Exposition internationale de l'industrie et du travail - Turin 1911

Industrie et Travail

29 avril 1911 - 19 novembre 1911


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Palais de l'Art Industriel

Palais de l'Art Industriel à l'exposition de Turin 1911

L’entrée du Parc du Valentin, à l’angle des cours Cairoli et Victor-Emmanuel II, près du pont monumental Humbert Ier, marque également l’entrée principale de l’Exposition.

C’est la plus charmante et la plus rustique des entrées, comme il convient à un parc. Pas d’arc de triomphe, pas de portique d’honneur ! A peine une courte colonnade, en style du XVIIIe siècle, gardée par quelques statues allégoriques, comme on en voit à l’entrée des villas princières de Lombardie et de Rome. Des groupes d’arbres séculaires enchevêtrent au-dessus, sur le fond du ciel, leurs branches et leurs feuillages, en tissant des arcs de verdure sur notre passage. Loin, très loin est la ville moderne, avec son bruit et son trafic, et nous pouvons rêver librement dans la poésie du bois, en face de la ligne verte de la colline, au bord des eaux tranquilles du Pô, déjà sous le charme de la ville enchanteresse que nous allons visiter.

A droite un grand palais blanc, aux faîtes élevés, à la coupole hardie couronnée d’une Victoire ailée, attire tout de suite notre attention.

C’est le palais de l’Art Industriel, où l’art décoratif a su se créer une demeure digne de lui, avant de répandre ses trésors sur le parc tout entier.

L’avenue qui y mène aboutit à un grand espace fleuri, entouré de balustrades, égayé par des fontaines qui redisent leur aimable chanson, décoré de statues qui sourient de tous côtés. L’édifice, examiné de près, révèle un grand mouvement de lignes, une abondante richesse de formes, une exquise élégance de décorations, une incomparable variété de tons. C’est le triomphe du baroque de bon goût qu’on pouvait déjà admirer dans l’entrée d’honneur et dans le Salon des Concerts à l’Exposition nationale de 1898; on l’a érigé ici en système; on l’a plié à la rude discipline de la fantaisie constructrice. C’est la richesse de style et de décorations du XVIIIe siècle qui a fait à Turin ses premières apparitions, vers 1650, avec les œuvres de Castellamonte et de Lanfranchi, pour atteindre, entre 1680 et 1720, son plein développement avec Guarini et surtout avec Juvara.

Les architectes de l’Exposition — nommons-les tout de suite pour leur faire honneur — les ingénieurs Fenoglio, Molli et Salvadori, ont fait l’Exposition tout entière dans le style du pays. Cette géniale idée a deux avantages: celui de donner à l’Exposition Internationale un caractère indiscutable de sérieux artistique et celui de révéler l’existence d’une architecture piémontaise, pleine d’idéal et d’originalité.

Le large escalier en hémicycle nous conduit à une galerie à colonnades intérieures qui renferme le grand salon octogonal, orné de niches circulaires dans les angles, riche de décorations et de statues, surmonté de la coupole haute de 45 mètres au-dessus du pavé. Cet octogone rappellera à bien des visiteurs l’octogone analogue de la céramique à l’Exposition de 1898, situé au croisement de six galeries.

Dans l’octogone et les galeries latérales sont disposées méthodiquement les diverses branches de l’art appliqué à l’industrie, comme métaux, céramiques, ameublements, décorations de pièces.

Les galeries du palais des industries artistiques se prolongent et se développent dans un périmètre originalement mouvementé, à travers les groupes d’arbres de la petite montagne située au coin des cours Massimo d’Azeglio et Victor-Emmanuel. Ces bosquets ondulés forment un cadre de fraîche verdure, d’où le palais des industries artistiques émerge, blanc et joli, avec ses lignes gracieuses et légères.

©Guide Officiel de l'Exposition Internationale de Turin 1911