Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


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Russie

Russie à l'exposition de Turin 1911

Du pavillon de la Turquie, avant d’entrer dans le Bourg moyen-âge, il faut visiter encore l’exposition de la Russie, qui se trouve à deux pas, derrière le Château moyen-âge.

Le palais de la Russie est une des constructions qui se détachent, comme les pavillons de la Hongrie, de la Turquie, de la Serbie et du Siam, du style général de l’Exposition, pour nous donner la ligne architectonique de leur pays. A moitié temple et à moitié palais, comme le pavillon hongrois, avec un rang de colonnes doriques qui soutiennent le massif central à coupole, il a donné l’occasion au jeune art russe de manifester vigoureusement ses forces et ses projets. De dessin de l’architecte V. A. Scinco a été exécuté par le peintre et l’architecte V. A. Subbotin. La partie artistique et décorative a été confiée au peintre aquarelliste Albert Benua.

La partie sculpturale du pavillon a une importance spéciale, par les groupes décoratifs de la façade et la frise supérieure du vestibule; ce travail a été fait sous la direction du sculpteur B. B. Kusnietzoff.

L’exposition nous présente à la fois une Russie profondément agricole, qui fournit de blé et de farine toute l’Europe, et une autre Russie très avancée dans l’industrie métallurgique.

On connaît les grandes richesses naturelles de l’Empire russe, du pétrole, du naphte de la mer Caspienne à l’or des monts Oural, à la houille du bassin du Don, aux mines de fer, de plomb et d’étain de la Sibérie. Les forêts couvrent encore la moitié du territoire et donnent un abondant revenu de bois; dans la production des céréales et du bétail la Russie tient le premier rang en Europe. L’Italie importe de la Russie spécialement du pétrole, du lin, des cocons, du blé, de l’avoine et du maïs; les 8/10 du blé étranger qui entre en Italie sont de provenance russe.

Les progrès des industries en Russie ont été très notables ces dernières années. Aux industries métallurgiques des districts miniers font pendant les industries textiles, qui ont Moscou pour centre et qui emploient 400.000 ouvriers, en transformant par an 300.000 tonnes de matière première. La grande Manufacture Russo-Américaine de caoutchouc emploie plus de 10.000 ouvriers.

En cent ans le commerce total de la Russie est monté de 190 millions de francs à plus de 5 milliards. Pour se faire une idée exacte de la puissance productive de l’empire russe, il faut se souvenir qu’il a une extension de 22 millions de kilomètres carrés, avec 165 millions d’habitants.

Signalons, entre les diverses expositions spéciales, l’atelier de papiers-valeurs du Ministère des Finances, les travaux en céramique, porcelaine, peaux, argent, des Ecoles d'art industriel et les produits des petites industries des paysans des zones moins fertiles. La dénomination de petites industries est certainement impropre, quand on pense qu’elles produisent par an un demi-milliard de francs et qu’elles comprennent les objets de bois d’usage courant, les montres, les instruments de physique, les jouets, les poteries, les tissus de toile, les broderies et les dentelles. Nous avons employé cette dénomination pour rappeler nos petites industries de montagne et montrer quelle augmentation de richesse on pourrait retirer de leur diffusion et de leur perfectionnement dans nos campagnes.

L’organisation de l’exposition a été confiée par la Douma au Ministère de l’Industrie et du Commerce, qui a délégué pour le représenter le sénateur de l’Empire Basile I. Timiriaseff, ancien ministre, avec la collaboration de M. A. B. Dobronisky, membre du Conseil métallurgique. De secrétaire général est M. V. M. Felchner, chargé des missions spéciales.

C’est la seconde participation officielle de la Russie à une Exposition internationale. Da première fut à l’Exposition de Paris en 1900. Le concours du grand empire à notre fête de l’industrie et du travail acquiert une importance spéciale, car elle vient peu après l’aide fraternelle que nous ont prêtée les marins russes, pendant le désastre de Messine, le 28 décembre 1908, et la visite du czar à Racconigi, en octobre 1909.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911