Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931

6 mai 1931 - 15 novembre 1931


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Italie

Italie à l'exposition de Paris 1931

© Henry

Architecte(s) : A. Brasini

Lorsque l’invitation que la France adressait à l’Italie de participer à l’Exposition Coloniale Internationale de Paris fut acceptée par le Chef de notre Gouvernement, le Duce, afin d’obtenir que cette participation fût entourée dès le début des meilleures chances du succès, en confia la réalisation au Prince di Scalea. Ancien Sous-Secrétaire d’Etat au Ministère des Affaires Etrangères à l’époque de l’occupation des la Libye et du Dodecanèse, lorsque les affaires coloniales n’étaient qu’une Direction centrale dudit Ministère; ancien Ministre de la Guerre et, ensuite, Ministre des Colonies pendant la Révolution fasciste, il était tout qualifié pour être désigné à remplir dignement les fonctions de Commissaire Général de la Participation Italienne.

Etant donné sa compétence et son passé formé dans l’étude assidue des questions coloniales africaines, ayant en outre longuement séjourné dans le Continent noir, le Prince di Scalea se rendit immédiatement compte que l’Italie, à cause de sa récente participation aux entreprises coloniales par rapport aux traditions bien plus anciennes des autres Etats colonisateurs, n’aurait pas pu fournir une vision bien remarquable de son œuvre colonisatrice, sans remonter à l’ancienne souche Romaine. Car toute la côte du Nord de l’Afrique constituait une des parties les plus importantes de l’Empire. — Epoque à jamais glorieuse, à laquelle l’Italie s’inspire pour faire revivre ces lieux, en réunissant, dans un même effort, l’assainissement des terres et le développement moderne des cultures, avec le souci, tout empreint d’amour filial, qui consiste à ressusciter les vestiges des anciennes villes de l’Epoque Romaine : Sabratha, Leptis, Cyrène, etc.

Suivant cette heureuse idée d’évocation d’un glorieux et inoubliable passé, qui est d’ailleurs commun à tous les Pays de la race latine, le Prince di Scalea, approuvé par le Duce, proposa de faire surgir, sur l’emplacement que le Maréchal Lyautey nous a attribué sur les bords du lac Daumesnil, la reproduction d’une partie de cet admirable ensemble de constructions qui est le Forum de Leptis, dû au génie de l’Empereur Septime Sévère, et précisément la Basilique, centre de l’exercice du pouvoir impérial.

Les lignes qui précèdent expliquent donc aux nombreux visiteurs de l’Exposition Coloniale les raisons qui ont déterminé notre choix, et qui, après une vision féerique et ininterrompue de styles exotiques, les font trouver en présence d’un édifice d’un si pur classicisme, qui, à première vue, n’aurait pas su trouver place dans l’ensemble évocateur qui a été réalisé à Vincennes.

Pour réaliser l’idée architecturale, soit par son talent évocateur que par sa formation artistique très pure, nul n’était plus qualifié que l’architecte Armando Brasini de l’Académie d’Italie. C’est donc à lui que nous devons l’harmonieuse reconstruction de la partie ancienne de la Basilique et de sa fusion avec les parties du Pavillon qui sont de sa création : notamment le grand portail d’honneur, la piscine, les galeries et la fontaine monumentale.

L’œuvre artistique accomplie par M. Brasini n’est que le plus récent témoignage de son talent connu non seulement en Italie, où il a donné maintes preuves de son art, mais aussi en France, où il a déjà construit l’édifice italien à l’Exposition des Arts Décoratifs de 1925.

Ce grand Pavillon est destiné à réunir la documentation relative aux quatre Colonies placées sous la domination directe de l’Italie : Erythrée, Somalie Italienne, Tripolitaine et Cyrénaïque.

Il fallait aussi taire participer les Possessions d’Outre-Mer, représentées par le Gouvernement des Iles Italiennes dans l’Egée (Dodé-canèse). A cet effet, il nous sembla opportun de confier la tâche de cette évocation à un architecte de la jeune école : M. Pietro Lombardi, qui à cause de sa longue permanence à Rhodes, où il avait accompli des études très approfondies des lieux, était en mesure de pouvoir représenter en une synthèse architecturale les caractères artistiques et historiques de Rhodes médiévale, ancien rempart de la Chrétienté contre les infidèles et siège pendant longtemps de l’ordre des Chevaliers Jérosolimitains.

M. Lambardi était d’autant plus indiqué pour remplir cette tâche, qu’il avait déjà collaboré à la direction des travaux qui se poursuivent à Rhodes, sous la haute direction de S. E. le Gouverneur Lago, pour la sauvegarde des richesses artistiques de cette Ile glorieuse. Le Pavillon édifié à Vincennes s’inspire, du côté de la façade principale donnant sur le lac Daumesnil, d’un motif architectural qui rappelle les sept langues des Pays qui participaient à la constitution de l’Ordre Jérosolimitain.

La reproduction fidèle des auberges de France et d’Italie qui se trouvent dans la Rue des Chevaliers à Rhodes, et celle de la tente d’un Grand Maître de l’Ordre, complètent l’idée qu’on s’est proposé de réaliser pour donner une idée de l’ambiance de la capitale des Possessions Italiennes de l’Egée.

Cette synthèse rapide se propose de montrer les idées artistiques qui ont guidé le Gouvernement Italien, représenté à Paris par le Commissariat Général, dans le choix des édifices les plus représentatifs de la Section. Par le soin que nous nous sommes efforcés d’apporter à cette partie de notre participation, nous nous sommes proposés de répondre de la façon la plus digne à l’aimable invitation que le Gouvernement Français a adressée au Gouvernement Italien, de participer à la grande Exposition Coloniale Internationale de Paris, à côté des plus puissants et des plus anciens Etats colonisateurs du monde.

Cette participation s’est manifestée aussi dans la Cité des Informations, où l’Italie a un stand dans lequel se trouvent réunis tous les renseignements d’ordre spécifiquement économique et commercial. Idée due au génie animateur du Maréchal Lyautey, vraiment originale, et qui à l’examen des faits s’est révélée de la plus grande utilité pratique, vu qu’elle a déchargé les Pavillons principaux de toute une série de travaux et de soins, qui ont été beaucoup plus rapidement et fructueusement accomplis, vis à vis des intéressés/ par les fonctionnaires attachés aux renseignements et à l’édification de contrats et de commissions concernant les productions et le commerce de nos Colonies de domination directe.

Dans l’ensemble, l’expérience de ces premiers mois de l’Exposition Coloniale a largement démontré que le but que le Gouvernement Italien s’était proposé de poursuivre, en l’encadrant dans le vaste champ de l’Exposition de Vincennes, a été heureusement atteint.

©Livre D'Or - Exposition Coloniale Internationale - Paris 1931