Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1910

23 avril 1910 - 1 novembre 1910


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Salon des Lettres Belges

Salon des Lettres Belges à l'exposition de Bruxelles 1910

Un salon des Lettres fut ouvert, en 1910, à l’Exposition de Bruxelles. Pour la première fois en notre pays la littérature était conviée à participer à la glorification de l’activité nationale. Cet événement était dû à l’intervention de M. Van Overbergh, commissaire du Gouvernement pour la Classe 3 et directeur général des Lettres.

Une commission comprenant des écrivains français, flamands et wallons avait été nommée et placée sous la présidence de M. Emile Verhaeren.

M. Van Overbergh y présenta un projet d’Exposition qui rallia l’adhésion unanime. M. Chauvin pour les Wallons, M. Coremans pour les Flamands, M. Rouvez pour les Français se chargèrent de réaliser le plan arrêté. M. Maus prêta ses bons offices pour l’arrangement et la présentation artistique des objets exposés.

Le salon des Lettres fut une nouveauté, une surprise et un succès.

Il comprenait l’iconographie des écrivains belges, des manuscrits, des livres qui démontraient l’expansion de leur influence à l’étranger, des documents bibliographiques. Il offrait au public averti des travaux littéraires; il plaçait sous les yeux de la masse des objets intéressants qui devaient aider leurs souvenirs, éveiller leur curiosité et démontrer combien était vivace l’effort littéraire.

Le jour de l’inauguration, le 5 juillet, tous nos littérateurs étaient là : Camille Lemonnier, Picard, l’abbé Verriest, Chauvin, Styn Streuvels, Georges Eekhoud, Albert Giraud, Yvan Gilkin, Henry Carton de Wiart, Henry Davignon, Valère Gille, Jules Destrée, des Ombiaux, MMlles Belpaire, Virginie Loveling, Coopman, MM. Courouble, Gaillard, Gilbert, G. Le Roy, Vermeylen, Severin, Delattre, Firmin Vanden Bosch, Coremans, Demade, Fernand Wicheler, Mussche, Du Catillon, Teirlinck, Jules Lekeu, Franz Mahutte, Louis Dumont, De la Montagne, Julius Hoste, Max Rooses, Renoz, Vrindts, l’abbé Moeller, Kinon, van de Woestyne, Blanche Rousseau, chevalier Marchai, Paul André, Arthur De Rudder, Dullaert, Maurice Sulzberger, Thomas Braun, Daxhelet, Maurice Bernard, comte Maxime de Bousies, Georges Raemaekers, Franz Foulon, Grosjean, etc.

Le Roi et la Reine sont reçus par le Ministre des sciences et des arts, MM. Braun, Van Overbergh et Auguste Rouvez.

Emile Verhaeren prononce un discours inaugural de très belle allure et souhaite la bienvenue aux Souverains.

Le Roi répond et débute en ces termes :
« Vos charmantes paroles, M. Verhaeren, me touchent profondément, et la Reine se joint à moi pour vous en remercier de tout cœur.

» Nous sommes particulièrement heureux, Messieurs, que ce soit le poète de Toute la Flandre qui nous souhaite la bienvenue au milieu de vous, parce que l’occasion nous est ainsi donnée de lui témoigner une fois de plus toute notre admiration.

» Les œuvres d’Emile Verhaeren ont magnifiquement glorifié le sol natal. Poète vraiment belge par la puissante expression de nos forces ataviques et des caractères de notre race, n’est-il pas en même temps un poète mondial célébrant la vie humaine dans ses manifestations les plus ardentes ?

» Après avoir salué une des gloires de la littérature belge, je ne puis assez vous dire, à tous, Messieurs, le plaisir que j’éprouve à me trouver parmi vous et combien je suis sensible à l’accueil chaleureux d’hommes de lettres venue des différentes parties du pays pour participer à cette fête de l’art.
» La Reine et moi, nous nous sommes fait un très agréable devoir de nous rendre à votre gracieuse invitation.

» Je félicite les amis de la Littérature d’avoir aménagé ce salon littéraire au milieu de la Section de l’enseignement de l’Exposition. Tous les degrés de l’effort intellectuel imposé à la jeunesse se trouvent réunis ainsi autour de nous, depuis l’école primaire jusqu’à l’université. Ici, au centre, est le domaine de la pensée et de l’idéal, ce domaine où, dans toute l’indépendance de leur talent, les écrivains sont les interprètes des plus hautes aspirations qui doivent embellir la vie de la Nation et en éclairer l’âme. »

En terminant, le Roi dit :
« Le pays tout entier est avec vous, Messieurs ; il vous comprend, il suit vos efforts et partage votre idéal; il rend hommage à votre labeur immense et fécond; j’en suis heureux, car, grâce à vous, la Belgique donne fièrement l’exemple d’un peuple prenant sa large place dans les plus nobles domaines du génie humain. »

L’assistance acclame chaleureusement ce discours, que le Roi a prononcé d’une voix forte. Puis le Souverain exprime le désir de se voir présenter Camille Lemonnier. Courtes congratulations, et, au moment où l’on va s’asseoir pour écouter les conférenciers, un incident charmant se produit.

La place d’Emile Verhaeren est à la gauche de la Reine, tandis que le Ministre est à la droite du Roi. Le poète, s’adressant à Camille Lemonnier, lui dit : « C’est ta place, tu es mon aîné. »

Et c’est le brillant écrivain qui se place à côté de notre jeune et charmante Souveraine.

Edmond Picard, prenant ensuite la parole, remercie tout d’abord le Roi et la Reine, caractérise leur présence comme une manifestation de fierté patriotique en l’honneur des lettres, puis continue par une conférence très applaudie.

©Livre d'Or de l'Exposition Bruxelles 1910