Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931

6 mai 1931 - 15 novembre 1931


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Etats-Unis

Etats-Unis à l'exposition de Paris 1931

© Waroline Paris

Architecte(s) : Bryant, Greber(Paysagiste)

Lorsqu’en 1930 les Etats-Unis décidèrent de participer à l’Exposition Coloniale Internationale, ils ont cherché par quoi pouvait être évoqué le souvenir de la coopération de la France à la fondation de leur République. Ils pensèrent que la maison de Washington était plus appropriée que n’importe quel autre bâtiment pour exprimer cette pensée.

C’est ainsi qu’après la visite préliminaire du Commissaire Général, M. C. Bascom Slemp, et du Commissaire M. Charles H. Burke, l’on a vu s’élever à Vincennes une réplique exacte du cottage de Georges Washington à Mojmt Vernon.

Le domaine de Mount Vernon, situé sur la rive occidentale du Potomac, à 17 milles au Sud de la ville actuelle de Washington, appartenait à Lawrence Washington, demi-frère du Libérateur, qui en 1843 y fit construire une nouvelle habitation dont le style évoque bien l’époque coloniale des Etats-Unis, c’est-à-dire l’occupation anglaise.

Ce fut à Mount Vernon que Washington revint après avoir licencié son armée victorieuse qui prétendait rester sous ses ordres après la capitulation de Yorktown, et après s’être dessaisi de tous ses pouvoirs devant le Congrès.

C’est à Mount Vernon que Washington est mort en 1799.

Cette demeure est, en Amérique, non pas propriété nationale, mais privée, dont tous les frais d’entretien sont assurés par une Société : Mount Vernon Ladies Association of the Union. Cette intervention a permis de conserver et de restaurer la maison de Washington.

A Vincennes, la demeure de Washington est telle quelle subsiste à Mount Vernon, avec des copies fidèles des meubles, ses jardins ornés de fleurs apportées d’Amérique, les tentures, boiseries, souvenirs historiques soigneusement reproduits. L’on y aperçoit une copie de l’horloge de Lawrence Washington, de la pendule et des vases roses du grand salon envoyés par La Fayette à Mrs. Washington. Copie de la canne de Franklin, de l’épée de Rochambeau, de la cantine de campagne du Général Washington, des portraits, des miniatures, des livres.

Il est intéressant de remarquer que, de même que la maison, le mobilier a été exécuté en très peu de temps par des fabriques de meubles américaines. Quelques pièces sont anciennes : tel un clavecin.

On peut y admirer les cheminées délicatement sculptées, les escaliers de l’époque et, en dehors de charmants motifs architecturaux, nombre d’objets dont quelques-uns sont contemplés avec une émotion particulière par les Français, car ils représentent de chères reliques évocatrices d’un passé disparu.

Au second étage, avec tous ses meubles, la chambre qui s’intitule encore, Outre-Atlantique, “ la chambre de La Fayette ”, dans laquelle le marquis français, devenu chef d’état-major de Washington, fit un assez long séjour.

Dans le salon situé à l’ouest, la reproduction en couleurs du tapis tissé par ordre de Louis XVI et envoyé comme présent à Washington. A l’un des murs du hall central, suspendue dans une gaine de verre, la clef de bronze de la Bastille qui fut donnée par le général des armées révolutionnaires à son grand ami américain. On y voit également un fauteuil offert par La Fayette à Martha Washington.

Dans l’aile qui fait pendant à la cuisine, on a placé l’exposition du Territoire de l’Alaska. Derrière la cuisine, la propre exposition du Gouvernement des Etats-Unis, qui montre l’œuvre accomplie sous les tropiques (constructions de routes, méthodes agricoles, hygiène).

Ensuite, dans des bâtiments indépendants, l’on trouve les expositions de Porto-Rico (avec ses broderies, ses pamplemousses); des Philippines (remarquable boiseries, coquillages fabriqués, orchidées en fleur), des Iles Hawaï.

Deux grands halls, au centre, contiennent, outre l’histoire de la civilisation et de l’expansion des 48 Etats réunis sous la bannière étoilée, celle de Panama, de l’Alaska, des Samoa, de Guam (île de l’archipel des Mariannes), des Iles Vierges, de la zone du Canal.

Cette exposition historique a pour but d’illustrer les souvenirs de la Guerre d’indépendance et de la coopération franco-américaine dans la création des Etats-Unis. Elle comprend également, avant la Guerre d’indépendance, les explorations et les établissements des Français dans l’ouest et dans la vallée du Mississippi aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Cette maison est pour nous le symbole délicat de l’amitié inaltérable qui lie la France aux Etats-Unis.

©Livre D'Or - Exposition Coloniale Internationale - Paris 1931