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Maison Rustique du Pays de Haudorf


Maison Rustique du Pays de Haudorf à l'exposition de Vienne 1873

Cette maison ne parait pas bien remarquable par son architecture, mais plutôt par le pays qui l'a produite et qui excite réellement l'intérêt. C'est une maison en bois, de Geidel, un de ces villages de Haudorf, situé dans les pays montagneux du Nord-Ouest de la Hongrie.

Les allemand qui habitent ce versant des Karpates, dont les villes principales sont Kremnitz et Chemnitz, sont originaires des Flandres et de la Franconie du Bas-Rhin, que le roi Geisa II (1141 à 1161) appela à coloniser ce sol sauvage, pierreux, crevassé, et, en grande partie couvert de forets vierges. Ces colons avaient à combattre les éléments défavorables de ce nouveau pays, semblable à ceux de l'Amérique. Ils devaient, pour tout, s'en rapporter à eux-mêmes: ils ont dû construire leurs habitations, pourvoir à leur nourriture, faire leurs vêtements et contenter leurs besoins de luxe par leurs propres mains.

Ils se distinguent des Magyars et de Slaves de leur nouvelle patrie, par l'ordre et la discipline, par une ardeur au travail infatigable et par une force corporelle remarquable; on les a toujours considérés comme des hommes sûrs et et très honnête.

Leur nom "Haüdorfer", vient du mot Hau, qui vient de Hauen, qui signifie abattre et qu'on trouve traduit dans l'ancienne chartes par Silvae extirpatio, ce qui indique leurs occupations d'éclaircir les forets vierges des Karpathes.

Ce qui ressort de cette réminiscence historique, c'est que l'habitant du Haudorf, de la haute Hongrie, partage au sujet de son origine le sort de beaucoup de colonies allemandes, qui, dans les derniers siècles, après l'époque de la fondation des villes, en Allemagne, ont été transportées dans les pays slaves et magyars de l'Est.

A un autre point de vue plus important, les Haudorfer de la haute Hongrie différent essentiellement de colons semblables du moyen âge; car ils sont, encore aujourd'hui, les même qu'il y a cinq ou six siècles. On dit toujours que l'histoire n'a point d'arrêt, amis ici, l'exception à cette règle parait avoir eu lie.

L'habitant du Haudorf du dix-neuvième siècle ne participe pas du tout aux conquêtes immenses de la civilisation moderne. Sur son terrain, d'une nature sauvage, il vit comme son aïeul a vécu, il y a des siècles; en autres choses il ne compte que sur lui-même, et chacun satisfait, dans sa petite maison ses besoins journaliers. Il met des souliers faits par lui, de la toile qu'il a tissé, des pantalons et des vêtements cousus à la maison, jusqu'au bonnet de peau de brebis et au feutre aux larges bords, tout est fabriqué de ses mains. C'est lui-même qui construit sa maison, et son art de construction s'est transmis de père en fils, de sorte que la maison, construite à Geidel et exposée au Prater, ne diffère en rien des habitations d'Haudorf du moyen âge.

Ce pays comme une île isolée, quant à sa culture et à sa langue, entourée de Magyars et de Slaves, ainsi que d'une civilisation qui ne l'atteint pas.

La maison, construite avec des poutres, de la hauteur d'un étage, est entourée d'un clayonnage composé de lattes entrelacées et soutenues, à l'intérieur, par de la terre glaise.

Par la porte d'entrée, on arrive au "Fürhaus" vestibules, et, après l'avoir traversé, on atteint le Stübel, petite chambre. Cette chambre sert de cuisine, avec un foyer sans cheminée. La fumée se fraye un passage par la porte et les fenêtres , et malgré cela l'incendie est chez eux très rare.

A droite du Fürhaus se trouve la chambre principale. Au-dessus de ces pièces, il y a, au premier étage, la Bühne ( le grenier), tandis que l'espace au dessus de la chambre est divisé en deux pièces, qui servent de magasins à provision ou du chambre à coucher. De là, une porte conduit à un balcon, qui entoure généralement la façade extérieure.

Il y a aussi un espace sous le toit, ordinairement vide et que les habitants nomment "Oeberschta".

La maison de l'Exposition est identique à celle de Haudorf. Elle contient, outre la table et les chaises, un gigantesque poêle de carreaux, puis l'Almrei, une armoire coquettement peinte, ainsi qu'un dressoir, avec sa vaisselle, puis la quenouille, le rouet et le métier.

Dans la petite chambre se trouve un grand nombre d'objets de cuisine, d'autres ustensiles dont il existe une quantité d'autant plus grande, que l'habitant de cette maison n'est pas seulement cultivateur, amis aussi mineur, chasseur, pêcheur, charbonnier, tisseur, drapier, tailleur, cordonnier, charpentier, etc.

La maison du Haudorf, à l'Exposition, a été construite aux frais de la chambre de commerce et de l'industrie de Presbourg, par les habitants du Geibel.

©L’Exposition Universelle de Vienne 1873