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Ministère de l'Agriculture d'Autriche


Ministère de l'Agriculture d'Autriche à l'exposition de Vienne 1873

Ce pavillon est situé entre le Palais de l'Industrie et la Halle aux machines; il se distingue par un beau style, qui répond au caractère champêtre que doit remporter l'édifice, et par un intérieur grandiose et pittoresque qui éveille les idées les plus agréables.

Le Ministère de l'Agriculture avait pour tâche de se montrer, à l'Exposition, d'abord comme producteur, ensuite comme modèle de l'instruction pour la monarchie entière. On sait que l'Etat s'est réservé la production du sel et du tac, et que les mines sont sa propriété. La grande influence que possède le Ministère de l'Agriculture, dans un pays comme l'Autriche, où la population rurale prédomine et dont les produits sont d'une valeur incalculable pour le monde entier, s'accuse d'ailleurs clairement dans cette Exposition.

On devait s'attendre à quelque chose d'extraordinaire sous l'administration du Ministère actuel de l'Agriculture, M. le comte de Chlumetzky, homme d'une haute instruction et dont les connaissances économiques sont de la plus grande valeur. Nous devons faire que cette attente n'a pas été trompée.

Quand il n'y aurait que la collection des 200 charrues qui y sont exposées, ce serait déjà suffisant pour exciter notre intérêt. Ce musée des charrues ne représente pas seulement un chiffre important, mais encore une grande variété de formes. Il est en même temps historique et ethnographique. L'homme du métier y trouve une source inépuisable d'études et ne peut s'empêcher d'admirer cette série d'un travail perfectionné.

Toutes les nations, tous les peuples de ce pays et de l'étranger ont contribué à cette collection, dont un des plus beaux ornements est sans contredit la Charrue de l'Empereur Joseph, instrument très ordinaire du reste, avec lequel S. M. se mit un jour à travailler, dans un champ de la Moravie, pour aider un paysan dans son ouvrage.

Nous y voyons, ensuite, les produits des salines et des mines de sel, en grandes quantités et très variés : des blocs des couleur foncée, provenant d'une fosse à sel et ressemblant presque à des rochers, ainsi que des cristaux qu'on prendrait facilement pour du cristal de roche; toutes ces belles choses, et même des lustres, sont faites avec du sel cristallisé. Il est aussi très curieux de voir les différentes couleurs du sel : rose, bleu, lilas, ainsi que leurs formes variées.

Nous y trouvons encore le tabac, en grande variété, et c'est un produit pour lequel l'Autriche peut se mesurer avec les concurrents les plus redoutables.

Il y a aussi un gros bloc en argent brut, de plusieurs quintaux, provenant des mines de Przilbram, d'une valeur de 125000 francs, qui est l'objet d'une attention toute spéciale de la part du public. Mais le chaudron rempli d'argent vif (mercure), qui a un mètre de diamètre et dans lesquels surnage un boulet de canon massif, d'un poids de 50 kilos, lui fait une sérieuse concurrence. Nos lecteurs se rappellent que ce mercure provient des mines impériales d'Idria (Illyrie).

La partie forestière y est également très bien représentée, par des échantillons de bois de différents essences et des collections d'animaux nuisibles, qui exercent spécialement leurs ravages dans les forêts. C'est là une oeuvre très utile et très instructive.

La culture de la vigie occupe, dans ce pavillon, une place favorable. On y remarque notamment une carte vinicole très détaillée et fort bien faite.

L'ensemble de cette exposition dénote enfin un arrangement et une méthode si claires, si explicites et en même temps si pittoresque, que le pavillon du Ministère de l'Agriculture autrichienne compte parmi les plus fréquentés du Prater et laisse aux visiteurs un souvenir ineffaçable.

©L’Exposition Universelle de Vienne 1873