Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


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Palais du Journal

Palais du Journal à l'exposition de Turin 1911

La galerie du travail communique, au moyen de deux passages latéraux à gauche, à la fois, avec le palais du journal et avec le pavillon de l’Angleterre.

Le Journal en action, complété par l’imprimerie de 1400 que nous visiterons plus loin dans le Bourg moyen-âge, forme, avec la Mode et l’Electricité en action, la trinité des merveilles, des choses véritablement nouvelles de l’Exposition.

Le siège même que le journal s’est créé mérite une description particulière. Se détachant nettement du style à arabesques du XVIIIe siècle, sans trop d’ornements, d’une décoration sobre, il se fait remarquer, comme un solitaire, dans le grand chœur des édifices de l’Exposition. Ses lignes, quoique harmonieuses et agréables à l’œil, tiennent tout ensemble de l’atelier et de la gare; en le voyant de dehors, 011 ne peut douter que dedans on n’y travaille sérieusement.

Sa forme robuste ferait croire que le palais du journal, comme la galerie du travail, est bâti en fer; mais on sait que son âme est plus moderne encore; elle est de béton armé et cela lui permettra de survivre, seul entre tant de blanches coupoles, à l’Exposition de 1911. Symbole de la feuille quotidienne qui seule survit aux vagues houleuses des évènements qui la font naître, nous le reverrons encore, dans nos promenades au Valentin, longtemps après que sera étouffé l’écho de l’Exposition internationale.

En face du journal qui s’écrit, se compose et s’imprime en sa présence, le public éprouve le même sentiment de surprise qu’en visitant la grande salle de l’électricité en action.

Peu de personnes, en recevant chaque matin régulièrement leur journal quotidien, se seront imaginé la somme de travail qu’exige tous les jours cette frêle feuille de papier. Travail de machines de précision et travail d’hommes, auxquels les minutes sont comptées, comme aux condamnés à mort. Travail qui se fait au cœur de la nuit, quand tous reposent et que Morphée étend le filet des rêves, trompeur et charmant. Travail de tension continuelle, l’oreille prête aux appels du téléphone, du télégraphe, avec devant soi la feuille de papier que l’ouvrier linotypiste saisit, à peine remplie de lignes confuses.

Ainsi toujours ainsi, toutes les nuits, jusqu’à la dernière minute disponible, quand les caractères sont coulés et fondus dans les cylindres que la machine rotative embrasse et torture désespérément, en laissant se dénouer la longue bande des numéros qu’un fourgon au galop emportera à la gare voisine, pour les répandre sur la province aux premières lueurs du jour.

Le scrupule de la reproduction du tirage du journal a été poussé jusqu’au point de fabriquer le papier sur place, comme on a fait pour l’imprimerie XVe siècle du Bourg moyen-âge.

Le palais du journal, à deux étages, avec une superficie de 6000 mètres carrés et 105 mètres de façade, consiste en un salon central de 22 mètres sur 80, haut de 23 mètres, peint de guirlandes jaunes et vertes, et entouré d’un portique extérieur surmonté de spacieuses galeries.

Le journal en action est accompagné de diverses expositions spéciales d’une grande nouveauté et d’un vif intérêt, comme l’iconographie des journalistes célébrés, les expositions du calendrier, de la carte-postale illustrée. Naturellement, on y trouve aussi les industries parentes des machines graphiques, des encres, de la gravure, de la phototypie, de la lithographie, de la reliure.

La galerie supérieure du palais du journal, avec une superficie de 2850 mètres carrés, est occupée par les expositions de bijouterie et d’orfèvrerie.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911