Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931

6 mai 1931 - 15 novembre 1931


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Togo et Cameroun

Togo et Cameroun à l'exposition de Paris 1931

© Boldo

Architecte(s) : Boileau

La première question qui s’est posée, une fois que la participation des Pays africains sous mandat français fut décidée, fut celle du style et du caractère à donner aux constructions à élever.

A ce point de vue, il fallait créer, car le Togo et le Cameroun participent pour la première fois à une grande exposition internationale. En 1922, à Marseille, le Togo figurait dans la section de l’A. O. F. et le Cameroun dans la participation de l’A. E. F. Il n’était donc pas possible de reprendre pour l’adapter, le développer et l’améliorer, un type architectural ayant déjà connu la faveur du grand public. D’autre part, le Togo et le Cameroun sont des pays de populations primitives : l’art de bâtir y est resté sommaire.

Si les Commissariats de l’Indochine et de l’A. O. F. peuvent trouver, le premier dans la pagode d’Angkor, le deuxième dans les mosquées de Djenné et de Tombouctou, des modèles pour leurs palais aux Expositions, il est loin d’en être de même pour les pays africains sous mandat.

Cependant, dans certaines régions du Cameroun, en particulier à Bamoun, des populations plus évoluées que les autres ont su donner à leurs constructions un caractère personnel qui ne manque pas d’une certaine grandeur. Il a paru intéressant, pour éviter le poncif des palais inspirés de l’art grec et échapper aux exagérations futuristes des jeunes écoles, de,chercher dans cette architecture locale, à défaut de modèle, une inspiration qui, corrigée par une stylisation à tendance moderne, serait susceptible de donner à la section des Pays africains sous mandat un caractère original.

Pour réaliser cette idée un concours a été ouvert entre architectes réputés par leurs travaux antérieurs.

Le programme comportait :

1° L’aménagement du terrain de 4.000 mètres carrés qui était primitivement séparé du lac par une bande de terrain, mais que le Commissaire a pu faire étendre jusqu’à la rive et qui est réservée aux territoires africains sous mandat;

2° La construction d’un pavillon principal de 500 mètres carrés de superficie couverte, sans étage.

3° La construction de cinq petits pavillons représentant, à eux cinq, 700 mètres carrés de superficie couverte.

Le jury a eu à faire un choix entre un certain nombre de projets particulièrement intéressants. MM. Louis-H. Boileau et Carrier, déjà connus par leur collaboration à l’Exposition des Arts Décoratifs de 1925, ont été classés premiers. Ils se sont fort heureusement inspirés de l’architecture autochtone qu’ils ont su dépouiller de tout ce qui évoquait le village nègre des Expositions d’autrefois.

Le choix d’un style, la désignation d’un architecte et la mise au point des projets de construction et d’aménagement n’étaient qu’une partie du programme à remplir. Il restait à provoquer la collaboration et l’émulation des exposants, à répartir la documentation qui devait être recueillie et surtout à rendre cette documentation attrayante et vivante, car il s’agit d’atteindre un public très varié et très inégal au point de vue de la culture et de la curiosité. C’est ce qui a été fait.

Le Commissaire de la participation des Pays africains sous mandat français, M. le Gouverneur André Bonamy, a fait constituer des Comités locaux par les chefs des territoires. Ces Comités qui groupaient des représentants des services publics, des commerçants, des planteurs, des industriels, des missionnaires et des notables indigènes ont eu pour tâche de dégager et de signaler ce qui, dans notre œuvre de colonisation, mérite d’être mis en valeur au point de vue économique et social.

La participation du Togo et du Cameroun comprend 6 pavillons, près de la rive sud du lac Daumesnil.

Le pavillon principal, grand hall de 500 mètres carrés, haut de 28 mètres et précédé d’un vaste portique, réunit tout ce qui est susceptible d’évoquer, dans leur personnalité, le Cameroun et le Togo et de faire ressortir l’utilité pratique pour la France et le monde civilisé de l’action colonisatrice dans les Pays africains.

Tout est présenté de façon à fixer l’attention et stimuler la curiosité de la masse des visiteurs. Le public y trouve, à côté de peintures, de photographies, deux dioramas du peintre de la Nezières : scène de la danse chez les Kon-Kom-Bas, scène de la cour du sultan Kotoko; de reproductions en cire d’œuvres d’art indigènes, et de tout ce qui peut évoquer la vie locale, des expositions de produits à l’état brut, des données sur l’activité des producteurs autochtones et immigrés.

La participation des entreprises privées apporte de la variété à cette partie centrale de l’Exposition des Pays africains sous mandat.
D’autre part, pour chaque produit, une sorte de monographie illustrée montre les diverses transformations et manipulations qu’il subit depuis le moment de sa production jusqu’au moment de sa consommation et de son utilisation industrielle.

A proximité de ce Pavillon de synthèse, se trouve le Pavillon réservé au Service Administratif du Commissariat et le Pavillon de la Documentation. Ce dernier est une Agence de Renseignements organisée de façon pratique et moderne.

Le visiteur, qui y accède aisément, trouve, sans aucune formalité à remplir, tous les renseignements qu’il peut souhaiter sur le Cameroun et le Togo. Des notices claires et précises y sont distribuées et une bibliothèque de vente y est installée.

Le quatrième Pavillon est, comme le Pavillon principal, destiné au grand public. Une exposition de Tourisme, de la Pêche et de la Chasse y est installée. L’entrée de ce pavillon est surmontée d’une tête de buffle, œuvre très remarquable du sculpteur Gustave Le Sage. Une vaste frise en verre de Le Sage constitue le principal élément décoratif du pavillon. Le folklore y a une large place, en même temps que toutes les curiosités naturelles et l’évocation de la riche faune africaine. Des animaux naturalisés y sont exposés, ainsi que des armes et des engins de chasse et de pêche utilisés par les indigènes.

Enfin, les deux derniers Pavillons visent à retenir l’élite instruite des questions coloniales et sociales sans cependant cesser de présenter la documentation sous une forme vivante et évocatrice. C’est dans ces deux pavillons qu’est surtout concentré tout ce qui a été fait pour le bien-être et le développement des populations placées sous mandat français.

Cette partie de l’Exposition est une sorte d’illustration des rapports que la France adresse annuellement à la Société des Nations. Le Commissariat estime que c’est là une partie essentielle de son œuvre.

Dans un autre Pavillon est réuni tout ce qui concerne les grands travaux effectués au Cameroun et au Togo dans l’intérêt de la civilisation : chemins de fer, routes, ports, télégraphes, T. S. F., aviation, électrification, habitation, assainissement, etc. Des graphiques, des plans, des photographies, font ressortir les résultats obtenus et les difficultés vaincues.

©Livre D'Or - Exposition Coloniale Internationale - Paris 1931