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Ferme Alsacienne


Ferme Alsacienne à l'exposition de Vienne 1873

Nous nous garderons bien d’accompagner la description de la ferme d’Alsace, d’aucune allusion politique.
C’est un modèle de l’industrie rustique, placé au Prater, comme tant d’autres, et nous imiterons la placidité du paysan, partisan naturel de la logique des faits accomplis. Le champ engraissé de sang lui fournit un blé plus abondant. Maintenat il laboure tranquillement les sillons où hier la mort a récolté et si, par hasard, sa charrue en fouillant le sol, a mis à nu un crane, il se signe pieusement, rassure les chevaux effrayés en leur parlant en douceur, et il continue son œuvre de bénédiction. Le travaiul du nourrisseur de l’humanité est si sacré que rien ne doit le détourner de son œuvre. Tou verdoie et fleurit en Alsace, après comme avant, et le soleil rayonne sur le tapis verdoyant de la prairie ondulée par les tumuli des soldats enterrés. Les bâtons à houblon brisés par les cuirassiers de Reischoffen, dans leur charge désespérée, sont déjà remplacés par d’autres prêts à servir d’appui à la plante vivace, et des chevaux au ventre luisant paissent dans les prairies qui laissent encore voir, ça et là, les pieds de chevaux mal enterrés.

Les maison de paysan alsacien se rapprochent extérieurement des fermes de la Souabe ; elles sont composées d’un étage et d’une mansarde, qui sert de chambre à la jeune fille du paysan, précaution qui empêche les rendez-vous à la fenêtre.

Actuellement tous ces fac-simùile de logement, sont des corps sans âme. Une fois l’Exposition ouverte, quand la grappe de maïs jaune et séchée sera suspendue en longs festons au-dessous des corniches, quand on attachera au-dessus de la porte d’entrée la branche de buis bénite à Pâques, quand la jeune Alsacienne, au sein développé, avec sa coiffure noire ressemblant à un papillon gigantesque, où brille par coquetterie patriotique la cocarde tricolore, vous invitera, en passant, de goûter à ses Strasburger Knofle (Boulette de farine), vous serez charmé et vous visiterez alors avec sympathie ce souvenir vivant des fermes d’Alsace.

©L’Exposition Universelle de Vienne 1873