Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1910

Oeuvres d'Art, Travaux Scientifiques et Produits de l'Industrie et de l'Agriculture de toutes les nations

23 avril 1910 - 1 novembre 1910


Retour - Liste Pavillons

Espagne

Espagne à l'exposition de Bruxelles 1910

Le pavillon espagnol a été une des perles de l’Exposition de Bruxelles. M. de Escoriazza avait eu l’heureuse idée d’en faire un spécimen du style mauresque et, mieux encore, d’en emprunter l’architecture au monument le plus célèbre de cet art merveilleux, c’est-à-dire à l’Alhambra de Grenade, dont certaines parties furent reproduites exactement par des ouvriers spécialistes de l’antique cité andalouse, sous la direction de l’architecte conservateur de l’Alhambra, M. Modesto Cendoya.

Le pavillon espagnol du Solbosch représentait la fameuse Cour des Lions dont nous donnons une vue photographique.

« Avant de pénétrer dans l’Alcazar, au cœur même de l’Alhambra, écrit un publiciste français, il semble qu’on ait épuisé tout sa capacité admirative pour le paysage et pour les jardins; mais, dès qu’on a franchi le seuil et que soudain, comme par un sortilège, on se trouve enfermé parmi les décors fantastiques de la Cour des Lions, de la Cour des Myrtes, de tant de salles merveilleuses, il faut bien un peu oublier la nature et trouver d’autres réserves d’admiration pour l’art des hommes, qui n’a jamais atteint plus de richesse et de raffinement : on reste ébloui devant les courbures exquises des arcs, la gracilité des colonnades; l’œil se perd dans la conque des plafonds creusés et recreusés d’alvéoles, taillés de mille facettes, hérissés de pendentifs, dans les guipures de stuc d’une délicatesse inouïe, où les caractères cabalistiques se mêlent à la fantaisie des plus folles arabesques... Il n’y a qu’un mot pour rendre cela : c’est un rêve des Mille et une Nuits ! »

Construit d’après un pareil modèle, le pavillon espagnol ne pouvait manquer d’attirer la foule des visiteurs.

La cour était exclusivement réservée à la floriculture, ce qui en grandissait le charme. Le palais comprenait aussi une salle souterraine de 500 mètres carrés. On y trouvait les stands des principaux producteurs des vins et liqueurs de l’Espagne. On pouvait les y déguster. Les grandes galeries comportaient une superficie de plus de 1,000 mètres carrés et étaient réservées à l’industrie et à l’agriculture. Les œuvres les plus saillantes de l’art espagnol, ancien et moderne, trouvaient place dans une somptueuse salle d’honneur. L’étage, et notamment la tour, comportaient une terrasse d’où l’on pouvait jouir d’un panorama incomparable sur l’Exposition tout entière.

Le palais espagnol a largement contribué au succès de notre World’s fair.

©Livre d'Or de l'Exposition Bruxelles 1910