Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931

6 mai 1931 - 15 novembre 1931


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Section Belge

Section Belge à l'exposition de Paris 1931

© Chevojon

Architecte(s) : Henry Lacoste

La participation de la Belgique à l’Exposition est particulièrement brillante. Puissance industrielle de premier ordre, grande Puissance coloniale autant par l’étendue et la valeur de sa Colonie que par les efforts magnifiques qu’elle a réalisés, la Belgique se devait d’occuper à Paris une place très en vue, digne d’elle. C’est ce qu’ont bien compris les organisateurs de la Section Belge, en tête desquels il convient de citer M. Henri Carton, ancien Ministre des Colonies, Commissaire Général du Gouvernement Belge; M. Gaston Perrier, Commissaire Général adjoint; le Général Huyghe, Secrétaire Général; le Capitaine Monefeldt et le Comte Guy van der Byrch, Secrétaires Généraux adjoints, ainsi que l’Architecte Henry Lacoste.

La Belgique occupe un emplacement de près de deux hectares. Les constructions seules couvrent 10.000 mètres carrés. La Belgique a toujours pris part avec beaucoup d’éclat à toutes les Expositions à l’étranger, mais jamais encore elle n’avait donné à sa participation l’importance ni la splendeur qu’elle a apportées à Vincennes.


VISION D’ENSEMBLE

Le visiteur qui suit la route de ceinture du lac, arrivé à la hauteur de la Section Belge et tournant le dos au lac Daumesnil, se trouve dès l’entrée devant une porte de clôture, qui offre l’aspect d’un village congolais. Là décoration de cette clôture évoque le souvenir des coutumes indigènes, des camps, des luttes de tribus à tribus.

Au fond de l’enclos formé à gauche et à droite par deux Pavillons se dresse le Pavillon d’honneur, construction à la fois pittoresque et imposante qui, par ses proportions, par ses trois coupoles monumentales, dont la plus importante a 28 mètres de hauteur, marque l’ampleur de l’œuvre belge, mais qui, par le choix des matériaux et la ligne architecturale, rappelle le centre africain.

A gauche et à droite, nous voyons les deux autres Pavillons de la Section Belge : celui des grandes industries et celui des industries de luxe.

Conçus dans le même esprit architectural que le Pavillon d’honneur, les deux Pavillons latéraux donnent à la Section Belge une unité, une harmonie parfaites. Dans cette cour presque complètement fermée, d’aucun penseront au “ borna ” africain ou à l’enclos du chef. Des portiques, composés de colonnes d’une tonalité rouge-sombres et décorés de motifs congolais, bordent les côtés des Pavillons qui font face au jardin central. Ces portiques sont, eux aussi, couverts de chaume.

Des bancs en bois du Congo, et dont la ligne est empruntée à l’art nègre, sont disposés çà et là.


PAVILLON D’HONNEUR DU CONGO BELGE

Le Pavillon principal de la Section Belge est destiné à recevoir les collections et les divers objets qui formeront la participation de l’Etat Belge et en même temps à donner une idée générale de l’œuvre accomplie jusqu’ici non seulement au point de vue social, mais encore au point de vue économique.

Le centre du Pavillon est formé d’une galerie circulaire limitée vers le centre par la colonnade qui soutient la base de l’édifice.

Le sol et la rotonde sont artistiquement recouverts d’un pavement bleu provenant des verreries de Fauquez et sur lequel se détache l’Etoile du Congo : les couleurs de la Colonie sont ainsi reproduites au cœur même de la Section Belge.

Au centre de la coupole, dans un isolement accentuant son caractère de grandeur, s’élève le monument destiné à rappeler le rôle important joué par la Dynastie Belge dans la fondation de notre Colonie.

Le socle en marbre noir, rehaussé de superbes sculptures, symbolise le sol congolais, au plus profond duquel prend racine l’Arbre de la Dynastie. Par une fantaisie que l’art autorise, cet arbre emprunte sa forme aux lignes stylisées d’un palmier et son décor aux riches matériaux de la Colonie. Chaque période de croissance rappelle le nom de chacun de nos Rois. Du sommet de cet arbre, que l’on devine pouvoir encore se développer dans l’avenir, s’élève un faisceau lumineux qui va éclairer au faîte de la voûte l’Etoile du Congo.

La coupole centrale, exécutée comme les autres en charpentes lamellaires, donne un modelé de caissons du plus heureux effet.

La galerie circulaire du salon d’honneur comporte des vitrines contenant des instruments de musique congolais, prêtés par le Musée instrumental du Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles.

Dans la partie de cette galerie circulaire opposée à l’entrée, est disposé un énorme diorama : celui de l’agriculture congolaise. Il représente une vue des hauts plateaux du Kivu, région la plus récemment ouverte à l’agriculture et qui laisse entrevoir pour l’avenir les plus belles espérances.
On sait que toutes les rivières du lac Kivu sont maintenant territoire belge grâce à l’annexion du Ruanda-Urundi, province mise sous mandat belge par les traités de paix. Les initiatives prises depuis lors par la Belgique, et notamment celles tendant à augmenter les moyens de communication dans cette région et avec le lac Tanga-nyika, ont singulièrement développé ce district riche en bétail, dont la population est relativement nombreuse et dont le sol se prête admirablement aux cultures les plus variées. De plus, le climat dans cette région, favorisée déjà par la nature à tant de points de vue, est spécialement salubre. Beaucoup d’Européens comparent le Kivu aux lacs italiens : même flore, même ciel bleu, même pays de montagnes et de soleil.

Quand le visiteur entrant dans le Pavillon d’Honneur se dirige vers la droite et qu’il entreprend la visite de toute cette aile du Pavillon Principal, surmonté d’une des coupoles latérales, il se trouve dans la partie réservée aux industries extractives et aux ressources minières de la Colonie. De nombreux dioramas, des maquettes montrent l’étonnant effort réalisé par la Belgique pour développer la mise en valeur de ces richesses. Au fond de cette aile du Pavillon, un diorama représente Elisabethville, chef-lieu de la Province du Katanga, de la province du cuivre où s’étendent les vastes installations de l’Union Minière.

L’or de Kilo-Moto, le radium du Katanga, l’étain de la Géomines, d’autres métaux encore, tels que le cobalt; enfin les diamants de la Forminière et les pierres précieuses, tous occupent une place en vue dans cette aile du pavillon.

Dans l’aile gauche du Pavillon on s’arrêtera avec intérêt devant les panneaux et les objets si variés formant la représentation des efforts fournis au Congo Belge dans les domaines éminemment civilisateurs de l’enseignement, de l’évangélisation, de l’hygiène, de l’assistance médicale, de l’administration, de la politique indigène, de la justice, de la défense territoriale, etc...

Des cartes lumineuses particulièrement frappantes représentent les divers moyens modernes de communication (route, rail, eau ou air) existant dans la Colonie.


LE GRAND PAVILLON DES INDUSTRIES BELGES

Ce Pavillon, d’une façon générale, comprend en ordre principal la participation des entreprises coloniales de transport et quelques industries traitant des produits d’origine ou de destination coloniale.

On voit ce Pavillon à sa gauche quand de l’entrée on considère l’ensemble de la Section Belge; il y a deux entrées. Pénétrons-y par celle qui s’ouvre vers le jardin. Après avoir dépassé la colonnade décorée de motifs empruntés à l’art indigène et pénétrant plus avant dans le Pavillon même, nous nous trouvons dans la section de la navigation. A droite, dans le Pavillon en hémisphère qui termine le bâtiment, une flottille en miniature représente un certain nombre des types de bateaux employés au Congo pour la navigation fluviale. On sait toute l’importance des voies navigables au Congo : c’est grâce à l’admirable réseau fluvial de plus de 12,000 kilomètres que comporte la Colonie Belge qu’on a pu occuper, pacifier et mettre en exploitation le centre de l’Afrique.

A côté de la navigation fluviale et devant l’entrée par laquelle nous avons pénétré dans le Pavillon, nous admirons la magnifique installation de la Compagnie Maritime Belge (Lloyd Royal). C’est elle qui pour la plus grande part assure le trafic entre la Colonie et la Métropole. Le stand de la Compagnie réserve une agréable surprise aux visiteurs. Ceux-ci auront l’illusion de se trouver à Matadi, accoudés au bastingage du navire, regardant, au-delà de l’eau qui baigne les flancs du bateau, le diorama de Matadi tel que cette ville apparaît aux visiteurs arrivant d’Europe.

Quittant la section de la navigation, on passe dans celle des chemins de fer. Un stand attirera l’attention de tous : c’est celui du fameux chemin de fer du Congo, le premier qui ait été construit dans notre Colonie, par le général Thys, il y a quelque trente-cinq ans, au prix d’efforts surhumains. Il est, comme on le sait, l’indispensable moyen de communication entre Matadi et Léopoldville, là où les chutes du Congo imposent le remplacement de la navigation par le chemin de fer. Avec l’appui de l’Etat, la Compagnie a consacré plus d’un milliard de francs depuis 1922 pour rendre ce chemin de fer capable de faire face au trafic pratiquement illimité. Ce sera un grand événement que l’inauguration, en 1932, de cette importante voie ferrée complètement transformée.

Participation d’autres Sociétés de chemins de fer aussi, qui, s’ils sont moins glorieux par leur histoire, n’en sont pas moins importants :
Le Chemin de fer du Congo Supérieur aux Grands Lacs Africains, qui émaillé la carte du nord-est de la Colonie de ses tronçons destinés à remplacer la voie navigable partout où le cours du fleuve est gêné par des chutes;

Le Chemin de fer du Katanga, qui relie Elisabethville et les principaux centres d’exploitations de l’Union Minière du Haut-Katanga au réseau ferré très complet des Colonies anglaises et de l’Afrique du Sud;

Enfin, le dernier-né, le Bas-Congo-Katanga (B. C. K.), qui relie cette province si riche et si éloignée de la voie d’accès nationale à Kinshasa, puis à Matadi.
Signalons aussi les importantes participations des Vicinaux du Congo, du Chemin de fer du Mayumbé, etc...

La seconde entrée du Pavillon donne sur la “ Route Nouvelle ”, c’est-à-dire vers l’extérieur de la Section Belge.

Dès qu’on a dépassé les portiques de cette entrée, une grande vitrine s’impose aux regards : c’est celle des Huileries du Congo Belge (Firme Lever), si importantes au Congo par leurs exportations de noix palmistes.

Elle comprend sur les côtés extérieurs les stands des industries chimiques, de l’alimentation et des industries diverses. Signalons tout spécialement l’intéressante participation de M. Van Dam, le diamantaire anversois : les visiteurs verront avec grand intérêt le travail délicat des tailleurs de diamants.

Quelques Sociétés agricoles ont un stand tout à côté.

Au centre, la participation des industries métropolitaines : la mécanique et l’électricité, la métallurgie, les accessoires d’automobiles, le tourisme et le sport. Un grand avion de la “ Sabema ”, Société ayant installé au Congo plusieurs lignes sur lesquelles le service est intensif et régulier, couvre de sa large envergure les stands placés sous lui. On remarque enfin un imposant pont “ Algrain ”, spécialement construit pour les Colonies.


LE PAVILLON DES INDUSTRIES BELGES

Il comprend, d’une manière générale, les participations des industries de luxe : l’ameublement, les cristaux, la bimbeloterie, les pierres précieuses, les arts graphiques, les livres, les tissus et fils, les vêtements et autres accessoires de la toilette.

Ce troisième Pavillon est situé à droite de l’axe de la Section Belge allant de l’entrée au centre du Pavillon d’honneur en s’inscrivant à l’avenue principale de la Section. La disposition de ce Pavillon, symétrique de l’autre, est parallèle à cet axe.

De nouveau, large entrée, colonnade et portique entourés de nombreuses et larges vitrines comprenant les objets de la participation de l’industrie du vêtement.
Les Cristalleries du Val Saint-Lambert nous font admirer dans un magnifique ensemble les superbes cristaux de table destinés en partie au palais du Gouverneur Général du Congo à Léopoldville.

Dans la partie hémisphérique de droite : les fils et les tissus, l’importante industrie cotonnière et linière de Gand avec ses filatures et ses tissages. La longue galerie opposée à l’entrée du Pavillon comprend l’ameublement en tout ce qu’il y a de colonial : c’est-à-dire non seulement les meubles fabriqués en bois du Congo par l’industrie belge, mais encore tous les objets de provenance métropolitaine et destinés à la Colonie : meubles, tapisseries, etc.

Au centre du Pavillon, les arts graphiques et le livre : les imprimeurs, graveurs et éditeurs belges se sont réunis pour apporter à Vincennes une participation spécialement intéressante par le fait de l’étroite collaboration de tous ces genres de métiers. Ce groupe central est entouré à droite par un stand de l’Office Belgo-Luxembourgeois de Tourisme, et à gauche par les vitrines des armuriers.

L’ensemble de ce Pavillon ne peut manquer de laisser au visiteur l’impression voulue du bon goût, vraie caractéristique des industries de luxe belges.

©Livre D'Or - Exposition Coloniale Internationale - Paris 1931