Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


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Parc des Amusements

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Le passage souterrain du pont Isabelle et une entrée secondaire sur le même pont permettent de pénétrer dans la troisième partie de l’Exposition, située en amont, sur les rives du Pô.

Cette vaste exposition que le visiteur voit s’ouvrir devant lui à l’improviste, il n’en soupçonnait même pas l’existence, Le pont Isabelle qui avait marqué la limite extrême des Expositions de 1884 et de 1898, sert ainsi aujourd’hui d’entrée à une exposition aussi importante que celle du Valentin d’où nous venons de sortir.

L’Exposition a une gaie ouverture : le Parc des Amusements.

Les jeux mécaniques, les chevaux de bois, les roues géantes, les montagnes russes, les toboggans, qui auraient troublé le calme sévère du Valentin, ont été réunis ici dans un grand parc qui fait les délices des petits visiteurs et même des grands. Il y a plus de 15.000 mètres carrés de terrain, sur les deux rives, consacrés aux distractions; ils nous font penser au Tivoli, au Luna-Park, à la Kermesse et aux autres parcs d’amusements à l’étranger.

Si la rive gauche abrite les amusements mécaniques, sur la rive droite, au contraire, surgit toute une ville orientale en miniature. L’Orient, qui exerce un si grand charme sur l’esprit des peuples occidentaux, a dressé ici, au bord de notre fleuve le plus important, ses tentes, ses coupoles basses, ses minarets, ensemble varié et pittoresque s’il en fut. Les palmiers flexibles ont levé vers le ciel leurs troncs minces qui ombragent de blanches maisons mauresques, des caravansérails, des huttes de sauvages, des chameaux s’avançant, comme dans le désert, d’un pas grave et balancé.

La ville orientale se divise en plusieurs sections qui donnent une idée de la vie et des mœurs des pays qu’elles représentent. Voici l’Egypte, on la revoit volontiers, après le Village égyptien de 1884 et la Ville du Caire à Milan, en 1906, avec sa grande Mosquée, l’Ecole, le Harem, le Café. Près de l’Egypte, l'Algérie et la Tunisie. Plus loin, on s’avance jusqu’au centre de l’Afrique avec les villages du Congo, du Sénégal, du Niger, du Dahomey, de Madagascar, où la civilisation européenne pénètre tous les jours davantage parmi les nègres aux corps à moitié nus, aux faces larges et plates, aux yeux écarquillés ou au rire enfantin errant sur leurs dents blanches.

La vie orientale, transplantée sur les côtes septentrionales de l’Afrique, tire son origine de l’Asie. Celle-ci est représentée ici par le Siam, la Chine, l’Indo-Chine et le Japon. Les scènes, peintes avec un goût exquis et un cachet inimitable de couleur locale par Jusseaume, artiste décorateur des deux plus grands théâtres de Paris, intéressent non seulement ceux qui visitent le parc pour s’amuser mais aussi ceux qui se plaisent à étudier l’histoire de l’humanité. Elles montrent le passage graduel, presque imperceptible, des huttes des sauvages, du Congo aux premières habitations du Sénégal ornées de décorations rudimentaires et le progrès siamois, indochinois et japonais qui témoignent tous d’une grande affinité ethnique.

Le parc des amusements a été organisé par M. Ernest Pourtauborde, qui avait déjà arrangé les expositions analogues du Cambodge et de l’Algérie à l’Exposition Universelle de Paris, en 1900.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911