver à soie de la Chine à la Cour de l'Empereur Justinien à Constantinople (l’an 553 de l’ère vulgaire).
III. — Introduction de la sériciculture en Sicile sous Roger-le-Normand (l’an 1130).
IV. — Palais de la Soie, près d'Orsanmichele, à Florence (l’an 1400).
V. — Deux ouvriers piémontais présentent aux consuls de Lyon les tissus de soie (l’an 1530).
VI. — Emmanuel-Philibert fait planter les premiers mûriers en Piémont, dans son parc à la Vénerie royale (l’an 1557).
VII. — L'Empereur Napoléon visite Jacquard (l’an 1806).
VIII. — Le plus grand marché de cocons en Italie, à Cuneo (temps présent).

Les données historiques qui ont servi à résumer l’histoire de la sériciculture furent recueillies dès 1906, à l’occasion de l’Exposition de Milan, dans un opuscule par J. B. L. De Angelis, secrétaire des Associations d’industrie de la soie. Sur leurs indications le peintre J. B. Carpanetto dessina et exécuta, avec la collaboration de l’ingénieur Adolphe Dalbesio, les différentes compositions. Carpanetto est aussi l’auteur de l’allégorie de la façade de l’édifice et des décorations de la grande salle de l’exposition.

Les tableaux historiques des vitrines furent dessinés par le professeur Emile Magistrelli de Milan, avec l’aide du baron Bugatti-Valsecchi; c’est sous leur direction que les costumes furent exécutés avec une scrupuleuse fidélité historique par M. Adelchi Zamperoni, de Milan.

Visitons maintenant rapidement l’exposition proprement dite.

Le salon central comprend l’Exposition collective des fabricants de Côme. Les brillantes étoffes à la mode, disposées avec goût et art dans de riches vitrines par M. Thomas Petersen, produisent par leur disposition de délicats et raffinés effets de teintes. L’Association de Côme expose aussi dans une autre salle les étoffes pour l’exportation. Les autres vitrines éparses tout autour renferment les produits des principales maisons piémontaises, lombardes, toscanes et ombriennes.

Les salles suivantes présentent l’exposition des vers à soie, des échantillons de cocons, l’exposition didactique et statistique, avec d’importants diagrammes et cartogrammes sur le mouvement industriel et commercial dans toutes les branches de la sériciculture, recueillis et arrangés par les Associations de l’industrie et du conditionnement de la soie de Turin et de Milan.

Le pavillon comprend encore des machines de filature, divers outils et instruments de précision pour le pesage de la soie.

L’exposition de la soie, riche, variée, et arrangée avec une élégance de bon goût dit aux visiteurs, même sans chiffres, toute l’importance de cette industrie en Italie. Notre production n’est inférieure qu’à celle de la Chine et du Japon et en soutient victorieusement la concurrence.

L’exposition est due à l'initiative de l’Association de l’industrie de la soie et du ver à soie du Piémont qui a son siège à Turin, de l’Association de l’industrie et du commerce des soies en Italie, de Milan ; de l’Association italienne des fabricants de soieries de Côme et de l’Association italienne des reproducteurs de vers à soie, de Milan.

Le Comité exécutif est composé du président M. Craponne, et des vice-présidents MM. Maxime De Vecchi, Albert Clerici et Amilcar Redaelli qui dirigent chacun une des quatre associations organisatrices de l’exposition.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911