Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1910

23 avril 1910 - 1 novembre 1910


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Italie

Italie à l'exposition de Bruxelles 1910

Architecte(s) : Marcello Piacentini

La participation de l’Italie à l’Exposition de Bruxelles a été vraiment remarquable. Ce pays nous avait envoyé des produits de son industrie et les œuvres de ses artistes. Il avait dans les halls une place importante et dans les jardins il avait élevé un pavillon qui était bien un des plus somptueux offerts à la curiosité du visiteur. C’est, à côté des galeries où étaient exposés les objets mercantiles, le salon d’honneur. On aurait dit que c’était là la demeure magnifique où l’art seul doit trouver place. La gloire de l’Italie s’accompagne de tant de chefs-d’œuvre qu’il était juste qu’une sorte de palais fût consacré au rappel de tous les souvenirs qu’ils font naître.

Par son architecture, ce pavillon évoquait la Renaissance italienne; par ses fresques, le talent de ses peintres, et la statue du David de Michel-Ange il symbolisait la beauté de ses conceptions plastiques.

C’est l’architecte Marcello Piacentini, de Rome, qui avait été chargé de la construction de ce pavillon ; la décoration en fut confiée à Galileo Chini, de Florence, l’artiste bien connu.

Le professeur Augusto Sezanne, de Bologne, fut chargé de la décoration du salon d’honneur.

A gauche du pavillon montait un vaste escalier qui rappelait celui du Bargello, de Florence, et certaines constructions analogues de Viterbe. Cet escalier se profilait en demi-arc sur un portique inférieur, terminé par une fontaine et formant l’arrière-plan d’un jardin, comme on en voit dans les chartreuses italiennes du XIVe siècle.

Dans l’intérieur du pavillon on avait placé l’intéressante et jolie Exposition de l’« Arte popolare italiana », avec ses mille petits bibelots et ses ravissants travaux féminins ; on y trouvait aussi le bureau de renseignements pour les étrangers qui désiraient des indications sur l’Italie.

La façade de l’entrée principale, vers la grande galerie internationale, était presque toute à jour, le professeur Sezanne ayant eu l’idée d’ériger, entre deux larges fenêtres en fer forgé, une porte grandiose surmontée par un imposant arc triomphal, en fer forgé aussi, ce qui donnait à toute la façade un cachet tout à fait italien.

Mais ceci est le passé, dira-t-on. Urt pays ne vit pas uniquement des souvenirs de sa grandeur passée. Il doit marcher avec son siècle, et puisque le siècle où nous sommes est voué au travail et à l’industrie, ce sont les produits de cette activité qui feront aujourd’hui la grandeur d’un peuple. Cette activité, l’Italie nous l’a montrée non seulement par les machines qu’elle exposait dans la grande galerie, ou bien par ses statuettes de marbre, ou par ses œuvres d’art décoratif, mais aussi par les tableaux et les statistiques qui nous ont prouvé l’extraordinaire extension de ses ports, la belle organisation administrative de ses villes, le réseau de ses canaux et ses services d’hygiène.

L’Exposition du port de Gênes a été une révélation. Le plus grand stand peut-être de la Section italienne, un des plus grands même de l’Exposition, était occupé par le « Consorzio autonomo » du port de Gênes, cette administration qui fut créée il y a sept ans pour gérer le grand port italien de la Méditerranée. On a étudié et on étudie toujours à l’étranger cette organisation autonome, qui a donné la paix au travail. Le «Consorzio autonomo » de Gênes n’avait rien négligé pour faire connaître à l’étranger son port, sa vie, ses ressources, l’organisation de ses services et tout ce qui, dans l’industrie, le commerce et le travail, se rattache à son activité.

On a souvent parlé de la décadence des races latines, et de l’Italie en particulier, qui semble la principale héritière de leurs traditions. Ceux qui ont prononcé ce mot ont jugé le pays par une situation qui n’existe plus. Ils n’ont pas tenu compte des énormes progrès qu’il a réalisés dans le domaine économique, industriel et moral.

©Livre d'Or de l'Exposition Bruxelles 1910