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Marine Commerciale Autrichienne et les Etablissements Maritimes


Marine Commerciale Autrichienne et les Etablissements Maritimes à l'exposition de Vienne 1873

La visite de cette exposition de marine, situées près du canal du Danube (Heustadelwasser), au Prater, offre à chacun, qu'il soit marin ou rat de terre, tant d'intérêt, que nous croyons devoir en donner quelques détails.

Le pavillon même et les objets maritimes qui sont tout près du pavillon (la lanterne-phare avec le Sémaphore et le Téléphone, devenu si vite populaire) sont dus à la munificence du ministère du commerce, qui a consacré 42000 florins à cette exposition.

Le phare consiste en un petit édifice de 8 cotés, dont la plate forme, haute de 3 toises, est surmontée d'une lanterne en fer de 40 pieds. C'est un cylindre creux, dans l'intérieur duquel règne un escalier métallique en spirale conduisant à la lanterne, qui mesure 8 pieds. Un appareil dioptrique, composé de 20 lentilles de verre, projette de la lumière de pétrole de la lanterne, en tournant continuellement à une distance de 17 milles marins ou 4 milles allemands.

Le sémaphore est un télégraphe optique , avec trois ailes mobiles, attaché à un mat d'une hauteur de 10 toises et dont la pointe est pourvue d'une cible à donner les signaux. La mât peut tourner sur son axe.

On sait que toutes les nations maritimes ont une langue commune pour les signaux et se servent de pavillons et de feux de couleurs. Le sémaphore a pour but de faire communiquer les navires en mer avec la côte, et il est en communication avec toutes les villes du littoral.

Le téléphone est une sorte de trombone, d'une longueur d'une toise et demie, en cuivre jaune, reposant sur un chevalet à pivot, placé sur la plateforme. On peut le diriger dans tous les sens, et il fait entendre des sons tellement retentissants, qu'ils vous font trembler à une distance de 15 milles marins (3 milles et demi allemands). ces sons sont produits par une langue en métal, placée dans l'intérieur de l'instrument, au moyen de jets de vapeur provenant d'une machine placée dans la maison-phare. Les vibrations de la langue de métal peuvent être modifiées, à volonté, selon que l'on introduit la vapeur par le tuyau principal ou par le tuyau secondaire.

Le Téléphone peut, en conséquence, exécuter des airs variés et produire des sons musicaux différents, ce qui est très avantageux pour donner des signaux. La machine à vapeur est de force de 4 chevaux; mais on comprendra facilement qu'au Prater on ne fasse pas résonner le trombone à toute vapeur. Son vrai but est de signaler les écueils et les rochers de la côte, en temps de brouillard, lorsqu'on ne peut plus distinguer les feux du phare.

Dans l'intérieur du pavillon, nous remarquons un appareil de plongeurs qui est très complet. La communication de l'air se fait à l'aide d'une machine pneumatique, par un long tuyau en caoutchouc. Au-dessus se trouvent toutes pièces d'avirons et de rames.

Tout près des portes, il y a une collection complète de tous les feux en usage pour les signaux et tels qu'ils sont prescrits par le code maritime international; sur les murs se trouvent des cartes hydrographiques de la mer Adriatique.

©L’Exposition Universelle de Vienne 1873