Retour - Liste Pavillons

Galerie des Machines



A notre époque, où la vie industrielle est si active et a pris un si grand développement, il y a peu de personnes qui n'aient pas entendu, dans une usine, le sifflement aigu de la vapeur, le ronflement des roues et des volants, le bruits des marteaux qui frappent et les outils qui mordent le fer, etc….

Mais se trouver au milieu de cent fabriques à la fois, dans un seul et même espace, des fabriques d'espèces et de genre différents, dont chacune produit des bruits particuliers, voilà un spectacle qui n'a pas d'égal! Celui qui voudra en jouir, regarder ce pêle-mêle qui trouble les sens, abandonner ses yeux et ses oreilles à un effet si étrange, n'a qu'à aller visiter la halle aux machines de l'Exposition de Vienne.

Dans cet édifice, d'une longueur de 2520 pieds, sont exposées des machines de tous les pays,dans le même ordre que les autres produits qui figurent au Palais de l'Exposition, c'est à dire en suivant la direction de l'ouest à l'est, d'après la carte géographique. Au milieu se dresse, tout le long de la halle, une forêt de colonnes en fer qui supportent la barre transversale appelée arbre de couche, sur laquelle viennent s'enrouler les courroies de transmission, au moyen desquelles les objets exposés sont mis en mouvement par de nombreuses machines à vapeur, placées en partie derrière la halle, sous les abris métalliques, et en partie dans la halle même. Au-dessous, et entre ces échafaudages en fer, se trouvent les appareils, qui fonctionnent toute la journée : les machines à tisser, et à filer, des appareils pour des fabriques de fil de fer, clous et aiguilles, des machines à fabriquer du papier, de puissantes turbines, le tout d'un aspect très varié. Notre dessin nous montre un groupe de machines de la section allemande. L'appareil en forme de coupole, qu'on voit ici, sort de la fabrique de C. Heckmann, à Berlin, et c'est une machine à raffiner le sucre; cet appareil brille comme un glace, car il est fait de cuivre jaune, poli.

La galerie qui l'entoure, et à laquelle conduisent deux escaliers en fer, est établie pour le service de l'appareil, dont les nombreux robinets et tuyaux se trouvent en haut. Ici, à l'Exposition, cette terrasse offre une vue commode, sur une grande partie de l'empire soumis au dieu Vulcain. En bas de la terrasse, un escalier en spirale mène à l'ouverture inférieure du chaudron val. Les roues puissantes, que nous apercevons à côté de cet objet, appartiennent à une machine à vapeur gigantesque, de la fabrique de Sigl, à Berlin. C'est une machine jumelle, qui représente 100 chevaux et qui se distingue par un arrangement très intéressant.

Il s'y trouve un dynamographe qui marque, au moyen d'aiguilles, le nombre des coups de piston à vapeur et qui à l'air d'être composé de cinq cadrans de montre : le premier marque jusqu'à 10 évolutions; le deuxième toujours 10 et va jusqu'à 100 évolutions; le troisième toujours 100 jusqu'à 1000 évolutions; le quatrième toujours 1000 jusqu'à 10000 évolutions; le cinquième compte d'après des 100000 et va jusqu'à un million d'évolutions.

Le public de la halle aux machines se compose d'homme du métier et d'un nombre de gens qui n'y comprennent pas grand chose, ce qui fait qu'ils admirent beaucoup plus qu'ils ne comprennent.

©L’Exposition Universelle de Vienne 1873


Le hall des machines, de grandes dimensions( 800 mêtres de long sur 50
mêtres de large et 20 mêtres de haut), était situé au nord du
palais de l'industrie parallèlement à celui-ci.
Le bâtiment était constitué de murs en briques,recouvert d'un toit en fer
et n'avait aucun ornement.
Le long du bâtiment 2 voies férrées furent construites pour faciliter
l'acheminement des différentes machines.
Ce hall n'était en fait composé que d'une immense salle où étaient
présentées les dernières innovations technologiques. Ce lieu se voulait aussi pédagogique en présentant le fonctionement des machines.
A la fin de l'exposition, ce hall fut utilisé par les chemins de fer comme
dépôt.