Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1910

23 avril 1910 - 1 novembre 1910


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Angleterre

Angleterre à l'exposition de Bruxelles 1910

On doit d’abord constater qu’à Bruxelles les exposants britanniques profitèrent pour la première fois d’une organisation tout à fait officielle et gouvernementale. L’importance et l’intérêt international de la Section britannique venaient surtout de ce fait, qui a beaucoup changé les méthodes anglaises en fait d’Exposition. La réputation exceptionnelle des maisons exposantes y contribuait largement, d’autre part. On pourrait dire que le clou de la Section consistait dans les collectivités organisées par les Chambres de commerce. Il y avait des collectivités, des groupes et des sous-groupes tout à fait remarquables. Par exemple, le groupe du matériel et des procédés généraux de la mécanique (classes 19-22); les sous-groupes de la décoration et mobilier des habitations (66), des meubles (69), des tapis et des tapisseries modernes (70); le sous-groupe des bottines et des souliers (86); les grandes collectivités de Bradford, de Huddersfield et du South of Scotland (82, etc.); le groupe de l’industrie chimique (87), et le sous-groupe de la céramique (72). Il y avait aussi une collectivité très importante organisée par les propriétaires des houillières du nord-est de l’Angleterre, qui exportent le charbon.

D’autres industries britanniques avaient été souvent représentées et l’étaient encore à Bruxelles ; mais pour cette occasion l’organisation avait fait grand cas d’obtenir une représentation aussi complète que possible des industries nationales.

Les Expositions collectives où l’on montrait une série de tableaux illustrant les phases principales de la manufacture de fils et de tissus de laine — à partir de la matière première jusqu’aux habillements confectionnés -— attirait plus particulièrement la foule de visiteurs. Elles étaient d’une valeur inappréciable au point de vue de l’éducation.

Quant au sous-groupe des bottines et souliers, on put y constater la suprématie de la manufacture anglaise sur la concurrence américaine dans cette industrie.

Le Ministère de l’intérieur avait mis, de son côté, en vue de bien intéressants modèles et illustrations. Ceux-ci avaient rapport aux méthodes et aux appareils employés pour la santé, la sûreté et le sauvetage des ouvriers dans les fabriques et les mines.

Une Exposition photographique arrangée sous les auspices du Ministère de l’agriculture attirait encore l’attention d’une manière spéciale sur les différentes races de chevaux, de bétail, de brebis et de porcs élevés en Angleterre.

Dans le hall des machines il y avait des installations complètes pour la manufacture de fils et de tissus de coton et de lin. Les machines et les machines-outils montrées en mouvement avaient été soigneusement choisies, de sorte qu’elles donnaient une idée assez juste du haut niveau atteint par ces industries dans la Grande-Bretagne.

Inutile d’ajouter que le compartiment réservé aux modèles de navires de guerre et de commerce était chose unique dans toute l’Exposition.

Après l’incendie, l’Angleterre s’acquit de nouveaux titres à notre admiration, à l’admiration de tous les visiteurs. Aussi furent-ils nombreux à la Section anglaise reconstituée en la Salle des fêtes.

Là-bas, de l’autre côté de la Manche, le malheur une fois connu dans tout ce qu’il avait de radical ; les commerçants informés qu’il ne restait de leurs riches installations que des cendres ; le Gouvernement britannique averti que des ferrailles tordues représentaient seules, au milieu de l’aire calcinée, la puissance commerciale de l’Angleterre; aussitôt que l’on eut appris tout cela, un même sentiment souleva les poitrines : l’enthousiasme !

Oui, l’enthousiasme ! Il sembla que l’active et vivante Angleterre, à cette nouvelle, ne prît pas une seconde de temps pour supputer les formidables pertes; le peuple anglais fit en cette circonstance comme un homme vif, bien portant, bien musclé, qui riposte à un coup, d’instinct, avant d’avoir senti le mal. C’est l’impression de ceux qui assistèrent aux réunions de Londres. L’avis fut unanime : En avant pour une nouvelle Exposition ! Et, afin que l’on pût de suite se mettre à la tâche, réaliser ce beau rêve, voir réunis de nouveau, le plus vite possible, toutes les productions de la Grande-Bretagne, le Gouvernement prit, sans lésiner, tous les frais à sa charge. Le geste est beau, utile, d’un bel enseignement, et nous pensons qu’il en est peu de semblables qui soient aussi propres à faire connaître la richesse d’une nation, en même temps que la solidarité d’un gouvernement avec le peuple qui en fait la puissance.

En un mois l’Angleterre reconstitua sa section. Ce fut un tour de force. Ce fut un coup de baguette d’enchanteur ! La Grande-Bretagne se montra claire, nette, propre, toute en ordre, ornée d’étincelantes vitrines, riches et nombreuses, parée de joyaux neufs et inédits, avec tout son monde d’exposants, alertes, frais et corrects, comme si tous ne venaient pas de se livrer à un labeur incessant, et comme s’ils avaient eu bien le temps de se reposer des fatigues de la victoire.

Bravo pour l’Angleterre et l’énergie anglaise !

©Livre d'Or de l'Exposition Bruxelles 1910