Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1910

23 avril 1910 - 1 novembre 1910


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Plaine des Attractions

Plaine des Attractions à l'exposition de Bruxelles 1910

Quand, après avoir traversé le pittoresque quartier des Colonies on arrivait au pont jeté sur l’avenue du Pesage, on découvrait tout-à-coup le grouillement paradoxal des hétéroclites constructions qui semblaient se bousculer dans la Plaine des Attractions.

Oh ! l’étrange ville et combien fréquentée!

Tout le monde ne va pas à l’Exposition pour s’instruire, n’est-ce pas ?

On y va encore pour s’amuser. Quand on avait fait une promenade fatigante dans les halls, quand on avait vu les principaux pavillons et traversé les jardins, on finissait par la Plaine des Attractions. L’accès en était gratuit.

Il y avait vingt, trente attractions plus drôles, plus sensationnelles, plus curieuses, plus émouvantes les unes que les autres. Ils y avait les Water Bumps, les Thicklers, -les Mountains Slides, les Scenic-Railways, les Mirror Maze et autres importations américaines d’imagination affolée. C'était l’Arbre géant dont Micromégas seul eût été digne de cueillir un des rameaux. C’était la Grotte apocalyptique dans l’antre de laquelle vous emportait un dragon fabuleux aux inquiétantes prunelles incandescentes...

Il y avait la Maison joyeuse ; il y avait les Vagues charmeuses sur lesquelles on voyait des couples évoluer avec une aisance gracieuse qui faisait l’admiration des spectateurs.

Que citer encore ? La station des Peaux-Rouges ? The american wild-west show était formé d’immenses tribunes où 5000 personnes pouvaient confortablement s’installer pour assister à des scènes de la Prairie, représentées en plein air par une troupe d’indiens, de cowboys et de cowgirls. Pittoresque, varié et parfois même émouvant, ce spectacle obtint dès le premier jour un gros succès.

Hanté des souvenirs des impressionnantes descriptions que James Fenimore Cooper traça des anciens possesseurs du sol américain ; séduit par les promesses hardies des héros des récits du capitaine Mayne Reid, cet Irlandais qui, pour mieux en parler, vécut pendant deux ans sur les bords de la Red River et chassa et commerça avec les habitants du Far-West — on éprouvait une réelle sympathie pour ces peuplades pour lesquelles les « visages pâles » eurent des cruautés peu en rapport avec leur mission civilisatrice ? Et c’est là très probablement le secret de la vogue de ces exhibitions.

Le spectacle de The american wild west show était combiné de manière à nous montrer les Peaux-Rouges sous divers aspects.

Et puisque nous parlons des primitifs, disons un mot du Village Sénégalais.

Le Village Sénégalais! Une agglomération de huttes, ou plutôt d’abris à toits de paille, ouverts à tous les vents, et sous lesquels les habitants nous initiaient aux occupations sénégalaises.
Les enfants pullulaient, ils étaient bien gentils. De bonnes petites frimousses et des yeux superbes, veloutés, à la fois doux et rieurs.

Quant aux occupations du village, elles étaient assez sommaires.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1910