Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


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Province de Turin

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Le point culminant de la rive gauche du Pô, dominant le Parc des Amusements, est occupé par l’Exposition des Travaux publics qui se rattache à celle du materiel des chemins de fer. Les galeries des deux expositions forment une seule ligne courbe de colonnades, surmontées par des frontons et des coupoles qui d’une part regardent la colline et de l’autre se détachent, avec leur masse imposante, sur le fond bleuâtre des Alpes. La grande place, divisée en parterres, descend en pente douce jusqu’à l’entrée du pont provisoire du Pilonetto.

La Province de Turin est au commencement de l’exposition des travaux publics. Comme la ville de Turin nous a donné dans son pavillon, à l’entrée du cours Victor-Emmanuel, la preuve de son activité, ainsi la Province de Turin expose ici l’état des problèmes importants qu’elle a à résoudre. Cette Province, avec 10.233 km. de superficie et 1.147.555 habitants (en 1901) est la quatrième d’Italie pour son étendue, après celles de Cagliari, Rome et Sassari, et la quatrième aussi pour sa population, après Milan, Rome et Naples. N’oublions pas que cette étendue de terrain comprend en grande partie la zone montagneuse, avec de fortes inégalités de terrain à surmonter, d’impétueux torrents à régler, de vastes régions sujettes aux avalanches à reboiser.

Après avoir examiné dans le vestibule la carte de la province même divisée en zones selon son altitude, nous trouvons aussitôt dans un premier salon à gauche, les études pour la canalisation du Pô.

La rectification du cours du Pô et sa navigabilité sont un des problèmes économiques qui intéressent le plus non seulement Turin, mais tout le Piémont. Ce sujet, d’une grande actualité, se rattache aux études qu’on fait à présent pour rendre le Pô navigable de Pavie à Venise.

Les cartes exposées montrent le projet de canal navigable de Turin à Pavie, en passant par Monferrat, et un second projet pour rendre le fleuve navigable en amont de Turin, en corrigeant son cours entre Moncalieri et Casalgrasso. Napoléon Ier allait plus loin encore dans les desseins inspirés par son génie et faisait étudier le projet d’un canal grandiose, navigable de Savone à Turin, passant à travers les Apennins. Mais même en se reliant à la mer par la route plus longue de Pavie et Venise, le commerce par voie d’eau apportera déjà une augmentation considérable de trafic dans toute la zone piémontaise.

Dans la première salle, la Députation Provinciale nous fait de suite entrer dans le vif de la question routière avec une exposition des matériaux d’empierrement, des pierres cassées du Pô au gravier du Sangone, du serpentin du Canavese aux différents calcaires des Dolomites. De sujet, aride par soi-même, est rendu attrayant par le relief des Carrières de Piossasco, qu’expose la Province de Turin.

Ce relief, à l’échelle de 1 : 500, a environ 1 mètre sur 2. On y a reproduit les deux baraques pour charrier les matériaux extraits des carrières; dans la baraque inférieure fonctionne le moulin qui casse et divise les matériaux en six grosseurs différentes. A côté sont reproduites à une échelle dix fois plus grande (1: 50) les deux baraques actuellement employées. Des matériaux extraits des carrières sont de 40 mètres cubes par jour et leur prix de revient est d’environ 7 centimes inférieur à celui des matériaux qui sont dans le commerce.

Le relief a été exécuté par la dessinateur de cartes Dominique Locchi, avec le concours de son fils Titus. Un second relief grandiose, qui embrasse toute la province de Turin et les zones limitrophes, est exposé dans le Village Alpin par M. Locchi. Il est à l’échelle de 1: 100.000 et a 2 mètres sur 1,50; il va du Val Varaita au sud à Brigue en Valais au nord; de Santhià à l’est, à St. Michel dans la vallée de l’Arc, à l’ouest. Toute la grande chaîne des Alpes est comprise dans le relief en question, du Mont Viso au Grand Paradis, au Mont-Blanc, au Cervin, au Mont-Rose, jusqu’au lac de Genève et au groupe du Simplon et offre une masse qui s’élève de la plaine en produisant un effet plein de mouvement. Tous les problèmes de chemins de fer qui agitent le Piémont, de la ligne de Briançon à celles du Cenis, du Petit et Grand St. Bernard et du Mont Blanc, peuvent être étudiés et suivis avec plaisir et connaissance de cause sur ce plan.

Continuons notre tour. Aux matériaux des routes succèdent les diagrammes. Ceux-ci nous apprennent combien il en a coûté au Piémont, pendant les 50 dernières années environ, de 1866 à 1910, pour l’entretien des routes. Puis viennent différentes cartes spéciales, des chemins intercommunaux, administrés par la Province, à ceux qui mènent aux gares et qui relient les communes isolées.

La salle est complétée par un tout autre genre de services qui sont aussi à la charge de la Province. Ce sont les registres de la comptabilité de l’Asile d’aliénés royal, de l’Hospice provincial pour les enfants trouvés, avec des projets de nouveaux bâtiments plus amples et plus conformes aux besoins modernes.

La deuxième salle est tout entière consacrée au service des reboisements faits, d’un commun accord, [par l’Etat et la Province de Turin. On y voit les études et les travaux commencés, accompagnés de nombreuses photographies pour la systématisation des quatre torrents de montagnes, le Prébec, le Fornol, le torrent des Vignes et le Lémina.

La Chaire ambulante et le Bureau technique d’agriculture pour la Province de Turin exposent des échantillons agricoles et la Station agraire expérimentale de Turin, avec la collaboration de l’Ecole agraire de Caluso, différents albums.

La Province de Turin a ouvert aussi dans l’exposition spéciale de la Route que nous trouverons sous peu en faisant le tour du Pilonetto, un concours spécial pour machines routières.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911