Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1910

23 avril 1910 - 1 novembre 1910


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Eaux et forêts, Chasse et pêche

Eaux et forêts, Chasse et pêche à l'exposition de Bruxelles 1910

Un magnifique palais, situé entre les pavillons des colonies françaises et l’avenue Victoria, érigeait son architecture blanche comme neige sur le ciel éclatant. C’était d’un effet très heureux, très enlevé, très plein air, et, dès l’entrée du palais, on trouvait naturel d’y voir de la verdure et d’y entendre murmurer des jets d’eau.

A noter, entre mille choses, une entreprise assez nouvelle et qui mérite beaucoup d'être encouragée : c’est la plantation sur les terrils, on sait que les terrils sont ces amas de scories d’usines, formant dans les pays industriels presque des collines, tant elles s’exhaussent, et qui étaient incultes jusqu'en ces dernières années. A la suite d’études faites dans des instituts comme celui de Gembloux, on a essayé de l’arboriculture sur ces terrains qui semblaient devoir rester morts à la végétation et dont le noir ensemble suffit à endeuiller l’aspect de toute une contrée. On y a planté des charmes, des bouleaux, des ormes, des peupliers, des robiniers, des aulnes et des hêtres. Ces espèces y ont réussi.

On trouve des spécimens de ces nouvelles cultures en divers points de la province de Hainaut, notamment à Pâturages. A Charleroi, on a pu voir un petit bois très vert et robuste, d’essences variées, au pied de la gare, établi sur un ancien terril. Avant d’entreprendre de telles plantations, il faut évidemment avoir laissé s’écouler, depuis l’abandon du terril, un temps suffisant, de quinze à vingt ans, pour permettre à la fermentation des matières ferrugineuses et sulfureuses d’avoir atteint l’épuisement complet. Le gazonnement naturel du provoqué doit aussi, durant quelques années, précéder les plantations.

Autre curiosité : la station d’Overmeire, fondée il y a quelques années par le docteur Rousseau, montrant un ensemble très complet d’études lacustres. La station a un programme scientifique et un programme d’applications pratiques. On y étudie le plankton des différentes eaux et la propagation du plankton. Cet élément animal et végétal constitue la nourriture des poissons. Son étude a donc les plus grands rapports avec la pisciculture. Les maladies des habitants de nos eaux ont également donné lieu à de nombreuses études dont les résultats instructifs étaient clairement exposés.

La station d’Overmeire résume ainsi son programme, fort étendu :
1° dresser l’inventaire qualitatif des productions animales et végétales des eaux du pays et constituer une collection qui sera remise à l’Etat;
2° dresser l’inventaire quantitatif de ces productions, c’est-à-dire déterminer les différentes associations, groupements d’espèces qui constituent la « personnalité » des flores et faunes locales ; 30 étudier les mœurs et l’anatomie des plantes et animaux d’eaux douces.

Terminons par des éloges à toute cette Exposition et au compartiment de l'Ecole des pupilles de la pêche. Cette œuvre fut fondée par le Prince Albert en 1906. On remarquera, dans le discours du fondateur, ces jolies paroles que la direction a prises pour ligne de conduite : « Dans cette école flottante, disait le Prince, nous établirons un régime paternel : il faut que l’on y soit heureux ». Ces simples mots, bien inspirés, ont fait fortune.

L’Exposition fut organisée par l’Œuvre de l’Ibis. Ce fut un des stands à succès de la Section, propre et net dans sa correction de discipline maritime, avec la petite émotion qui fait toujours naître l’image de l’enfant frêle en contact avec la mer terrible !

©Livre d'Or de l'Exposition Bruxelles 1910